Ghana : Expulsions vers le Libéria

Points de presse, 25 mars 2008

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Jennifer Pagonis à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 25 mars 2008 au Palais des Nations à Genève.

A la suite de l'expulsion survenue dimanche 23 mars dernier de 16 Libériens par les autorités ghanéennes (dont 13 enregistrés par l'UNHCR comme réfugiés), nous avons demandé instamment au Ghana de cesser toute expulsion forcée.

Cette expulsion intervient à la suite de cinq semaines de protestation par un groupe de Libériens, qui a commencé le 19 février dans l'installation de réfugiés de Buduburam, situé à environ 35 kilomètres à l'ouest de la capitale Accra. Les réfugiés demandaient à être réinstallés dans un pays tiers ou, s'ils devaient retourner au Libéria, à recevoir une aide au retour, actuellement de 100 dollars, qui serait portée à 1 000 dollars. Malgré nos efforts considérables pour promouvoir le dialogue et convaincre les manifestants de s'exprimer dans le cadre de la loi ghanéenne, le groupe a accru ses menaces et a mené d'autres manifestations publiques.

Après avoir fait preuve de retenue pendant plus d'un mois, les autorités ghanéennes ont arrêté quelque 630 manifestants le 17 mars dernier. Le groupe a été amené dans un centre de formation pour jeunes à Kordiabe, dans l'est du pays, où ils ont reçu la visite et l'assistance de l'UNHCR. Le 21 mars 2008 au soir, l'UNHCR a négocié la libération des 90 personnes les plus vulnérables du groupe, notamment des mineurs isolés et des femmes enceintes.

Cependant, le lendemain, samedi 22 mars, nous avons été informés de l'arrestation de quelque 70 Libériens venant de Buduburam. Nous avons immédiatement demandé aux autorités de pouvoir rendre visite aux membres de ce groupe. Cette demande était toujours en attente quand nous avons appris que 16 personnes du groupe avaient été expulsées de force vers le Libéria tôt dans la matinée du 23 mars. Treize d'entre elles (dix hommes et trois femmes) étaient des réfugiés.

Nous regrettons l'expulsion de ce groupe de réfugiés et espérons que les négociations en cours avec les autorités ghanéennes aideront à résoudre la situation des réfugiés restés en détention.

La manifestation s'est arrêtée lundi. Nous continuons d'essayer et de persuader la communauté de réfugiés d'utiliser les canaux existants pour trouver des solutions à leurs problèmes et nous leur rappelons leur obligation de se soumettre aux lois et aux règlementations de leur pays d'asile.

Il y a 26 967 Libériens, officiellement enregistrés en tant que réfugiés au Ghana. La plupart vivent dans le camp de réfugiés de Buduburam. Depuis octobre 2004 à juin 2007, l'UNHCR a mené un important programme de rapatriement pour les réfugiés libériens qui avaient fui vers divers pays de l'Afrique de l'Ouest pendant la violente guerre civile. Quelque 105 000 réfugiés libériens sont rentrés chez eux dans le cadre de ce programme.

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Le nombre final de réfugiés qui seront emmenés à Bahn dépendra du nombre de personnes souhaitant être réinstallées depuis des villages proches de la frontière entre la Côte d'Ivoire et le Libéria. Initialement, la plupart des réfugiés ont été accueillis par les communautés hôtes et ils ont vécu au côté des habitants. Le mauvais état des routes a compliqué l'acheminement des biens de secours par les institutions humanitaires. Les stocks de vivres, de médicaments et d'eau ont baissé, rendant les conditions de vie difficiles aussi bien pour la population locale que pour les réfugiés.

Au camp de Bahn, les réfugiés auront accès aux services de base comme les soins de santé, l'eau potable et l'enseignement primaire.

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