Près de 20 000 Tchadiens fuient vers le Cameroun

Points de presse, 5 février 2008

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Ron Redmond à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 5 février 2008 au Palais des Nations à Genève.

Une équipe de cinq employés de l'UNHCR est arrivée hier soir à Kousséri, une ville frontalière camerounaise. Elle estime que près de 20 000 personnes ont traversé le fleuve marquant la frontière avec le Tchad depuis samedi pour échapper aux combats dans la capitale tchadienne N'Djamena. Ce matin, des personnes effrayées continuaient à traverser la frontière dans un flot continu.

L'UNHCR prépare également un transport de biens de secours supplémentaires par avion, cette semaine, vers le Cameroun depuis nos entrepôts régionaux de Dubaï. Au total, 90 tonnes de matériel humanitaire seront acheminées, notamment des bâches en plastique, des jerricans, des couvertures, des moustiquaires, des ustensiles de cuisine et des rouleaux de plastique. Avec ce matériel, l'agence pourra aider 14 000 réfugiés.

Un grand nombre de personnes sont hébergées chez des proches à Kousséri, alors que certains ont trouvé refuge dans des écoles. D'autres séjournent dans les quelques hôtels de la ville. Entre 6 000 et 7 000 réfugiés se trouvent actuellement dans un centre de transit situé près du pont. L'équipe de l'UNHCR explique que ces personnes sont les plus vulnérables car elles ont passé ces dernières nuits en plein air, exposées aux intempéries. Les réfugiés ont allumé deux grands feux la nuit dernière pour se réchauffer.

Nous prévoyons de transférer ces personnes dès que possible vers un lieu plus adéquat pour accueillir des réfugiés, à Maltam, à 32 kilomètres de Kousséri. Il s'agit d'un site qui avait déjà été utilisé par l'UNHCR, il y a plusieurs années. Le camp de Maltam pouvait accueillir près de 100 000 personnes et il est déjà équipé de puits. Les autorités de Kousséri nous ont dit que 62 personnes blessées, qui ont échappé aux combats à N'Djamena, sont actuellement soignées à l'hôpital local.

Ce matin, notre équipe rencontre à nouveau les autorités et la Croix-Rouge à Kousséri pour coordonner et accélérer l'assistance aux réfugiés. Hier, deux camions de l'UNHCR, transportant du matériel de secours, notamment des couvertures, des bâches en plastique et des ustensiles de cuisine, sont partis de Bertoua, dans l'est du Cameroun, et devraient arriver la nuit prochaine à Kousséri.

Une seconde équipe de l'UNHCR se rend à Kousséri aujourd'hui depuis Yaoundé. Après un voyage en avion jusqu'à Garoua, cette équipe continuera par la route vers Kousséri où leur arrivée est prévue pour demain.

Dans l'est du Tchad, pendant ce temps, l'UNHCR et ses partenaires continuent à assister des centaines de milliers de réfugiés et de déplacés. Cependant les inquiétudes persistantes quant à la sécurité ont provoqué, hier, l'évacuation de 25 employés de l'UNHCR non essentiels, depuis notre principale base d'opérations sur le terrain à Abéché. Ils ont fait partie d'un groupe de 47 employés non essentiels des Nations Unies et de 99 travailleurs d'ONG qui ont été évacués, à bord de deux avions des Nations Unies, vers Yaoundé au Cameroun. La décision concernant cette mesure de précaution pour la sécurité a été prise dimanche, après des informations faisant état de bombardements survenus près d'Adré, une ville située à l'est d'Abéché près de la frontière avec la région soudanaise du Darfour.

Actuellement, la situation semble calme mais tendue à Abéché. La situation sécuritaire demeure difficile plus au nord, à Guéréda, où une série d'attaques armées contre l'UNHCR et d'autres agences humanitaires la semaine dernière ont contraint à l'évacuation de la majeure partie du personnel. Une autre attaque a été menée, hier, par des bandits dans le camp de réfugiés de Mile, près de Guéréda. Faisant usage de leurs armes, des hommes armés ont volé un sixième véhicule en une semaine, cette attaque n'a cependant fait aucun blessé.

L'UNHCR et ses partenaires gèrent 12 camps de réfugiés dans l'est du Tchad accueillant quelque 240 000 réfugiés soudanais qui ont fui le Darfour, région du Soudan voisin. Un autre groupe de 50 000 réfugiés originaires de République centrafricaine est hébergé dans des camps situés dans le sud du Tchad. Par ailleurs, l'UNHCR fournit de l'aide à une partie des 180 000 déplacés tchadiens ayant fui des troubles survenus précédemment au Tchad.

Comme nous l'avons noté, ces centaines de milliers de personnes déracinées au Tchad dépendent du soutien international et de l'acheminement extrêmement fragile de l'aide humanitaire qui doivent atteindre certaines des régions les plus désolées et isolées du pays. Nous appelons d'urgence toutes les parties au conflit à respecter les principes humanitaires et à cesser les violences.

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Les enfants réfugiés centrafricains tout juste arrivés au Cameroun souffrent de malnutrition

Les réfugiés centrafricains arrivent au Cameroun en nombre croissant, dans un état de grande faiblesse physique. Ils passent des semaines voire des mois cachés dans la brousse, où il leur était difficile de trouver de la nourriture et de l'eau. Ils dorment en plein air. Ils ne peuvent pas retourner chez eux. Parmi ces réfugiés, les plus vulnérables sont les enfants âgés de moins de cinq ans. Rencontrer ces enfants émaciés est bouleversant. Ils ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence après s'être nourris de racines et de feuilles. Selon les estimations, environ 40% des enfants récemment arrivés souffrent de malnutrition. Pour certains, le voyage est de trop. Le HCR aide à sauver des vies dans l'est du Cameroun. Avec Médecins Sans Frontières, le HCR appuie un centre d'aide nutritionnelle à Batouri. MSF y envoie des enfants depuis son dispensaire de la ville frontalière de Gbiti, où se trouvent environ 20 000 sur les 80 000 réfugiés centrafricains arrivés au Cameroun. Le dispensaire de Gbiti est débordé. Les partenaires étendent la capacité du centre d'aide nutritionnelle, qui traite environ 100 enfants. Davantage encore arrivent chaque jour et le HCR a monté des tentes pour y abriter les enfants et leurs Mamans. Le photographe Frédéric Noy s'est rendu la semaine dernière à Gbiti et Batouri. Il y a capturé la série suivante d'images saisissantes et évocatrices.

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2014 : Les réfugiés centrafricains subissent des attaques alors qu'ils fuient au Cameroun

Chaque semaine, environ 10 000 musulmans traversent la frontière vers l'est du Cameroun pour échapper à la violence qui déchire la République centrafricaine (RCA). Beaucoup parmi les nouveaux arrivants racontent avoir été attaqués à plusieurs reprises lors de la fuite en exil. Les miliciens anti-balaka ont bloqué les routes principales vers le Cameroun, forçant les civils à trouver d'autres itinéraires à travers la brousse. Beaucoup marchent durant deux à trois mois pour rejoindre le Cameroun. Ils arrivent en état de malnutrition et ils portent des blessures de machettes ou par balles.

Le HCR et ses partenaires ont mis en place des cliniques mobiles supplémentaires aux points de passage frontière pour fournir des soins d'urgence dès l'arrivée des réfugiés. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appuie également des dispensaires publics qui sont submergés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils se trouvent désormais dans de nouveaux sites à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

Depuis début 2014, le Cameroun a reçu près de 70 000 réfugiés centrafricains. Ce chiffre s'ajoute aux 92 000 réfugiés arrivés lors de précédents afflux survenus depuis 2004 pour échapper aux groupes rebelles et aux bandits qui écumaient le nord de leur pays.

Paul Spiegel et Michele Poletto, employés du HCR, se sont récemment rendus dans l'est du Cameroun et ils ont pris les photos suivantes avec leur iPhone ou un appareil photo.

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Tchad

Depuis le début des hostilités l'an dernier dans la région du Darfour, à l'ouest du Soudan, plus de 110 000 réfugiés soudanais ont fui vers le Tchad voisin. Ils sont aujourd'hui dispersés le long d'une zone frontalière désertique de 600km, exposés à des conditions extrêmes, sous un soleil de plomb le jour et par des températures glaciales la nuit.

Dans cette zone inhospitalière, l'accès aux réfugiés est difficile. Le personnel de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés doit sillonner la région des jours durant pour les localiser. Les bombardements sur la zone frontalière et les raids transfrontaliers des milices soudanaises mettent ces réfugiés en danger et soulignent l'urgente nécessité de les transférer dans des camps à l'intérieur du pays. De plus, la saison des pluies qui débute en mai rend la circulation impraticable sur les pistes sablonneuses. Les travailleurs humanitaires sont lancés dans une course contre la montre pour apporter un secours d'urgence à ces réfugiés.

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Des bergers nomades centrafricains ont fui la violence sévissant dans leur pays et ils ont trouvé refuge au Cameroun.
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Cameroun : une crise silencieuse

Au Cameroun, plus de 60 000 réfugiés ont fui la République centrafricaine après des attaques systématiques menées par des gangs armés. Malgré les atrocités incessantes, cette crise est passée quasiment inaperçue auprès de la communauté internationale. Sans doute a-t-elle été occultée par le conflit au Darfour. Le HCR tente de répondre aux immenses besoins.