La société civile en Asie se mobilise pour les droits des réfugiés

Articles d'actualité, 12 octobre 2009

© HCR/G.M.B. Akash
Des femmes musulmanes réfugiées du Myanmar devant leur maison dans un camp au Bangladesh. L’organisation Pacific Refugee Rights Network soutenue par le HCR plaide en faveur d’une amélioration des droits des réfugiés.

BANGKOK, Thaïlande, 12 octobre (HCR) Avec davantage de réfugiés en mouvement et un nombre réduit de pays asiatiques leur réservant un accueil chaleureux, des représentants de la société civile et d'organisations non gouvernementales de 19 pays de la région Asie et Pacifique se sont rencontrés en Thaïlande pour réfléchir aux moyens de plaider en faveur de l'amélioration des droits des réfugiés.

La seconde réunion de l'organisation Pacific Refugee Rights Network (APRRN) soutenue par le HCR, qui s'est terminée samedi dernier, a rassemblé plus de 100 personnes représentant des organisations de défense des droits des réfugiés provenant de toute l'Asie, une vaste région où la protection de réfugiés est davantage laissée à la discrétion des politiques que régie par des lois écrites.

« Dans la plupart des pays d'Asie, un contexte de vide juridique s'est développé en termes de droit et d'institutions de l'asile », a indiqué Raymond Hall, le délégué régional du HCR et le coordinateur régional pour l'Asie du Sud-Est, lors de la session d'ouverture. « Notre stratégie devrait consister à encourager les gouvernements pour qu'ils changent cette situation et qu'ils prennent une plus grande part de responsabilité concernant la protection des réfugiés. »

« Avec une migration irrégulière à grande échelle et un nombre croissant de demandeurs d'asile, il pourrait arriver que des gouvernements ferment le fragile espace de protection existant », a-t-il prévenu.

Des groupes appartenant à l'APRRN font campagne pour mettre fin à la détention des réfugiés un problème majeur dans de nombreux pays d'Asie et pour essayer d'améliorer l'accès des réfugiés aux services essentiels, comme les soins de santé. Ils luttent également pour assurer l'accès des réfugiés à une aide juridique, et pour promouvoir la mise en ?uvre effective des droits des filles et des femmes.

Eileen Pittaway, directeur du Centre de recherche pour les réfugiés en Australie, a conseillé aux défenseurs de la cause des réfugiés de veiller à la façon dont ils représentent les réfugiés : « Nous pouvons les aider à faire entendre leurs voix, sans toutefois parler en leur nom. »

Tom Vargas, le chargé régional du HCR pour la protection basé à Bangkok, a indiqué qu'il se félicitait de la croissance du réseau depuis sa création il y a un an dans la capitale malaisienne Kuala Lumpur. « Nous sommes très enthousiastes à l'idée de travailler avec toutes ces organisations », a-t-il souligné. « Elles peuvent provoquer un nouvel élan pour le plaidoyer en faveur des demandeurs d'asile au niveau national et régional. »

Tom Vargas a ajouté que le grand changement « concerne les ONG qui ont plutôt tendance à se concentrer sur les droits de leurs propres ressortissants. Désormais elles luttent davantage pour les droits des étrangers et des réfugiés. »

Dans un dialogue avec le HCR, des représentants des ONG et des groupes de la société civile ont exprimé leurs préoccupations sur les problèmes rencontrés par de nombreux réfugiés en Asie qui ne peuvent pas obtenir de cartes d'identité et qui sont sujets à des arrestations et à des détentions arbitraires.

« Nous fonctionnons dans une région », a indiqué Raymond Hall, « où les demandeurs d'asile et les réfugiés bénéficient d'une protection juridique limitée et où un demandeur d'asile est presque par définition un immigrant illégal aux yeux de la loi. »

Par Kitty McKinsey

A Bangkok, Thaïlande

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Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

Septembre 2006

Réfugiés du Myanmar