Ukraine : agression de demandeurs d'asile

Points de presse, 8 juin 2007

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 8 juin 2007 au Palais des Nations à Genève.

Nous sommes extrêmement préoccupés par ce qui semble être une tendance à la hausse du nombre et de la gravité des agressions racistes contre des demandeurs d'asile, des réfugiés et d'autres étrangers en Ukraine. Dans le même temps, des informations font état de violences policières contre les personnes en quête de protection en Ukraine.

Au cours du dernier incident, un demandeur d'asile iraquien, qui demandait la protection de l'Ukraine après avoir fui son pays déchiré par la guerre, a été tué à Kiev le 3 juin. Les motifs de cet acte sont encore inconnus et l'enquête de police est actuellement en cours. Mais le nombre d'attaques et de harcèlement contre les étrangers en Ukraine au cours des derniers mois justifient des enquêtes sur le motif de ce meurtre avec une attention particulière, y compris des motifs racistes. L'UNHCR a demandé aux autorités ukrainiennes de le tenir informé des suites de l'enquête.

L'UNHCR avait déjà fait part de ses préoccupations sur ce qui avait apparu comme des actes xénophobes en Ukraine le 13 juillet 2001, après qu'un réfugié rwandais ait été battu à mort en dehors de son domicile à Vinnitsa. En mars 2005, un ancien réfugié d'origine iraquienne, employé par une organisation partenaire de l'UNHCR, a sérieusement été battu à Kiev par un gang de jeunes. Depuis lors, le bureau de l'UNHCR à Kiev reçoit, de façon régulière, des informations sur des actes racistes, d'attaques non provoquées, de coups, d'insultes verbales et d'autres actes racistes contre des réfugiés et des demandeurs d'asile dans différentes régions de l'Ukraine.

Des articles sont aussi fréquemment publiés dans les médias faisant état d'attaques et de harcèlement d'étrangers à Kiev, y compris des membres des corps diplomatiques.

L'UNHCR reconnaît les importantes mesures prises par les autorités ukrainiennes pour faire face à ce problème, notamment selon les déclarations de haut niveau du ministre de l'Intérieur. L'UNHCR apprécie aussi l'ouverture des autorités de Kiev pour discuter de ces problèmes. L'UNHCR encourage les autorités ukrainiennes pour accroître leurs efforts pour mettre fin à ces attaques et assurer que les personnes responsables soient jugées d'urgence.

L'UNHCR travaille en étroite collaboration avec d'autres agences des Nations Unies, le corps diplomatique et les organisations des droits de l'Homme en Ukraine afin d'enrayer la xénophobie et le racisme. Dans le cadre de ces efforts, des activités de plaidoyer ont été mises en œuvre pour promouvoir une plus grande tolérance et fournir une aide juridique gratuite aux victimes des violences racistes.

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Déplacement, handicap et incertitude en Ukraine

A ce jour, environ 275 500 personnes sont déplacées internes à cause des combats en Ukraine. Parmi elles, certaines vivent avec un handicap comme Viktoria, 41 ans, et son mari Aleksandr, 40 ans, qui souffrent tous deux de paralysie cérébrale. La vie est déjà difficile dans des conditions normales pour ce couple qui a également deux garçons : Dima, 20 ans, et Ivan, 19 mois. Mais aujourd'hui c'est une véritable lutte.

Fin juillet, les bombardements sur la ville de Donetsk, à l'est de l'Ukraine, ont forcé Viktoria et Aleksandr à fuir vers la région voisine de Kharkiv. Peu après, les médicaments de Viktoria ont commencé à manquer. Recherchant désespérément de l'aide, Aleksandr a appelé la Fondation Rinat Akhmetov qui leur a trouvé un moyen de transport et un hébergement à Kharkiv.

De là-bas, ils ont été transférés au camp d'été de Promotei situé près de la ville de Kupiansk. La forêt, le grand air et le lac à proximité du camp leur ont offert un environnement parfait pour passer l'été. Mais, comme les 120 autres personnes déplacées à l'intérieur du pays (déplacés internes) vivant dans cet endroit, Viktoria et Aleksandr ne pensaient qu'à leur maison. Ils espéraient rentrer avant l'automne. Mais l'automne est vite arrivé et cette option s'éloigne.

Aujourd'hui, le retour à Donestsk n'est toujours pas sûr. En outre, le camp n'a pas été préparé pour l'hiver qui approche et l'administration a demandé aux personnes de partir d'ici le 15 octobre. Viktoria et Aleksandr ne savent pas où aller avec leur jeune fils. Les photos du couple et de leur plus jeune fils ci-dessous ont été prises par Emine Ziyatdinova.

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