Huit réfugiés sri lankais ont péri noyés

Points de presse, 16 septembre 2008

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 16 septembre 2008 au Palais des Nations à Genève.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés est profondément attristée après la mort de huit réfugiés sri lankais qui se sont noyés vendredi dernier en rentrant chez eux en bateau depuis l'Inde du Sud. Nous appelons les réfugiés à utiliser des moyens de transport établis pour rentrer chez eux dans la sécurité et dans la dignité.

Le groupe de 13 réfugiés avait payé chacun 6 000 roupies indiennes (environ 140 dollars) au propriétaire d'un bateau pour faire la traversée la semaine dernière. Ils auraient déjà commencé la traversée depuis le Tamil Nadu en Inde du Sud jusqu'à Talaimannar dans le nord du Sri Lanka lorsque leur bateau a chaviré en haute mer. Parmi les personnes décédées, on compte quatre femmes et deux enfants.

L'un des survivants aurait rapporté à des médias locaux qu'elle avait préféré traverser illégalement, car il était difficile d'obtenir les autorisations nécessaires pour le départ.

Plus de 22 000 Sri Lankais ont fui le conflit et trouvé asile en Inde depuis 2006. Quelque 73 000 réfugiés sri-lankais vivent dans 117 camps répartis à travers l'Inde du sud, principalement dans le Tamil Nadu.

Le HCR facilite le rapatriement volontaire seulement vers des régions relativement calmes situées dans l'est du Sri Lanka et aide les réfugiés à faire un choix en connaissance de cause avant de rentrer chez eux. Le moyen de transport établi pour le retour des réfugiés vers le Sri Lanka est le transport aérien. Une aide aux formalités de sortie du territoire indien et le transport aérien sont fournis à ceux des réfugiés qui rentrent avec l'assistance du HCR. Seulement trois réfugiés ont choisi cette option depuis que l'agence pour les réfugiés a commencé ce programme de retours en mai de cette année.

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L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

À Sri Lanka, le pittoresque « pays des collines » est parsemé de centaines de plantations de thé. La plupart des gens qui y travaillent sont des descendants de Tamouls venus d'Inde entre 1820 et 1840, à l'époque où l'île était une colonie britannique. Les « Tamouls des collines » ont contribué, dans des proportions considérables, à la prospérité économique de Sri Lanka pendant près de deux siècles ; pourtant, jusqu'à une époque très récente, la législation draconienne du pays sur la nationalité rendait leur accession à la citoyenneté presque impossible. Dépourvus de papiers, ils ne pouvaient voter, travailler dans la fonction publique, ouvrir un compte en banque ou voyager librement.

Par le passé, les Tamouls des collines ont fait l'objet d'un certain nombre d'accords bilatéraux qui leur donnaient la possibilité d'opter pour la nationalité sri-lankaise ou la nationalité indienne. Cependant, selon les estimations, il y avait encore 300 000 apatrides d'origine indienne dans l'île en 2003.

La situation s'est très sensiblement améliorée lorsque le Parlement a voté, en octobre de la même année, une loi accordant la nationalité aux personnes d'origine indienne établies à Sri Lanka depuis 1964, ainsi qu'à leurs descendants. Le HCR, les pouvoirs publics et des organisations locales ont mené une campagne pour informer les Tamouls des collines de la publication de la loi et des démarches à accomplir pour acquérir la nationalité. À la fin de l'année 2003, plus de 190 000 apatrides ont obtenu la nationalité sri-lankaise en dix jours - une extraordinaire réussite, qui s'inscrit dans l'effort mené à l'échelle mondiale pour réduire les cas d'apatridie.

De plus, en 2009, le parlement a amendé la réglementation existante, afin d'accorder la nationalité aux personnes qui se sont réfugiées en Inde pour échapper au conflit qui sévissait à Sri Lanka et qui vivent actuellement dans des camps. Il est donc plus facile aux réfugiés de regagner leur pays s'ils le souhaitent.

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Sri Lanka

Durant les 20 années de guerre civile au Sri Lanka, plus d'un million de personnes ont été déracinées, forcées de fuir leur foyer, souvent plus d'une fois. Pour beaucoup d'entre elles qui ne pouvaient trouver abri chez des parents ou des amis, les centres de secours gérés par le HCR ou le gouvernement ont été le seul recours.

En Février 2002, le gouvernement du Sri Lanka et l'Armée de libération des Tigres Tamouls (LTTE) ont signé un accord de cessez-le-feu et entamé une série de négociations devant engendrer une paix durable. À la fin de l'année 2003, plus de 300 000 personnes déplacées étaient déjà retournées dans leurs villes et villages largement dévastés.

Dans le cadre de ces retours, le HCR fournit une protection physique et juridique aux civils affectés par la guerre, tout en finançant une série de projets dans des domaines aussi variés que le logement, la santé, les installations sanitaires ainsi que divers services communautaires et projets générateurs de revenus.

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Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.