Des réfugiés iraquiens retournent d'Arabie saoudite

Communiqués de presse, 29 juillet 2003

Le 29 juillet 2003

GENEVE Le premier convoi de réfugiés retournant en Iraq depuis la chute de l'ancien régime a quitté le camp de Rafha, en Arabie saoudite, ce soir, avec à son bord plus de 240 réfugiés, à destination de la ville de Bassorah, dans le sud de l'Iraq, au terme de plus de douze ans d'exil.

Le convoi de rapatriement, cinq bus transportant des réfugiés iraquiens, des hommes pour la plupart, longera le côté nord du désert saoudien durant la nuit, escorté par des représentants du HCR et du gouvernement saoudien. Le convoi transitera par le Koweït à la première heure mercredi et devrait arriver à Bassorah plus tard dans la matinée.

« Le convoi qui prend la route aujourd'hui marque la première étape de la fin du camp de réfugiés de Rafha, l'opportunité pour des réfugiés de longue date de pouvoir enfin retrouver leur terre natale », a déclaré M. Kamel Morjane, Haut Commissaire assistant du HCR.

Sur les quelque 5 200 réfugiés de Rafha, les derniers des plus de 33 000 personnes ayant cherché asile en Arabie saoudite à la fin de la guerre du Golfe de 1991, plus de 3 600 se sont à ce jour portés candidats au retour. Les réfugiés de Rafha ont commencé à exprimer leur désir de retrouver leur patrie en avril dernier, lors de la chute du gouvernement de Saddam Hussein. Certains avaient même manifesté, pour inciter les responsables humanitaires à organiser leur rapatriement dans les plus brefs délais.

Le convoi d'aujourd'hui a été organisé par le HCR en étroite collaboration avec les gouvernements du Koweït et de l'Arabie saoudite et l'Autorité provisoire de la coalition.

Selon le personnel humanitaire, la joie et l'enthousiasme régnaient dans le camp de Rafha aujourd'hui, tandis que les bagages des réfugiés étaient chargés à bord de cinq camions, que les Iraquiens partageaient leur dernier repas avec les autres réfugiés, et faisaient leurs adieux avant le grand départ.

« Le HCR est heureux de voir ce premier groupe de réfugiés iraquiens rentrer chez eux, mais il faudra que les retours demeurent, du moins pour le moment, à petite échelle et donc facilement gérables », a précisé M. Morjane. « Vu les problèmes de sécurité et la situation encore fragile sur le plan humanitaire en Iraq, nous ne venons en aide qu'aux réfugiés qui souhaitent rentrer immédiatement. »

Dans les mois à venir, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés envisage de fournir une assistance au retour à de petits nombres de réfugiés qui se trouvent en Arabie saoudite et en Iran. Des convois partiront de Rafha tous les dix jours, à destination de Al Muthana, Dhi Qar, Najaf et Nasiriyah.

« Nous sommes extrêmement reconnaissants à l'Arabie Saoudite pour son accueil exceptionnel aux réfugiés iraquiens durant toutes ces années, ainsi qu'au Koweït pour sa récente contribution en faveur de nos opérations humanitaires en Iraq », a souligné M. Morjane. « Leur soutien est indispensable à la recherche de solutions pour ces réfugiés. »

Depuis le premier exode des Iraquiens vers l'Arabie saoudite en 1991, plus de 25 000 d'entre eux, venant des camps de Rafha et d'Artewiya, ont été réinstallés dans des pays tiers, tandis que 3 500 autres ont opté pour le retour en Iraq, lors de petites opérations de rapatriements. Le Koweït a récemment fait don de deux millions de dollars au HCR pour ses opérations en Iraq.

Au début du mois d'août, le HCR espère commencer à mettre en place de petits convois de rapatriement en provenance du camp d'Ashrafi, en Iran, où plus de 200 réfugiés se sont faits enregistrer pour le retour, également à destination de Bassorah et d'autres régions du sud de l'Iraq.

Le HCR dispose à présent de personnel déployé dans l'ensemble de l'Iraq. Grâce au changement de régime, l'agence est désormais en mesure d'accompagner les réfugiés qui retournent chez eux et de fournir des informations aux centaines de milliers d'Iraquiens qui attendent encore dans plusieurs pays de la région.

Jusqu'à 500 000 Iraquiens pourraient souhaiter regagner leur pays, dont un nombre significatif en 2004. L'Iran accueille la plus grande population de réfugiés iraquiens, soit plus de 204 000 personnes.

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Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraquiens ont fui les combats dans la ville de Mossoul et d'autres cités du nord de l'Iraq. Des employés du HCR sont sur le terrain pour suivre les déplacements et aider les personnes dans le besoin. Les besoins sont immenses. Le HCR fait son possible pour assurer la protection et fournir des abris ainsi que des articles de secours, notamment des tentes. De nombreux déplacés ont quitté leurs maisons sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là. Certains n'ont pas d'argent pour payer le logement, la nourriture, l'eau potable ou les soins de santé. Ils arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan d'Iraq sans savoir où aller, ni comment payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les fonctionnaires gouvernementaux coordonnent leurs efforts pour aider les personnes dans le besoin. Les agences des Nations Unies lancent un appel de fonds supplémentaire d'urgence. Le HCR espère fournir des kits d'urgence ainsi que des milliers de tentes et travaille également avec ses partenaires pour protéger et aider les personnes déplacées.

L'exode dans le nord s'ajoute aux déplacements de populations massifs cette année dans le gouvernorat iraquien d'Anbar, où les combats depuis janvier ont contraint quelque 500 000 personnes à fuir cette province pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

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Crise en Iraq : Trouver un logement

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Duhok dans la région du Kurdistan d'Iraq la semaine dernière. Ces déplacés ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées, des églises et des camps de transit après une éruption de violence qui déchire certaines régions du centre et du nord de l'Iraq. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour répondre aux besoins urgents en termes d'abri. Le HCR a livré près de 1 000 tentes dans un camp de transit en cours de construction par les autorités et les ONG à Garmawa, près de Duhok.

De nombreux déplacés originaires de Mossoul arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan iraquien. Ils ont des ressources limitées et n'ont pas les moyens de se payer un logement. Certains sont hébergés par des proches. D'autres résident à l'hôtel en puisant dans leurs maigres ressources.

Dans le village d'Alqosh, quelque 150 personnes (soit 20 familles) sont arrivées avec de rares effets personnels en plus des vêtements qu'ils portaient le jour où ils ont fui. Ces déplacés vivent dans plusieurs salles de classe d'une école primaire depuis la semaine dernière. Tous ces locaux sont actuellement bondés. Un membre du groupe a expliqué qu'il vivait auparavant dans un appartement loué à Mossoul et qu'il menait une vie de famille normale. Toutefois, à Alqosh, ils craignent pour le bien-être et l'éducation de leurs enfants ainsi que la présence de serpents et de scorpions.

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Enfants d'Erbil : des réfugiés syriens dans une zone urbaine en Irak

Les enfants qui ont trouvé refuge dans des zones urbaines avec leurs familles, font partie des réfugiés syriens parmi les plus vulnérables. A la différence de ceux qui sont hébergés dans des camps, les réfugiés qui vivent en ville dans des pays comme l'Irak, la Turquie et la Jordanie, ont souvent du mal à accéder à l'aide et à la protection. Dans un camp de réfugiés, il est plus facile pour des organisations humanitaires comme le HCR de fournir un abri et une assistance régulière, notamment des vivres, des soins de santé et un accès à l'éducation. Trouver les réfugiés en zones urbaines, sans parler de les aider, n'est pas une tâche facile.

En Irak, environ 100 000 réfugiés syriens sur les 143 000 présents dans le pays, vivraient en zones urbaines - dont 40% d'enfants âgés de moins de 18 ans. Les photos suivantes, prises par Brian Sokol dans la ville d'Erbil au nord de l'Irak, donnent un aperçu de la vie de certains de ces jeunes réfugiés urbains. Elles montrent la dureté de la vie quotidienne mais aussi la résilience, l'adaptabilité et le courage de ces jeunes dont la vie a été bouleversée au cours des deux dernières années.

La vie est difficile à Erbil, la capitale de la région du Kurdistan en Iraq. Le coût de la vie est élevé et il n'est pas facile de trouver du travail. Les réfugiés doivent aussi consacrer une part importante de leurs ressources limitées au loyer. Le HCR et ses partenaires, dont le Gouvernement régional kurde, se démènent pour aider les personnes dans le besoin.

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Iraq : Khaled Hosseini en visite

L'auteur de best-sellers internationaux et Ambassadeur de bonne volonté du HCR Khaled Hosseini s'est rendu pour la première fois au nord de l'Iraq cette semaine pour rendre visite aux réfugiés syriens qui y ont trouvé refuge. Khaled Hosseini est lui-même un ancien réfugié afghan. Il est l'auteur de plusieurs best-sellers comme « Les cerfs-volants de Kaboul » et « mille soleils splendides ». Il s'est entretenu avec de nombreux réfugiés durant sa visite, y compris Payman qui est âgée de 16 ans. Cette jeune auteure très ambitieuse est très frustrée car pour le moment elle ne peut pas aller à l'école.
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Durant sa récente mission au Moyen-Orient, l'Emissaire du HCR Angelina Jolie a rencontré des déplacés et des rapatriés iraquiens à Bagdad.
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On compte plus de 350 installations de déplacés internes en Iraq. Les conditions de vie sont désastreuses dans la plupart d'entre elles.