Le HCR choqué par les témoignages des survivants d'une tragédie en Méditerranée
Points de presse, 21 août 2009
Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 21 août 2009 au Palais des Nations à Genève.
Nous sommes choqués par les témoignages de cinq érythréens que nous avons entendus hier et qui seraient les seuls survivants d'une tragédie à bord d'un bateau qui a quitté la Libye il y a plus de 20 jours. Ils racontent qu'ils sont restés bloqués en mer sans essence, sans eau et sans nourriture.
D'après les survivants quelque 80 personnes, la plupart d'entre elles venant d'Erythrée, sont montés à bord d'un petit bateau à Tripoli pour essayer de rejoindre l'Italie. Après trios jours en mer, le bateau n'avait plus d'essence. Quelques jours après ce sont l'eau et la nourriture qui ont manqué. Les personnes à bord du bateau ont commence à mourir de faim et de soif, une par une, tandis que le bateau dérivait. Au fur et à mesure que les personnes mouraient, les survivants les jetaient par dessus bord.
D'après les survivants, un bateau de pêche s'est rendu auprès des cinq survivants et leur a offert de l'eau et du pain mais il les a laissé là. Le 20 août, la Guardia di Finanza (les douaniers italiens) ont trouvé le bateau. Les survivants sont dans un état de santé très précaire. Ils ont été emmenés en Italie pour être soignés.
Mis à part la tragédie que cela représente, le HCR s'inquiète profondément des témoignages des survivants selon lesquels plusieurs bateaux seraient passés près d'eux sans leur porter secours. Ceci est contraire à la longue tradition maritime de sauvetage en mer qui est de plus en plus menacée et entamée. Le HCR serait très inquiet si le durcissement des politiques étatiques envers les boat people avait pour effet de décourager les capitaines de bateau à continuer d'honorer leurs obligations maritimes internationales traditionnelles.
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Golfe d'Aden : Péril en mer
Chaque année, des milliers de personnes venues de toute la région de la Corne de l'Afrique - principalement des Somaliens et des Ethiopiens - quittent leurs maisons, poussées par la peur ou par pur désespoir, en quête de sécurité ou d'une vie meilleure. Ces populations empruntent des routes dangereuses en Somalie pour se rendre à Bossasso, une ville de la région semi-autonome du Puntland.
Dans cette zone de non-droit où des réseaux de passeurs règnent en maîtres, des civils innocents et désespérés payent jusqu'à 150 dollars pour effectuer la traversée périlleuse du golfe d'Aden.
Certains restent des semaines dans des maisons ou des abris temporaires à Bossasso avant de pouvoir partir, soudainement au milieu d'une nuit, entassés dans de petites embarcations de fortune. En mer, tout peut se passer, ils sont à la merci des passeurs. Certains sont battus, poignardés, tués ou jetés par-dessus bord. D'autres se noient avant d'arriver sur les plages du Yémen, qui sont devenues des cimetières de fortune pour certains de ceux qui sont morts en route.
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A la dérive vers l'Italie
Chaque année, la mer Méditerranée - une destination estivale parmi les plus prisées en Europe - se transforme en cimetière. Des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants s'y noient, au cours de leur tentative désespérée pour atteindre des pays de l'Union européenne (UE).
La distance entre l'île italienne de Lampedusa et la côte libyenne est tout juste de 290 kilomètres. En 2006, quelque 18 000 personnes ont traversé ce bras de mer - la plupart dans des embarcations gonflables équipées de moteurs hors-bord. Certains cherchaient du travail, d'autres voulaient retrouver des membres de leur famille ou d'autres encore fuyaient la persécution, le conflit ou les violences. Ils n'avaient pas d'autre choix que celui de fuir, en quête de sécurité, via des itinéraires clandestins.
Parmi ceux qui ont réussi à atteindre Lampedusa, quelque 6 000 d'entre eux ont demandé l'asile. Et près de la moitié ont été reconnus comme réfugiés ou ont obtenu la protection des autorités italiennes.
En août 2007, les autorités à Lampedusa ont ouvert un nouveau centre de réception pour assurer que les personnes arrivant par bateau ou secourues en mer soient accueillies dans la dignité, et hébergées de façon appropriée, et qu'elles puissent recevoir des soins de santé.
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Fuir la Libye par la mer
Des milliers de personnes, principalement originaires de l'Afrique subsaharienne, s'entassent dans des embarcations de fortune impropres à la navigation pour fuir la guerre faisant rage en Libye, leur pays d'adoption. Leur destination de choix est l'île touristique de Lampedusa, située dans la mer Méditerranée à environ 600 kilomètres au nord de la Libye. Bon nombre de ces passagers arrivent traumatisés et épuisés par la traversée en haute mer. D'autres trouvent la mort durant ce voyage.
Un migrant ivoirien décrit ainsi la vie à Tripoli avant son départ : « Il n'y avait aucun lieu en paix. On entendait des tirs partout. Puis l'OTAN a débuté les bombardements. Nous n'avions rien à manger. Des Libyens ont commencé à attaquer les étrangers la nuit, pour voler leur argent, leur téléphone mobile, tout ce qu'ils avaient... Impossible de rester là-bas avec eux. Il valait mieux prendre la fuite. »
Le HCR estime qu'une personne sur dix meurt pendant le voyage en mer. Les corps rejetés par la mer sont inhumés au cimetière de Lampedusa.
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Italie : Sauvetage en mer
Un navire italien de la police douanière et financière, opérant habituellement contre les trafiquants de drogue, arrive sur l'île de Lampedusa avec un groupe de personnes secourues en mer après avoir fui la Libye.


Grèce: Rude accueil en Europe
Mojahed est finalement arrivé en Grèce après un voyage long et périlleux depuis son village natal au Darfour, au Soudan. Mais les conditions de vie à Patras sont épouvantables.


Tunisie : Tensions à la frontière
Les toutes dernières images de la frontière entre la Libye et la Tunisie où des dizaines de milliers de migrants cherchent à quitter la Libye suite à l'insurrection contre Kaddafi.