Note d'information du HCR sur l'asile en Grèce

Points de presse, 18 avril 2008

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Ron Redmond à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 18 avril 2008 au Palais des Nations à Genève.

L'UNHCR a publié une note d'information conseillant aux gouvernements de s'abstenir, jusqu'à nouvel ordre, de renvoyer des demandeurs d'asile vers la Grèce dans le cadre du Règlement Dublin.

Le Règlement Dublin prévoit un système de détermination de la responsabilité en matière d'examen des demandes d'asile déposées dans l'Union européenne selon des critères spécifiques, et a pour but d'assurer l'examen équitable de chaque demande par un Etat membre, afin de dissuader les demandes multiples et d'accroître l'efficacité.

Alors que le Gouvernement grec a entrepris plusieurs actions pour améliorer son système d'asile et ses procédures, un nombre substantiel de demandeurs d'asile continuent d'être confrontés à de nombreux défis pour accéder et bénéficier d'une protection en bonne et due forme qui respecte les standards internationaux et européens. Les garanties fondamentales de procédure ne sont pas assurées lors du processus de détermination du statut, à la fois en première et seconde instance, au détriment des demandeurs d'asile. Les droits les plus élémentaires des demandeurs d'asile sont rarement respectés, comme le recours à un interprète et à une aide juridique afin de garantir que leurs demandes soient examinées de manière adéquate par les instances d'asile.

Par conséquent, les demandeurs d'asile continuent à faire face à des difficultés injustifiées pour que leurs demandes soient entendues et traitées de manière adéquate. De plus, les conditions d'accueil en Grèce ne respectent toujours pas les standards internationaux et européens.

L'UNHCR appelle le Gouvernement grec à revoir rapidement sa procédure d'asile, en première et seconde instances, et à prendre ainsi pleinement en considération les conseils de l'UNHCR. De plus, les autres gouvernements et la Commission européenne sont invités à renforcer leur soutien à la Grèce.

L'UNHCR s'engage à continuer à soutenir le Gouvernement grec pour renforcer son système d'asile et atteindre un niveau en accord avec les standards et les bonnes pratiques internationaux et européens.

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Au-delà de la frontière

En 2010, la frontière entre la Grèce et la Turquie est devenue le point d'entrée principal vers l'Union européenne pour les migrants irréguliers et les demandeurs d'asile, avec plus de 132 000 nouveaux arrivants. Certains sont des migrants en quête d'une vie meilleure, tandis que d'autres fuient la violence et la persécution dans des pays comme l'Afghanistan, l'Erythrée, l'Iraq ou la Somalie. Le voyage est périlleux et de nombreuses noyades sont à déplorer lors des tentatives de traversée de la Méditerranée ou de la rivière Eros entre la Grèce et la Turquie à bord de frêles embarcations. Les insuffisances du système d'asile grec sont exacerbées par la charge imposée par des dizaines de milliers de personnes dans l'attente de l'examen de leurs demandes d'asile. Les centres de réception pour les nouveaux arrivants, y compris des demandeurs d'asile, sont grandement insuffisants. L'année dernière, des équipes du HCR se sont rendues dans plusieurs de ces centres surpeuplés où hommes, femmes et enfants étaient détenus dans des pièces exiguës et manquant d'infrastructures. Le HCR travaille avec le Gouvernement grec pour améliorer son système d'asile et a appelé les autres Etats européens à apporter leur soutien à la Grèce.

Au-delà de la frontière

Un adolescent en exil

Comme tous les pères avec leurs fils, Fewaz et Malak ont parfois du mal à coexister. Une nouvelle coupe de cheveux et une cigarette en cachette peuvent déjà créer des tensions dans le petit appartement qui est leur chez-soi. Malgré cela, un lien puissant les unit : ces réfugiés syriens ont été bloqués pendant près d'un an dans un quartier pauvre d'Athènes.

Ils avaient auparavant fui leur maison avec le reste de la famille durant l'été 2012, après que la guerre ait commencé à tourmenter leur paisible vie. Depuis la Turquie, ils avaient tenté plusieurs fois la traversée périlleuse pour entrer en Grèce.

Malak, treize ans, a été le premier à passer la frontière marquée par le fleuve Evros. Mais Fewaz, sa femme et leurs deux autres enfants n'ont pas eu cette chance en mer. Ils avaient remis toutes leurs économies d'une vie pour tenter la traversée périlleuse de la Méditerranée. Ils ont été refoulés par les gardes-côtes grecs.

Lors de leur sixième tentative, le reste de la famille a traversé la frontière et le fleuve Evros. Sa femme et ses deux enfants ont rejoint l'Allemagne, mais Fewaz est parti vers Athènes pour retrouver Malak.

«Quand j'ai enfin vu mon père à Athènes, les mots ne suffisent pas pour décrire ma joie », dit Malak. Cependant, l'adolescent était hanté par le fait de perdre à nouveau son père. « Je crains que mon père soit arrêté, que ferais-je sans lui ? »

Jusqu'au regroupement de la famille, Malak et son père restent ensemble et se serrent les coudes. Le garçon apprend à se débrouiller en grec. Et Fewaz commence à s'habituer à la coupe de cheveux de son fils.

Un adolescent en exil

Sauvetage en mer

L'été, avec son beau temps et une mer plus calme, est souvent le théâtre d'une hausse du nombre de personnes risquant leur vie pour traverser la Méditerranée et demander l'asile en Europe. Cette année, les chiffres ont toutefois augmenté dans une proportion stupéfiante. En juin, les opérations de recherche et de sauvetage Mare Nostrum ont permis de retrouver des passagers désespérés au nombre de plus de 750 par jour.

A la fin juin, le photographe du HCR Alfredo D'Amato est monté à bord du San Giorgio, un bâtiment prenant part au volet italien de l'opération navale, afin de recueillir des informations sur le processus de sauvetage - y compris depuis la première observation de bateaux à partir d'un hélicoptère militaire, le transfert des passagers vers de petits bateaux de sauvetage puis le vaisseau de la marine et, enfin, leur retour sur la terre ferme dans les Pouilles, en Italie.

Le 28 juin en l'espace de six heures seulement, l'équipage a porté secours à 1 171 personnes qui se trouvaient à bord de quatre embarcations surchargées. Plus de la moitié sont originaires de la Syrie déchirée par la guerre, avec, pour la plupart, des familles et de grands groupes. D'autres arrivent depuis l'Erythrée, le Soudan, le Pakistan, le Bangladesh, la Somalie et au-delà. Les photos de A. D'Amato et les interviews qui les accompagnent mettent en lumière la vie de ces personnes dont la situation, dans leur pays, était devenue précaire au point de mettre leur vie en péril.

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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.
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