Géorgie / Ossétie du Sud : Le Haut Commissaire va évaluer les opérations du HCR et les besoins supplémentaires d'aide

Points de presse, 15 août 2008

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Ron Redmond à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 15 août 2008 au Palais des Nations à Genève.

Le Haut Commissaire António Guterres sera en Géorgie et en Fédération de Russie la semaine prochaine afin d'évaluer les opérations humanitaires de l'UNHCR dans les deux pays et de discuter avec les deux gouvernements de l'aide supplémentaire dont ils pourraient avoir besoin. António Guterres continuera à demander avec insistance la protection de la population civile, tout particulièrement des déplacés, et l'accès pour les agences humanitaires.

Le troisième vol humanitaire de l'UNHCR cette semaine vers la Géorgie devrait avoir maintenant décollé de Copenhague avec à son bord plus de 38 tonnes de jerrycans, de couvertures, de trousses d'ustensiles de cuisine et d'équipements de télécommunication. Il fait suite à deux précédents vols arrivés depuis notre stock central d'urgence de Dubaï mardi et hier. Avec le vol d'aujourd'hui, l'UNHCR aura déjà livré plus de 100 tonnes de biens de secours cette semaine, soit suffisamment pour plus de 50 000 personnes. En plus de l'aide humanitaire transportée par avion pour augmenter nos stocks déjà existants en Géorgie, notre bureau de Tbilissi a commencé à acheter localement divers articles non alimentaires.

La semaine prochaine, mardi et mercredi, l'UNHCR va procéder à deux nouvelles rotations, dans le cadre du pont aérien, vers Vladikavkaz en Fédération de Russie, après que les autorités russes aient accepté l'aide offerte par le Haut Commissaire. L'UNHCR a un bureau à Vladikavkaz, en Ossétie du Nord, qui assistera nos partenaires russes à réceptionner les biens de secours.

L'UNHCR, qui dispose de six bureaux en Géorgie travaillant pour quelque 275 000 bénéficiaires, des personnes qui étaient précédemment déplacées, poursuit résolument ses projets de distribution d'assistance le plus rapidement possible aux personnes nouvellement déplacées. Des biens de secours de base ont été distribués à quelque 2 000 personnes dans et autour de la capitale. Des tentes et d'autres articles ont été livrés précédemment à Gori. Par ailleurs, un total de 20 équipes de l'UNHCR ont parcouru toute la Géorgie pour mener des évaluations des besoins.

Une équipe d'urgence de l'UNHCR a été envoyée dans le Caucase, elle compte quelque 10 experts. L'effectif actuel de l'UNHCR en Géorgie compte maintenant plus de 50 personnes.

La situation sécuritaire reste cependant préoccupante par endroits. Hier (jeudi), par exemple, une équipe de sécurité de l'UNHCR qui se rendait à Gori a été stoppée par des hommes armés à un point de passage et leurs deux véhicules ont été volés. Les employés de l'UNHCR n'ont pas été blessés et ils ont été recueillis par des journalistes dans un autre véhicule avant de rentrer à Tbilissi plus tard dans la journée. Les autorités de Gori ont retrouvé plus tard les deux véhicules.

L'importance d'un passage garanti pour les personnes affectées par le conflit a été mise en relief durant ces deux derniers jours, dans le cadre d'une opération de l'UNHCR qui a pris fin ce matin dans l'ouest de la Géorgie. Des centaines de civils géorgiens au début de cette semaine ont demandé notre aide après avoir fui leurs maisons dans la vallée de Khodori, dans la région séparatiste d'Abkhazie en Géorgie. Le groupe craignait de devoir passer via des points de contrôle militaires, alors ils ont demandé au bureau de l'UNHCR de Zugdidi de les transporter vers un lieu en sécurité. Au total, 732 personnes apeurées ont été accompagnées par des employés de l'UNHCR dans deux convois comprenant des véhicules, des camions, et des bus privés ainsi que des camions de l'UNHCR qui ont voyagé depuis le village de Tchuberi, situé à quelque 80 kilomètres au nord de Zugdidi, vers la ville de Kutaisi. Le second convoi a finalement atteint Kutaisi à 3 heures du matin aujourd'hui. Toutes les personnes sont arrivées saines et sauves, sans incident.

Le premier convoi de fortune, transportant 541 personnes à bord de quelque 40 véhicules, des camions et des bus privés ainsi que trois camions de l'UNHCR, est arrivé dans un centre de transit temporaire établi dans le stade local de Zugdidi mercredi soir. Les personnes déplacées ont reçu de la nourriture, de l'eau et une assistance médicale, avant de repartir dans la nuit vers Kutaisi. Le second convoi a atteint Zugdidi hier soir. Il transportait un groupe supplémentaire comptant 191 personnes depuis Tchuberi. Le ministère géorgien pour les réfugiés et le logement a fourni une aide pour le transport vers Kutaisi, où les personnes déplacées sont maintenant hébergées dans cinq centres collectifs publics. Nous procédons à l'évaluation de leurs besoins aujourd'hui.

Selon les chiffres les plus récents des deux gouvernements, le nombre total de personnes déracinées par le conflit approche les 118 000. Les officiels russes en Ossétie du Nord indiquent qu'environ 30 000 personnes originaires d'Ossétie du Sud se trouvent toujours en Fédération de Russie. Les officiels géorgiens rapportent qu'un nombre pouvant atteindre 15 000 individus ont fui l'Ossétie du Sud, pour se diriger plus au sud, en Géorgie même. Par ailleurs, environ 73 000 personnes sont déplacées à l'intérieur même de la Géorgie, y compris l'essentiel de la population de Gori qui se trouve juste au sud de la démarcation avec l'Ossétie du Sud.

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Ingouchie

Lorsque le conflit a éclaté entre troupes gouvernementales et forces rebelles en Tchétchénie, en 1999, plus de 200 000 personnes ont fui, la plupart vers l'Ingouchie voisine. En décembre 2003, quelque 62 000 déplacés internes de Tchétchénie s'entassaient encore dans des installations temporaires ou des logements privés. Ceux qui vivaient dans les installations temporaires étaient continuellement menacés d'expulsion par des propriétaires désireux de récupérer leurs bâtiments.

Environ 7900 autres Tchétchènes et Ingouches déplacés de Tchétchénie vivaient en outre dans les camps de Satsita, Sputnik et Bart.

Les autorités russes ne cessaient d'appeler à la fermeture des camps et au retour des personnes déplacées de Tchétchénie. Trois camps avaient fermé au cours de 2003 - le camp Iman à Aki Yurt, le camp B " Bella " et le camp A " Alina ", les trois autres ont fermé entre mars et juin 2004. Il n'est resté, aux 52 000 déplacés qui ne voulaient pas retourner en Tchétchénie, que l'option de se trouver un abri dans des installations temporaires en Ingouchie ou dans des logements privés.

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