Questions/Réponses : Un ancien footballeur à vélo pour la cause des réfugiés avant la Coupe du Monde

Articles d'actualité, 28 octobre 2009

© HCR/S.Hopper
Bjorn Heidenstrom quitte le siège du HCR à Genève vers Lyon, avant de se diriger vers l'Afrique du Sud pour la Coupe du Monde de football.

GENÈVE, 28 octobre (HCR) Bjorn Heidenstrom a le football dans le sang. D'abord joueur professionnel dans sa Norvège natale puis au Royaume-Uni, ce responsable marketing et médias du club de Valerenga, un club de la première ligue norvégienne, est aussi un humanitaire. En milieu de cette année, il est parti en vélo depuis la Norvège vers l'Afrique du Sud, où il prévoit d'arriver en juin prochain juste avant la Coupe du Monde 2010. Bjorn Heidenstrom sensibilise sur la question des réfugiés et collecte des maillots de football dédicacés auprès de club professionnels et amateurs dans les pays qu'il traverse. Ils seront tous rassemblés pour créer le plus grand maillot de football au monde qui sera exposé en Afrique du Sud. Au début de cette semaine, il se trouvait au siège du HCR et, avant de se rendre à Lyon, il s'est entretenu avec Jeremy Bogen, Leo Dobbs et Haude Morel du HCR au sujet de son voyage à vélo.

Pourquoi les réfugiés ?

Ce qui me venait toujours à l'esprit, c'était les réfugiés, une cause très facile à comprendre : La plupart d'entre eux ont des enfants, j'ai des enfants ; un grand nombre de réfugiés ont perdu leurs parents, je suis moi-même père. Les photos que je fais me permettent facilement de dire que « c'est la cause la plus importante au monde que je peux faire connaître et pour laquelle je peux faire avancer les choses. » Par ailleurs mes enfants sont scolarisés et ils viennent me voir pour me dire, « Et les réfugiés, Papa. »

Comment vous est venue l'idée du voyage à vélo et des maillots de football ?

Lors de mon premier poste en tant que responsable marketing d'un club de football de la première ligue norvégienne, nous avions reçu beaucoup d'argent de la part des sponsors et, après avoir acheté quatre joueurs, nous n'avions plus aucun budget. C'était drôle. Toutefois un bon ami m'avait dit que je pourrais utiliser la famille du football pour communiquer ou changer la façon de voir les choses sur certaines valeurs.

Alors j'ai commencé à penser à plusieurs causes que je pourrais faire connaître. En Norvège, nous avons une grande tradition d'exploration et l'aventurier le plus célèbre entre tous, c'est Fridtjof Nansen [un ancien explorateur polaire qui avait été le premier Haut Commissaire pour les réfugiés].

Un soir, je me suis dit que le seul endroit où on peut trouver des adultes tatoués pleurant ensemble, chantant ensemble et tombant dans les bras les uns des autres, c'est dans un stade de football. Ils le font car ils appartiennent à une tribu et car ils suivent les tribulations d'un maillot portant un logo, comme les maillots rouges de Liverpool ou les maillots noirs et blancs de Newcastle etc. Je me suis dit que je pourrais prendre ce symbole, ces couleurs, ce maillot et les placer au côté d'un autre maillot puis d'un autre et que j'exposerais le maillot de football le plus grand du monde. Je me suis dit que je pourrais montrer ce maillot géant durant la Coupe du Monde à 900 millions de spectateurs. Ce serait une bonne exposition pour le symbole et pour cette cause. J'ai pensé que la famille du football pourrait se rassembler et se souvenir des réfugiés, s'occuper de réfugiés, sensibiliser sur les réfugiés...

Je me suis dit que c'était une bonne idée. Alors j'ai appelé un ami qui travaille au Comité de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Et il a dit, « oui, j'aime bien cette idée, je vais en parler aux directeurs du comité. » Il est revenu vers moi et il m'a dit : « Ils apprécient ton projet que prévois-tu de faire ? »... J'ai répondu : « Je vais voyager en vélo à travers tous les pays du football et je vais collecter les maillots de foot des supporters et des joueurs. » J'ai pensé qu'un homme à vélo, unissant la fraternité du football pour soutenir par le symbole [du maillot] la cause des réfugiés, allait recevoir une grande attention de la part des médias.

Vous avez commencé votre périple à vélo lors de la Journée mondiale du réfugié. Dites-nous où vous en êtes aujourd'hui.

J'ai démarré mon voyage lors de la Journée mondiale du réfugié [le 20 juin] devant le centre du prix Nobel à Oslo. Puis j'ai traversé la Suède, la Finlande et la Russie et d'autres pays encore. Aujourd'hui, c'est mon 129e jour. Et ça marche. Sir Elton John a signé un maillot de son équipe préférée, Watford, et il a dit, « Je veux faire partie de ce projet. » Puis nous avons eu Iron Maiden, le groupe de hard rock, puis les équipes de Liverpool et de Manchester United. Toutefois pour moi, les moments les plus inoubliables sont quand des équipes de minimes garçons et filles, ou des enfants supporters, me disent qu'ils veulent participer à ce projet en m'envoyant leurs maillots de foot préférés qu'ils auront signés. A ce jour, il y aurait déjà 20 millions de personnes qui ont entendu parler de mon voyage via les médias.

Je devrais également évoquer le soutien reçu au début de mon projet de la part du Conseil norvégien pour les réfugiés [un partenaire du HCR], qui m'a simplement dit il y a trois ans qu'ils avaient besoin de davantage d'audience. Dorénavant, nous recevons de plus en plus de soutien et d'attention. Par exemple, il y a quelques jours quand je me dirigeais vers la France, j'ai reçu un message me disant que je devais me rendre à Zurich pour y rencontrer Sepp Blatter, le Président de la FIFA. On m'a dit, « Il veut te donner son maillot de football dédicacé et te serrer la main. » C'était une bonne journée pour mon projet car, pour moi, c'était comme si je rencontrais Obama. Après notre rencontre, un message m'est arrivé de Nyon, le siège de l'UEFA. Michel Platini a fait la même chose. Ils sont tous les deux très importants dans la famille du football.

Puis je suis venu dans ce bâtiment [au HCR]... J'ai demandé à des employés de m'aider à améliorer le volet communication de mon projet : quels mots clés et quels slogans je devrais employer, sur quel sujet en particulier je devrais me concentrer. Je leur ai dit de me considérer comme un cycliste télécommandé et qu'ils devraient me téléguider « va dans tel ou tel endroit, dis ça, porte ça. » J'ai également reçu des conseils sur la façon d'optimiser mon utilisation de Twitter.

Dans combien de pays vous êtes-vous déjà rendu ?

14 ou 15 en Europe. Mon projet est simple. Je me rends à vélo dans des endroits où je peux trouver des amis du football et des maillots de football. Prochainement, je vais aller en Espagne, au Portugal, en Italie et en ex-Yougoslavie.... J'ai d'abord voyagé dans des pays dont je connaissais bien la population : la Norvège, la Suède et la Finlande. Puis je suis allé en Russie car Nansen y a aidé des millions de personnes [en tant que Haut Commissaire pour les réfugiés de la Société des Nations durant la famine de 1921 et 1922]. Puis je me suis rendu en Grande-Bretagne au début de la saison de football.

Vous rendrez-vous en vélo jusqu'en Afrique ?

Oui, mais ce n'est pas que je sois un gars dur à cuire qui peut se déplacer à vélo de tous côtés. J'adorerais emprunter un hélicoptère si quelqu'un en a un. Mon voyage a pour but de construire un symbole, d'attirer l'attention et de faire connaître la question des réfugiés.... La nature de ce voyage changera quand j'irai en Afrique. En Europe, il s'agit d'unir la famille du football. Durant mon périple en Afrique, je deviendrai un témoin oculaire [de la vie et des souffrances des réfugiés et d'autres personnes déracinées de force].

Je traverserai l'Egypte et le Soudan. J'irai pratiquement en ligne droite. Puis le Kenya.... J'ai des amis au Soudan qui vont m'aider et je vais aussi demander au HCR où ils souhaitent que j'aille, où je serai en sécurité et où je ne le serai pas. Je demanderai au HCR où sont les amis qui peuvent m'aider, pour que je puisse être un bon témoin oculaire. J'ai besoin d'aide sur la façon dont je dois opérer et également pour être en sécurité. En ce moment, je sais que le Rwanda pourrait être possible et que la République démocratique du Congo est difficile, mais j'ai demandé au HCR de m'aider. Si le HCR ou le Conseil norvégien pour les réfugiés me disent de ne pas aller dans tel ou tel endroit, je n'irai pas.

J'ai passé beaucoup de temps à rassembler des informations sur ce que je pourrais manger, sur les abris possibles, la sécurité et toutes les vaccinations dont j'ai besoin, sur toute la logistique. Je reste très très humble sur les situations.

Quel est votre équipement ?

J'ai un vélo fourni gracieusement par Hyundaï. Le premier avait été volé à Amsterdam et j'ai dû attendre deux jours pour en recevoir un autre. J'ai une remorque où je transporte tout mon équipement de communication, un ordinateur portable. J'ai ma tente, mon sac de couchage, de la nourriture et des choses que je dois garder en sécurité. Je n'ai pas d'équipe de suivi, mais je suis habitué à la vie en extérieur en Norvège, où j'ai grandi dans la nature, avec la pêche et la chasse.

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Afrique du Sud: En marche vers la coexistence

L'Afrique du Sud est l'un des rares pays d'Afrique où les réfugiés et les demandeurs d'asile enregistrés bénéficient légalement d'une liberté de mouvement ainsi que de l'accès aux services sociaux et aux emplois au même titre que les citoyens.

Mais si ces droits sont garantis par la loi, ils sont parfois ignorés dans la pratique. Les réfugiés et les demandeurs d'asile se voient souvent rejetés par les employeurs ou mis en compétition avec les citoyens les plus pauvres pour obtenir les pires emplois - en particulier ces dernières années, quand des millions de personnes ont fui les difficultés politiques et économiques survenant dans des pays comme le Zimbabwe. La récession économique mondiale n'a pas aidé.

Durant cette dernière décennie, quand la situation est devenue plus difficile, les réfugiés des villes sont parfois devenus la cible de frustrations de la population locale. En mai 2008, des violences xénophobes ont éclaté à Johannesburg et se sont rapidement propagées à d'autres parties du pays, causant la mort de plus de 60 personnes et le déplacement d'environ 100 000 autres.

A Atteridgeville, une ville située en bordure de la capitale Pretoria - et théâtre de l'une des pires situations de violence - des commerçants sud-africains et somaliens, aidés par le HCR, ont négocié un accord détaillé pour régler le contentieux commercial initial ayant conduit à l'embrasement des magasins tenus par des Somaliens. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés soutient également l'action de la Fondation Nelson Mandela visant à lutter contre la xénophobie.

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Invisibles en Afrique du Sud

En mars 2011, le HCR a lancé un projet avec l'organisation non gouvernementale sud-africaine, Lawyers for Human Rights (LHR- Avocats pour les droits de l'homme), pour traiter de la question de l'apatridie. Les objectifs spécifiques du projet étaient de fournir directement des services juridiques aux apatrides et aux personnes risquant de le devenir, d'aborder avec le gouvernement la nécessité de réformer la loi pour prévenir et réduire les cas d'apatridie, de sensibiliser à la question des apatrides et de leurs droits et de plaider pour la ratification des conventions des Nations Unies de 1954 et de 1961 relatives à l'apatridie.

LHR avait conçu ce projet un an plus tôt après avoir observé qu'un grand nombre de demandeurs d'asile nés Zimbabwéens leur faisaient part de leurs difficultés pour trouver du travail, étudier ou créer une entreprise - activités autorisées selon le droit sud-africain. Ils expliquèrent à LHR que lorsqu'ils ont demandé un passeport zimbabwéen, nécessaire pour accéder à ces droits, les fonctionnaires du Consulat les ont informés qu'ils n'étaient plus reconnus comme citoyens zimbabwéens. Ceci en réalité les rendait apatrides.

Depuis le commencement du projet, LHR a rencontré plus de 2 000 personnes apatrides ou risquant de le devenir. Ces personnes sont originaires de plus de 20 pays différents. L'ONG a identifié plusieurs catégories de personnes rencontrant des difficultés en Afrique du Sud, que ce soit des migrants ou des personnes nées dans le pays.

La série de photos qui suit présente certaines des personnes qui ont été, ou sont, aidées par le projet. Les portraits ont été réalisés par le photographe Daniel Boshoff. Certaines personnes ont demandé que leur nom soit modifié.

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Le défi du déplacement forcé en Afrique

L'Afrique est le continent le plus touché par la tragédie du déplacement forcé. Alors que des millions de réfugiés ont pu rentrer en Angola, au Burundi, au Libéria, au Rwanda et au Sud-Soudan ces quinze dernières années, le nombre des personnes déplacées internes a néanmoins continué de croître. Début 2009, en plus de quelque 2,3 millions de réfugiés, quelque 11,6 millions de personnes étaient considérées comme des déplacés internes suite à des conflits survenant dans toute l'Afrique.

Pour répondre au déplacement forcé sur le continent africain, l'Union africaine organise un sommet spécial sur les réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées internes du 19 au 23 octobre à Kampala, la capitale ougandaise. Des chefs d'Etat et de gouvernement étudieront les défis et les moyens de trouver des solutions au déplacement forcé. Ils devraient également adopter une Convention pour la protection et l'assistance des personnes déplacées internes en Afrique, qui devrait être le premier instrument international juridique ayant force de loi en matière de déplacement interne et d'une portée continentale. Cette galerie de photos met en lumière la vie des déracinés de force vivant en Afrique, dont certains reçoivent une aide du HCR.

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Des enfants jouent au football et semblent heureux et insouciants. En fait, ils sont réfugiés et un grand nombre d'entre eux sont non accompagnés. Ils sont confrontés à de nombreux problèmes.