Le Haut Commissaire envoie une équipe d'experts au Maroc

Points de presse, 11 octobre 2005

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Ron Redmond à qui toute citation peut être attribuée lors de la conférence de presse du 11 octobre 2005 au Palais des Nations à Genève.

Le Haut Commissaire a envoyé une équipe d'experts du siège de l'UNHCR au Maroc, menée par notre responsable de la région Afrique du Nord et Proche-Orient, et comprenant des spécialistes de notre bureau Europe et du Département de protection internationale. Cette mission fait suite à celles menées la semaine dernière par d'autres équipes depuis notre bureau de Madrid vers les enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta ainsi qu'aux îles Canaries.

Egalement, Mr Guterres a écrit au président du Groupe de Genève sur la question migratoire pour lui demander d'organiser le plus rapidement possible une réunion afin de discuter la situation extrêmement complexe qui implique au premier chef des migrants économiques, mais également des personnes qui ont besoin d'une protection internationale et qui, donc par la même, dépendent du mandat de l'UNHCR.

Comme le Haut Commissaire le disait vendredi, dans le cas de très importants flux migratoires comme celui-ci, il y a souvent des personnes fuyant un conflit et la persécution, qui devraient accès à des procédures d'asile. Bien que l'UNHCR reconnaisse le droit légitime des gouvernements à prendre des mesures pour lutter contre l'immigration illégale, nous exhortons les autorités à respecter les principes de Protection internationale, concernant particulièrement le refoulement (ou retour forcé de personnes dans un pays où elles pourraient être confrontées à la persécution), à traiter chacun humainement et à s'assurer que tous les demandeurs d'asile aient accès à des procédures équitables et justes.

Mr Guterres, d'autres responsables du siège et nos bureaux à Madrid et Rabat sont en contact régulier avec les autorités espagnoles et marocaines. Malgré des efforts répétés, nous demeurons extrêmement préoccupés par les informations alarmantes sur le sort de ces personnes désespérées.

L'UNHCR est pleinement impliqué dans la recherche de solutions permettant de prévenir ce type de tragédies que nous avons vues à maintes reprises en Méditerranée, dans le Golfe d'Aden et ailleurs dans le monde.

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Repérés au large des îles Canaries

Malgré des dangers considérables, des migrants en quête d'un avenir meilleur, et des réfugiés fuyant la guerre et les persécutions, continuent à embarquer dans des bateaux de fortune pour des traversées en haute mer. L'un des principaux itinéraires vers l'Europe part de l'ouest de l'Afrique vers l'archipel des Canaries, un territoire espagnol.

Avant 2006, la plupart des migrants irréguliers, empruntant cet itinéraire sur l'océan Atlantique, embarquaient sur des pateras, des bateaux pouvant transporter jusqu'à 20 personnes. Les pateras partaient en majorité depuis le Maroc et le Territoire du Sahara occidental, pour une traversée d'une demi-journée. Les pateras ont été remplacés par des bateaux plus importants appelés des cayucos, qui peuvent transporter jusqu'à 150 personnes. Les cayucos partent depuis des ports situés dans des pays d'Afrique de l'Ouest comme la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Sénégal ou la Sierra Leone. Ils prennent plus de trois semaines pour atteindre les Canaries.

Parmi les 32 000 personnes arrivées dans les îles Canaries, seule une petite proportion d'entre elles (359 personnes) ont demandé l'asile en 2006. En 2007, plus de 500 demandes d'asile ont été déposées aux îles Canaries. Ce chiffre est particulièrement significatif, étant donnée la diminution de 75 pour cent de nombre global des arrivées par la mer en 2007.

Repérés au large des îles Canaries