Les combats en Somalie forcent davantage de réfugiés à traverser le golfe d'Aden

Points de presse, 28 juillet 2009

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Ron Redmond à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 28 juillet 2009 au Palais des Nations à Genève.

Les combats incessants à Mogadiscio et dans le centre de la Somalie forcent des milliers de civils somaliens à risquer leur vie lors de la traversée du golfe d'Aden et à rechercher asile au Yémen.

D'après des informations transmises par notre réseau de partenaires en Somalie, quelque 12 000 personnes sont arrivées depuis le 7 mai à Bossasso, une ville située au nord de la Somalie. Elles y ont trouvé abri pour une période temporaire. Sur place, la majorité d'entre elles attendent d'effectuer la traversée périlleuse du golfe au premier signe de passeurs. Ces personnes déplacées internes font partie des quelque 232 000 Somaliens qui ont été forcés de quitter leurs maisons depuis le 7 mai, date à laquelle un embrasement des combats est survenu entre les groupes de milices Al-Shabaab et Hisb-ul-Islam contre les forces gouvernementales dans plusieurs quartiers de la capitale somalienne.

Nos partenaires à Bossasso indiquent que les régions où s'installent habituellement des migrants potentiels deviennent de plus en plus surpeuplées et que les passeurs collectent déjà les réservations et les paiements de Somaliens qui souhaitent rejoindre le Yémen. Comme les conditions météorologiques sont actuellement très dangereuses pour la navigation, la majorité des personnes devraient rester camper à Bossasso et attendre le mois de septembre, lorsque la mer et le vent seront plus favorables.

En 2008, plus de 50 000 nouveaux arrivants ont rejoint les côtes du Yémen, soit une augmentation de 70 % par rapport à 2007. Cette tendance a continué durant les six premiers mois de 2009 avec environ 30 000 nouveaux arrivants soit le total observé pour toute l'année 2007. C'est une traversée périlleuse. Plus de 1 000 personnes ont péri par noyade durant le voyage en 2008 après avoir été forcées à sauter par-dessus bord ou à débarquer trop loin des côtes par des passeurs sans pitié. Cette année, près de 300 personnes ont déjà trouvé la mort ou sont portées disparues.

Le phénomène de la traite d'êtres humains porte une pression croissante sur les ressources limitées du Yémen. Il accroît par ailleurs les défis auxquels est confronté le Gouvernement yéménite dont les efforts doivent s'équilibrer entre le respect de ses obligations dans le cadre des principes du droit international et le besoin de protéger le pays des entrées illégales.

Quand de nouveaux arrivants parviennent au Yémen, nos partenaires vont les chercher et les amènent dans l'un de nos centres de réception où le HCR, via ses partenaires, les enregistre et leur fournit une assistance de base comprenant des vivres, un abri, une aide médicale et un soutien pendant une période de deux à trois jours durant laquelle ils se remettent de leur fuite en quête de sécurité.

Le Gouvernement yéménite attribue aux Somaliens le statut de réfugié prima facie. Les réfugiés somaliens peuvent alors choisir de s'installer au camp de réfugiés de Kharaz situé dans le gouvernorat de Lahj, à environ deux heures de route à l'ouest d'Aden. A Kharaz, ils reçoivent une protection juridique et physique ainsi que l'assistance accordée aux réfugiés. Dans ce camp, se trouvent environ 13 000 réfugiés, principalement des Somaliens. Le camp de Kharaz est géré par le HCR en coopération avec d'autres agences des Nations Unies ainsi que des ONG locales et internationales. En plus de la population du camp, des dizaines de milliers de réfugiés ont choisi de vivre en milieu urbain dans des villes situées à travers tout le pays.

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Une famille d'artistes somaliens continue son travail de création en exil

Pendant deux décennies de conflit et de chaos en Somalie, Mohammed Ousman est resté à Mogadiscio où il enseignait l'art alors que d'autres fuyaient le pays. Mais la vie est devenue impossible pour continuer le travail de création artistique, après que des militants d'Al Shabaab aient tué son frère. Quatre de ses neuf enfants ont également été assassinés. Mohammed a fermé sa « Picasso Art school » et il a épousé la veuve de son frère, selon la coutume somalienne. Toutefois, sans emploi, cet homme de 57 ans luttait pour subvenir aux besoins de ses deux familles et, finalement, il lui en a coûté sa première famille. Mohammed a décidé de partir, il a pris l'avion vers Berbera au Somaliland à la fin 2011 puis il a traversé vers le camp de réfugiés d'Aw Barre en Ethiopie, où il a rejoint sa seconde épouse et ses cinq enfants. Le HCR a transféré Mohammed et sa famille à Addis-Abeba pour des raisons de protection, en pensant qu'il pourrait mieux y gagner sa vie en exerçant son art. Mais il découvre que la vente de peintures et de dessins peut être difficile. Il compte sur le soutien du HCR. Les images de l'artiste et sa famille ont été prises par Kisut Gebre Egziabher du HCR.

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La distinction Nansen pour les réfugiés a été attribuée à la Somalienne Hawa Aden Mohamed

La lauréate 2012 de la distinction Nansen pour les réfugiés est Mme Hawa Aden Mohamed, ex-réfugiée dont l'oeuvre visionnaire a changé la vie de Somaliennes de tout âge. Celle que beaucoup appellent « maman Hawa » a fondé et dirige un ambitieux programme d'éducation à Galkayo, en Somalie, dont l'objet est d'aider ces femmes à affirmer leurs droits, à acquérir d'indispensables compétences et à renforcer leur rôle social. Cette galerie de photos présente les activités de « maman Hawa » au Centre d'éducation de Galkayo pour la Paix et le développement, où des déplacées internes peuvent apprendre à lire, suivre une formation professionnelle et aussi recevoir une aide humanitaire, notamment sous forme de nourriture.

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Cérémonie de remise de la distinction Nansen pour les réfugiés

Plus de 800 personnes ont participé à la cérémonie annuelle de remise de la distinction Nansen pour les réfugiés à Genève le 1er octobre 2012. La lauréate de cette année, Hawa Aden Mohamed, est somalienne. Elle n'a pas pu se joindre à la cérémonie pour des raisons de santé, mais elle avait enregistré un message vidéo. En l'absence de l'ex-réfugiée, le Haut Commissaire pour les réfugiés, Antonio Guterres, a remis la distinction à sa soeur, Shukri Aden Mohamed.

L'humanitaire de 63 ans, éducatrice et défenseur des droits de la femme, plus connue sous le nom de « Maman Hawa », a été honorée pour son dévouement inlassable - dans des conditions extrêmement difficiles - pour aider les réfugiés et les déplacés, principalement des femmes et des jeunes filles mais aussi de jeunes garçons.

Elle a surtout été reconnue - en tant que co-fondatrice du Centre d'éducation de Galkayo pour la paix et le développement en Somalie dans la région de Puntland - pour avoir aidé des milliers de femmes et de jeunes Somaliennes déplacées, beaucoup d'entre elles ayant été victimes de viol. Le centre assure l'enseignement secondaire ainsi que l'apprentissage de l'autonomie.

Durant la cérémonie de remise, les spectacteurs ont entendu une allocution de la militante pour la paix libérienne, Leymah Gbowee, co-lauréate du prix Nobel de la paix 2011. Une vidéo a été diffusée en l'honneur de Mama Hawa. La cantatrice soprano et Ambassadrice honoraire à vie auprès du HCR, Barbara Hendricks, et le musicien suisse, Bastian Baker ont interprêté des morceaux musicaux.

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Des milliers de personnes ont fui la ville portuaire de Kismayo en Somalie et, malgré le départ des militants, beaucoup ont choisi de ne pas rentrer.
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Des touk-touks ont été offerts à un groupe de déplacés internes somaliens qui vivent dans la ville de Galkayo, ce qui leur facilite la vie.
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Un groupe de familles rentre à Zanzibar en Tanzanie après avoir vécu en exil pendant plus de 10 ans à Mogadiscio en Somalie.