Ukraine : le HCR condamne le meurtre d'un Nigérian

Points de presse, 3 juin 2008

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Jennifer Pagonis à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 3 juin 2008 au Palais des Nations à Genève.

L'UNHCR se joint aujourd'hui à quelque 30 organisations qui ont condamné le meurtre commis dernièrement contre un ressortissant nigérian dans la capitale ukrainienne, Kiev, le dernier en date d'une série d'attaques menées contre des étrangers dans le pays.

La victime, qui était connue de l'UNHCR après qu'elle ait approché il y a deux ans notre bureau de Kiev pour demander une assistance juridique, a été retrouvée dans la soirée du 29 mai, dans le district de Solomenskiy, après une agression à l'arme blanche. La police a expliqué que le motif de cette agression, qui a été fatale, était inconnu.

L'UNHCR, l'Organisation internationale pour les Migrations et quelque 30 autres organisations appartenant à la Coalition de l'Initiative de la Diversité pour les Droits de l'Homme ont pressé les autorités ukrainiennes de mener une enquête minutieuse sur ce meurtre, notamment sur le fait qu'il puisse avoir été motivé par des motifs racistes. Le groupe d'organisations a demandé à être tenu informé des résultats de l'enquête.

Au cours des deux dernières années, des groupes pour les Droits de l'Homme ont rapporté une augmentation des attaques violentes contre les étrangers et les non-ukrainiens à Kiev et ailleurs dans le pays. L'UNHCR et l'OIM ont régulièrement exprimé leur inquiétude face à ces attaques non provoquées, ces passages à tabac et ces violences verbales injustifiés, visant les demandeurs d'asile, les réfugiés, les étrangers et les minorités en Ukraine. Selon des preuves collectées par l'Initiative de la Diversité auprès des victimes, des médias et des organisations non gouvernementales, il y a eu au moins une quarantaine d'attaques jusqu'à présent en 2008, et notamment quatre meurtres. En janvier, un demandeur d'asile âgé de 19 ans, originaire de la République démocratique du Congo a été retrouvé mort, il avait été poignardé. En mars, un demandeur d'asile âgé de 39 ans avait aussi été retrouvé mort, suite à une agression à l'arme blanche.

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Déplacement, handicap et incertitude en Ukraine

A ce jour, environ 275 500 personnes sont déplacées internes à cause des combats en Ukraine. Parmi elles, certaines vivent avec un handicap comme Viktoria, 41 ans, et son mari Aleksandr, 40 ans, qui souffrent tous deux de paralysie cérébrale. La vie est déjà difficile dans des conditions normales pour ce couple qui a également deux garçons : Dima, 20 ans, et Ivan, 19 mois. Mais aujourd'hui c'est une véritable lutte.

Fin juillet, les bombardements sur la ville de Donetsk, à l'est de l'Ukraine, ont forcé Viktoria et Aleksandr à fuir vers la région voisine de Kharkiv. Peu après, les médicaments de Viktoria ont commencé à manquer. Recherchant désespérément de l'aide, Aleksandr a appelé la Fondation Rinat Akhmetov qui leur a trouvé un moyen de transport et un hébergement à Kharkiv.

De là-bas, ils ont été transférés au camp d'été de Promotei situé près de la ville de Kupiansk. La forêt, le grand air et le lac à proximité du camp leur ont offert un environnement parfait pour passer l'été. Mais, comme les 120 autres personnes déplacées à l'intérieur du pays (déplacés internes) vivant dans cet endroit, Viktoria et Aleksandr ne pensaient qu'à leur maison. Ils espéraient rentrer avant l'automne. Mais l'automne est vite arrivé et cette option s'éloigne.

Aujourd'hui, le retour à Donestsk n'est toujours pas sûr. En outre, le camp n'a pas été préparé pour l'hiver qui approche et l'administration a demandé aux personnes de partir d'ici le 15 octobre. Viktoria et Aleksandr ne savent pas où aller avec leur jeune fils. Les photos du couple et de leur plus jeune fils ci-dessous ont été prises par Emine Ziyatdinova.

Déplacement, handicap et incertitude en Ukraine