Réexamen de la situation des réfugiés soudanais au Tchad

Articles d'actualité, 2 novembre 2009

© HCR/A.Rehrl
Des réfugiés soudanais du Darfour attendent d'être interviewés dans un camp de l'est du Tchad.

GUÉRÉDA, Tchad, 2 novembre (HCR) Le meurtre récent de Michel Mitna, un fonctionnaire tchadien qui travaillait en faveur des réfugiés, a profondément attristé le personnel du HCR. Les employés de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés sont toutefois déterminés à honorer la mémoire de Michel Mitna en finalisant une opération de vérification dont il avait participé à l'organisation au bénéfice de 250 000 réfugiés soudanais dans l'est du Tchad.

L'opération vise à renforcer la protection et l'assistance pour les réfugiés et a commencé en mars. Elle est conduite par le HCR et ses partenaires, y compris le gouvernement, dans huit des 12 camps gérés par l'agence pour les réfugiés dans l'est du pays. Quand le projet sera arrivé à son terme à la fin de l'année, le HCR saura clairement le nombre exact de réfugiés ainsi que leurs besoins spécifiques.

Michel Mitna était le représentant à Guéréda, une ville de l'est du Tchad, de la Commission nationale pour les réfugiés, une organisation gouvernementale tchadienne. Il a été tué par balles le 24 octobre par des assaillants non identifiés après s'être rendu dans le camp de Kounoungou, où il avait apporté de l'aide aux équipes de vérification du HCR.

En signe de respect envers le défunt, le personnel du HCR à Kounoungou n'a pas travaillé durant une journée. Le matin suivant, ils étaient au travail dès l'aube jusqu'à 19h comme à l'habitude, enregistrant et interviewant les réfugiés puis mettant à jour les bases de données pour le gouvernement et le HCR.

C'est une opération majeure pour laquelle travaillent un grand nombre d'employés du HCR, et ce dans des conditions environnementales, climatiques et sécuritaires difficiles. « Nous avons transféré toute l'équipe de vérification dans le camp de réfugiés. La logistique de préparation de cette opération constitue un véritable défi », a indiqué Lamine Diop, le chargé de liaison basé à Guéréda pour le HCR concernant la sécurité des réfugiés.

A Kounoungou, l'agence pour les réfugiés a dû fournir des hébergements sous tente à près de 100 employés locaux et internationaux : « Nous avons besoin de transporter de la nourriture et de l'eau pour eux, de mettre à leur disposition des équipements sanitaires essentiels comme des toilettes et des douches... Le plus souvent nous n'avons pas de pause durant la journée et nous travaillons dans des conditions extrêmes », a expliqué Lamine Diop. « Mais nous sommes tous très motivés et le fait de vivre dans ces conditions durant deux semaines resserre encore les liens au sein même de notre équipe », a-t-il ajouté.

« La plupart des réfugiés sont arrivés fin 2003 et début 2004 depuis le Darfour [au Soudan] », a expliqué Cherif Moussa, assistant de terrain pour le HCR, qui était auparavant assis devant un ordinateur à Kounoungou pour saisir des informations dans la base de données. « Nous les avions alors enregistrés mais, après cinq ans passés dans le camp, il est essentiel pour nous de savoir combien de réfugiés nous avons ainsi que les besoins réels de réfugiés malades, âgés ou d'autres personnes vulnérables », a-t-il indiqué, ajoutant que les données sur les décès et les naissances étaient aussi enregistrées.

Autour de lui à Kounoungou, des bébés pleuraient alors que leurs familles attendaient d'être interviewées par l'équipe. Durant une période de vérification longue de deux semaines, les réfugiés sont recensés par quartiers d'habitation au sein du camp. Ils sont interviewés et photographiés.

« Nous nous entretenons également avec les enfants, même les petits. Ils nous aident souvent à mieux comprendre la structure de la famille », a indiqué Cherif Moussa, ajoutant que le projet concernait également des Tchadiens habitant à proximité qui étaient enregistrés pour pouvoir recevoir une assistance.

A la fin de cette opération, les réfugiés recevront immédiatement des cartes de rationnement et plus tard une carte d'identité de réfugié attribuée par le gouvernement. De nombreux réfugiés indiquent que ces documents d'identité leur permettent de se sentir en sécurité et protégés. Par ailleurs, l'opération de vérification semble recueillir l'aval des personnes vivant dans les camps.

« Le HCR et nos responsables communautaires nous ont expliqué pourquoi nous devons participer à ce projet », a indiqué Asmina, une réfugiée âgée de 23 ans originaire du Nord-Darfour. « Il est de notre propre intérêt de faire savoir aux travailleurs humanitaires combien nous sommes et ce dont nous avons besoin.... Je crois que tout le monde ici dans le camp souhaite participer. »

Avec les informations rassemblées, y compris les lieux d'origine des réfugiés au Darfour, la persécution subie, les circonstances dans lesquelles ils ont fui, la taille de la famille, les activités quotidiennes et les conditions de vie, le HCR pourra fournir une assistance mieux ciblée, tout spécialement pour les femmes ayant subi des abus ainsi que les enfants.

Parallèlement, Cherif Moussa est absorbé par son travail au point qu'il n'a pas le temps de déjeuner. « C'est ma quatrième opération de vérification », a-t-il expliqué. « Je trouve que ce travail est toujours fascinant. C'est fatigant, mais il n'y a rien de plus satisfaisant que de très bien connaître, en fin de compte, nos bénéficiaires. »

Par Annette Rehrl à Guéréda, Tchad

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