Cameroun : Le HCR achemine par avion des biens humanitaires pour les Tchadiens

Points de presse, 8 février 2008

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Jennifer Pagonis à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 8 février 2008 au Palais des Nations à Genève.

Un avion cargo Iliouchine-76 affrété par l'UNHCR devrait atterrir ce matin à Garoua, à 800 kilomètres au nord de Yaoundé, au Cameroun, avec à son bord 45 tonnes de matériel de secours. Il s'agit du premier des deux vols, prévus cette semaine, qui vont livrer du matériel de secours à 14 000 personnes. Cet avion cargo transporte des bâches en plastique, des couvertures, des jerrycans et des ustensiles de cuisine, qui seront ensuite acheminés par camion demain à Kousseri pour assister des milliers de réfugiés tchadiens qui, depuis samedi dernier, ont fui N'Djamena, la capitale tchadienne. Le second vol devrait avoir lieu ce week-end ; il acheminera 45 tonnes de matériel de secours supplémentaire.

Environ 30 000 personnes ont fui les combats survenus au début de cette semaine à N'Djamena. Elles ont trouvé refuge dans la zone de Kousseri, de l'autre côté du fleuve Chari. Nos équipes à Kousseri ont observé de nombreux mouvements d'allers et retours ces deux derniers jours, mais il est trop tôt pour dire si ces personnes rentrent définitivement chez elles au Tchad. Certains vont passer la journée à N'Djamena, pour vérifier l'état de leurs biens, et reviennent ensuite passer la nuit à Kousseri. D'autres sont rentrés chez eux à N'Djamena, mais ont laissé des membres de leurs familles à Kousseri.

Ce soir, l'UNHCR comptera 16 employés présents à Kousseri. L'équipe de l'UNHCR a commencé à mettre en place des installations d'urgence sur le site de transit de Madana, près du pont reliant le Tchad au Cameroun. Le site abrite actuellement entre 7 000 et 10 000 réfugiés tchadiens. Ce matin (vendredi), avec la Croix-Rouge, nous avons commencé le travail portant sur les installations sanitaires dans ce site de transit. Avec le Programme alimentaire mondial, nous prévoyons de distribuer de la nourriture à près de 30 000 personnes samedi. Les rations comprendront des haricots, du riz et de l'huile.

Deux camions de l'UNHCR transportant les 12 tonnes de biens de secours sont arrivés mercredi et jeudi à Kousseri, depuis l'est du Cameroun. Dimanche, nous prévoyons une distribution de biens de secours comprenant des couvertures, des jerrycans, des seaux et du savon. Cette aide humanitaire sera distribuée aux réfugiés à Madana ainsi qu'à un autre groupe hébergé dans des écoles de la ville.

A Kousseri, l'UNHCR est l'agence responsable pour la coordination de l'aide humanitaire pour les réfugiés tchadiens ; elle travaille avec le Programme alimentaire mondial et l'UNICEF ainsi qu'avec d'autres agences non onusiennes, dont la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, le Comité international de la Croix-Rouge et Médecins Sans Frontières.

A N'Djamena, la situation était calme ce matin mais les rues demeurent désertes et seuls quelques magasins sont ouverts. Le personnel local de l'UNHCR qui est resté à N'Djamena commence à récupérer des tentes de l'UNHCR qui ont été volées dans notre entrepôt avant d'être abandonnées par les pillards dans les rues. Le bureau de l'UNHCR dans la capitale n'a pas été touché.

Dans l'est du Tchad, nos partenaires et nous-mêmes continuons à fournir protection et assistance à 240 000 réfugiés soudanais dans 12 camps et à 180 000 déplacés internes tchadiens. L'UNHCR dispose d'un effectif réduit comptant des employés essentiels dans sa base opérationnelle à Abéché et dans ses six bureaux de terrain. Une distribution de nourriture dans les camps de réfugiés a été effectuée et les comités de réfugiés sont informés de l'évolution de la situation.

Toutefois, nous sommes très alarmés par la soudaine escalade de banditisme armé dans les camps de réfugiés, au cours de laquelle deux gendarmes locaux surveillant les camps à Farchana et Bahai ont été tués cette semaine. Au cours du dernier incident jeudi, un gendarme dans le camp de Bahai, au nord d'Ouré Cassoni, a été tué par balle par des individus non identifiés, alors qu'ils tentaient de voler un véhicule. Le vol de véhicules semble être le principal mobile de ces bandits.

Afin de garantir la poursuite de nos opérations sans encombre et d'éviter des pénuries d'approvisionnement dans l'est, nous avons besoin d'un corridor humanitaire aérien entre Abéché, la capitale N'Djamena et la région.

Malgré les difficultés engendrées par le récent conflit, dans le sud nous continuons à fournir une assistance à près de 7 400 réfugiés nouvellement arrivés, qui ont fui la République centrafricaine ces cinq dernières semaines. Ces réfugiés seront bientôt transférés vers l'un des quatre camps de réfugiés au sud du Tchad, où sont déjà hébergés 45 000 réfugiés centrafricains.

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Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

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2014 : Les réfugiés centrafricains subissent des attaques alors qu'ils fuient au Cameroun

Chaque semaine, environ 10 000 musulmans traversent la frontière vers l'est du Cameroun pour échapper à la violence qui déchire la République centrafricaine (RCA). Beaucoup parmi les nouveaux arrivants racontent avoir été attaqués à plusieurs reprises lors de la fuite en exil. Les miliciens anti-balaka ont bloqué les routes principales vers le Cameroun, forçant les civils à trouver d'autres itinéraires à travers la brousse. Beaucoup marchent durant deux à trois mois pour rejoindre le Cameroun. Ils arrivent en état de malnutrition et ils portent des blessures de machettes ou par balles.

Le HCR et ses partenaires ont mis en place des cliniques mobiles supplémentaires aux points de passage frontière pour fournir des soins d'urgence dès l'arrivée des réfugiés. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appuie également des dispensaires publics qui sont submergés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils se trouvent désormais dans de nouveaux sites à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

Depuis début 2014, le Cameroun a reçu près de 70 000 réfugiés centrafricains. Ce chiffre s'ajoute aux 92 000 réfugiés arrivés lors de précédents afflux survenus depuis 2004 pour échapper aux groupes rebelles et aux bandits qui écumaient le nord de leur pays.

Paul Spiegel et Michele Poletto, employés du HCR, se sont récemment rendus dans l'est du Cameroun et ils ont pris les photos suivantes avec leur iPhone ou un appareil photo.

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Depuis le début des hostilités l'an dernier dans la région du Darfour, à l'ouest du Soudan, plus de 110 000 réfugiés soudanais ont fui vers le Tchad voisin. Ils sont aujourd'hui dispersés le long d'une zone frontalière désertique de 600km, exposés à des conditions extrêmes, sous un soleil de plomb le jour et par des températures glaciales la nuit.

Dans cette zone inhospitalière, l'accès aux réfugiés est difficile. Le personnel de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés doit sillonner la région des jours durant pour les localiser. Les bombardements sur la zone frontalière et les raids transfrontaliers des milices soudanaises mettent ces réfugiés en danger et soulignent l'urgente nécessité de les transférer dans des camps à l'intérieur du pays. De plus, la saison des pluies qui débute en mai rend la circulation impraticable sur les pistes sablonneuses. Les travailleurs humanitaires sont lancés dans une course contre la montre pour apporter un secours d'urgence à ces réfugiés.

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Au Cameroun, plus de 60 000 réfugiés ont fui la République centrafricaine après des attaques systématiques menées par des gangs armés. Malgré les atrocités incessantes, cette crise est passée quasiment inaperçue auprès de la communauté internationale. Sans doute a-t-elle été occultée par le conflit au Darfour. Le HCR tente de répondre aux immenses besoins.