Ruud Lubbers : Il faut inclure les réfugiés dans les programmes de développement

Communiqués de presse, 9 juillet 2002

Le 9 juillet 2002

Durban, Afrique du Sud Le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Ruud Lubbers, a aujourd'hui demandé à ce que les réfugiés et les rapatriés et les pays qui les accueillent soient inclus dans le nouveau plan de relèvement économique de l'Afrique, le Nouveau partenariat pour le développement en Afrique (NEPAD).

M. Lubbers, qui se trouve actuellement à Durban, en Afrique du Sud, pour le lancement de l'Union africaine, a déclaré aux dirigeants africains qu'il était d'une importance capitale que le NEPAD prenne en compte les problèmes liés aux déplacements forcés de population, y compris la question des réfugiés, dans ses efforts visant à instaurer une paix durable et favoriser un développement à long terme.

Le Haut Commissaire a par ailleurs fait part de sa satisfaction quant à l'aboutissement des entretiens entre les dirigeants du G-8 et des chefs d'Etats africains à Kananaskis, au Canada, le mois dernier, qui ont fait une référence très claire à l'aide en faveur des réfugiés dans le Plan d'action du G-8 pour l'Afrique. Ce Plan énonce de manière explicite des programmes d'assistance en faveur des pays accueillant un grand nombre de réfugiés et d'aide à la reconstruction après les conflits. M. Lubbers a précisé qu'il espérait que le NEPAD aussi prendra ces problèmes en compte.

« Le HCR a été chargé par la communauté internationale de trouver des solutions durables aux problèmes de réfugiés dans le monde entier », a souligné le Haut Commissaire. « Mais ces problèmes sont devenus extrêmement complexes et pluridimensionnels. Il me faut donc établir des partenariats avec tous les acteurs en présence, avec les organisations gouvernementales et non gouvernementales. »

Il y a actuellement 4,2 millions de personnes relevant de la compétence du HCR en Afrique, y compris quelque trois millions de réfugiés victimes de conflits qui perdurent. Ces dernières années, des progrès notables ont été accomplis dans la recherche de solutions durables pour les réfugiés du continent africain. Des dizaines de milliers de réfugiés de la Sierra Leone, d'Erythrée et du Rwanda ont regagné leurs pays avec l'assistance du HCR. Et si le processus de paix se maintient en Angola, 470 000 réfugiés angolais pourraient aussi rentrer chez eux dans les mois à venir.

« Revenir dans son pays est une chose, mais y rester est une toute autre chose » a dit M. Lubbers. « C'est pour cela que la communauté internationale doit garantir un retour viable des réfugiés par la mise en place, dans leur pays d'origine, de programmes et de projets à grande échelle de reconstruction après les conflits. »

Dans une récente proposition au président de la Banque mondiale, James Wolfensohn, et à l'Administrateur du Programme des Nations Unies pour le développement, Mark Malloch-Brown, M. Lubbers a demandé à ce que les trois agences renforcent leur coopération tout au long du processus de rapatriement, de réintégration, de réhabilitation et de reconstruction. Le plan de M. Lubbers, appelé le « Plan des 4-R » vise à combler le fossé entre le travail « humanitaire » et celui de « développement » une différentiation problématique dans le passé parce qu'elle ne reconnassait pas la nature de la transition de l'aide d'urgence à celle au développement. Les agences humanitaires et les agences de développement doivent travailler en plus étroite collaboration durant cette phase cruciale, a souligné M. Lubbers.

Lors d'un entretien ce jour avec le Président érythréen, Issaias Afewerki, le Haut Commissaire a proposé cette approche intégrée pour l'Erythrée, pays qui a vu revenir plus de 100 000 réfugiés en provenance du Soudan depuis mai 2001. Des dizaines de milliers d'autres rapatriés érythréens devraient également prendre le chemin du retour. Le dirigeant éryhtréen a manifesté son accord quant à la nécessité de poursuivre de tels programmes en faveur des rapatriés érythréens.

Pour ce qui est des situations des crises de réfugiés qui perdurent, le Haut Commissaire a proposé un plan de développement à travers l'intégration locale des réfugiés, qui prend en compte les besoins des réfugiés dans les stratégies de développement national des pays d'accueil. Un projet pilote a été lancé en Zambie. Proposée par le gouvernement de Zambie et soutenue par le HCR et plusieurs donateurs, l'Initiative de la Zambie consiste à associer aide humanitaire et développement, en répondant à la fois aux besoins des réfugiés et de la population locale.

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