Cameroun : de nouveaux bureaux sont ouverts pour assurer la protection et dispenser des soins aux Centrafricains mbororos

Points de presse, 27 mars 2007

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Jennifer Pagonis à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 27 mars 2007 au Palais des Nations à Genève.

L'UNHCR vient juste d'ouvrir un nouveau bureau de terrain dans la ville de Bertoua, à l'est du Cameroun, à quelque 400 kilomètres à l'est de la capitale, Yaoundé. Le besoin pour une nouvelle présence plus importante sur le terrain a été dicté par l'arrivée de vagues successives de Mbororos, des réfugiés fuyant le pays voisin, la République centrafricaine, en 2005-2006. Au total, on estime à 25 000 réfugiés arrivés au Cameroun et dispersés le long de la frontière avec la République centrafricaine.

Les Mbororos sont un peuple de nomades éleveurs de bétail de l'ouest et du nord-ouest de la République centrafricaine. Ceux qui fuient au Cameroun déclarent qu'ils ont été sans cesse visés systématiquement par des groupes de bandits organisés et de rebelles pour voler leur bétail. Le cheptel n'est pas uniquement la possession principale des Mbororos, mais il est également un signe de richesse dans cette partie d'Afrique. Plusieurs réfugiés mbororos ont également déclaré que leurs femme et enfants ont été kidnappés et qu'ils avaient dû payer d'importantes rançons pour les faire libérer.

La plupart des Mbororos ont franchi la frontière à pied, transportant le peu de possessions qui leur restaient. Un petit nombre de ceux qui ont réussi à sauver leur cheptel continue de faire paître leur bétail à l'intérieur du Cameroun. Mais les autres, qui ont tout perdu, se retrouvent dans une situation extrêmement précaire.

Le Gouvernement camerounais, en accord avec sa législation nationale en matière de réfugiés, adoptée en juillet 2005 et à la Convention de l'OUA de 1969, a reconnu cette population comme réfugiés prima facie. L'UNHCR a pris part à plusieurs missions d'évaluation conjointe avec le gouvernement et les agences des Nations Unies dans la province de Adamoua et d'autres régions frontalières avec la République centrafricaine. Selon nos informations, la plupart des réfugiés mbororos dispersés à l'est du Cameroun vivent dans des conditions de grande pauvreté, leurs enfants souffrent souvent de malnutrition et de maladies.

L'UNHCR dispose d'une équipe de cinq membres à Bertoua, permettant de mener à bien son mandat de protection des réfugiés et d'assurer l'assistance nécessaire. Les priorités immédiates sont la nourriture, les soins de santé, et les projets en eau et sanitaires. En 2007, l'agence recherche 1,1 million de dollars pour renforcer son mandat de protection et étendre ses programmes d'assistance à l'est du Cameroun. Nous prévoyons également de transférer les réfugiés qui sont dans une grande pauvreté se trouvant dans la zone peu sûre vers Ngaoui et Ngam, à 65 kilomètres de la frontière avec la République centrafricaine. Au lieu de les transférer dans un camp, ces réfugiés seront transférés dans des zones rurales où ils pourront être autosuffisants.

En plus des 25 000 réfugiés mbororos de la République centrafricaine, le Cameroun accueille quelque 11 000 réfugiés et plus de 4 000 demandeurs d'asile de divers pays du centre et de l'ouest de l'Afrique.

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Nombre des déplacés internes vivent dans la brousse, non loin de leurs villages. Ils y ont construit des abris de paille et d'herbe, ils cultivent des légumes et ils crééent même des écoles de brousse pour leurs enfants. Cependant, l'accès à l'eau potable et aux soins de santé demeure un vaste problème. De nombreux enfants souffrent de diarrhées et du paludisme, mais leurs parents ont trop peur de les emmener dans des hôpitaux ou des cliniques pour les faire soigner.

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