Mission au Cambodge et au Vietnam pour la Haut Commissaire assistante en charge de la protection

Points de presse, 25 avril 2006

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR William Spindler à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 25 avril 2006 au Palais des Nations à Genève.

Erika Feller, la Haut Commissaire assistant en charge de la protection, débute aujourd'hui mardi sa mission de cinq jours au Cambodge et au Vietnam. Pendant cette mission, elle doit rencontrer des responsables gouvernementaux pour discuter avec eux du plan d'action concernant la situation des Montagnards et la réduction des cas d'apatridie, elle doit aussi rencontrer les organisations non gouvernementales, les autres agences et personnels des Nations Unies.

A partir de mercredi, au Vietnam, une visite de deux jours sur le terrain est prévue pour rencontrer les autorités locales et les Montagnards rapatriés depuis le Cambodge. Erika Feller a également prévu de se rendre à Hanoï pour rencontrer des responsables du gouvernement, avant de rentrer à Genève le week-end prochain.

A Hanoï, en janvier 2005, les gouvernements du Cambodge et du Vietnam ainsi que l'UNHCR ont signé un accord dans le cadre duquel quelque 750 Montagnards, appartenant à un groupe ethnique originaire des Hauts Plateaux du Centre du Vietnam et arrivés au Cambodge à cause de persécutions religieuses et d'expropriation, pourraient être soit réinstallés, soit rapatriés au Vietnam. En effet, le Cambodge a fait savoir que les Montagnards ne seraient pas autorisés à rester dans le pays. Depuis la signature de l'accord, 190 Montagnards ont été rapatriés au Vietnam, parmi lesquels 96 étaient volontaires et 94 autres avaient été déboutés de leur demande d'asile. D'autre part, 605 Montagnards ont été réinstallés pour la grande majorité aux Etats-Unis. 204 Montagnards se trouvent sous la protection de l'UNHCR à Phnom Penh, certains d'entre eux sont arrivés après la signature de l'accord.

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L'apatridie au Viet Nam

Le Viet Nam a accordé la citoyenneté à des milliers d'apatrides au cours des deux dernières années ; par ses réalisations dans ce domaine, le pays est à la pointe de l'action menée dans le monde pour prévenir l'apatridie et y mettre fin.

Près de 1 400 anciens réfugiés cambodgiens, devenus apatrides après la chute du régime sanguinaire des Khmers rouges en 1975, ont reçu la nationalité vietnamienne en 2010 ; ce résultat était l'aboutissement de cinq années de coopération entre le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et le Gouvernement vietnamien. La plupart des anciens réfugiés résident au Viet Nam depuis 1975, parlent vietnamien et sont parfaitement intégrés. Près d'un millier de leurs semblables devraient obtenir la citoyenneté dans un avenir proche. L'octroi de la nationalité est assorti de la délivrance du livret de famille - une pièce capitale, qui régit toutes les relations des Vietnamiens avec l'administration - et d'une carte d'identité nationale. Grâce à ces deux documents, les nouveaux citoyens peuvent accéder à la propriété, faire des études supérieures et bénéficier de l'assurance-maladie, ainsi que de la retraite. Ils peuvent également faire des choses toutes simples, qui leur étaient interdites auparavant, comme acheter une moto.

En 2009, le Viet Nam a également adopté une loi destinée à restituer leur nationalité à des femmes vietnamiennes qui étaient devenues apatrides dans leur pays d'origine car elles avaient épousé des étrangers mais avaient divorcé avant d'obtenir la nationalité de leur conjoint pour elles et pour leurs enfants.

Selon les estimations du HCR, il y a aujourd'hui 12 millions d'apatrides dans le monde.

L'apatridie au Viet Nam

Viet Nam : Sans nationalitéPlay video

Viet Nam : Sans nationalité

Dans les années 70, des milliers de personnes ont fui vers le Viet Nam pour échapper au régime des Khmers rouges sévissant au Cambodge. Certains avaient trouvé refuge à Ho Chi Minh Ville par exemple et ils sont devenus apatrides.