Djibouti : Accroître la sécurité des réfugiés grâce à des cartes d'identité

Articles d'actualité, 25 août 2009

© HCR/K.Mahoney
Une employée du HCR montre à un réfugié sa nouvelle carte d'identité plastifiée dans le camp de réfugiés d'Ali Addeh à Djibouti, au début d'une campagne faisant date et visant à renforcer la protection des 10 000 réfugiés présents dans le pays.

CAMP DE REFUGIES D'ALI ADDEH, Djibouti, 24 août (HCR) Après avoir passé 18 années dans un camp de réfugiés, le Somalien Mohamed Mahdi, âgé de 24 ans, a poussé un soupir de soulagement, après avoir reçu pour la première fois une carte d'identité officielle plastifiée.

« La carte d'identité est très importante pour nous », a-t-il dit. « Elle est nécessaire pour notre propre sécurité. Je ne suis pas djiboutien et, lorsque je me rends en ville, je peux être arrêté par la police, simplement car je suis un réfugié et que je n'ai pas de carte d'identité. Cette carte d'identité me permettra d'éviter de me faire arrêter. »

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a lancé en début de mois une opération faisant date et visant renforcer la protection de tous les réfugiés habitant à Djibouti. La première étape a consisté à délivrer des cartes d'identité à tous les réfugiés âgés de plus de 18 ans qui sont hébergés dans le camp d'Ali Addeh. C'est la première fois que des cartes d'identité plastifiées ont été délivrées depuis la création du camp il y a plus de 19 ans, un camp situé dans le sud-est du pays près de la région frontalière montagneuse avec l'Ethiopie et le Somaliland.

Déjà tôt le matin, le premier jour, des files d'attente s'étaient formées devant le bureau du HCR dans le camp avec des réfugiés désireux de recevoir leurs nouvelles cartes sur lesquelles apparaissent clairement les logos de l'ONARS, l'agence nationale djiboutienne pour les réfugiés, ainsi que du HCR.

« La sécurité est essentielle pour nous et, si la police voit les logos de l'ONARS et du HCR sur les cartes, ils ne nous arrêteront pas », a indiqué Mohamed, qui avait seulement six ans lors de son arrivée à Ali Addeh en 1991, après avoir fui la guerre dans son pays natal.

Alors que les réfugiés éthiopiens, érythréens et somaliens bénéficient généralement de la liberté de mouvement pour quitter le camp, de nombreux réfugiés sont confrontés à des problèmes sécuritaires dans la capitale. Les cartes d'identité sont vues comme un moyen d'aider les réfugiés à jouir de leurs droits garantis par la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, ratifiée par le Gouvernement de Djibouti en 1977.

Les réfugiés à Djibouti disposaient auparavant d'attestations renouvelables de courte durée pour tout document d'identité. Alors que la répression contre les migrants illégaux s'est accrue dans la ville, les réfugiés doivent absolument pouvoir prouver leur identité. Les réfugiés urbains recevront également des cartes d'identité en septembre.

« La distribution des cartes d'identité est une étape déterminante pour assurer un traitement amélioré aux 10 000 réfugiés vivant à Djibouti », a indiqué Ann Encontre, la déléguée du HCR à Djibouti. « Les cartes d'identité constituent pour les réfugiés un puissant outil de protection, aidant à fournir une sécurité renforcée et un accès accru aux services. »

Parallèlement, le HCR et l'ONARS mènent également des formations pour les policiers et d'autres fonctionnaires au sujet des nouvelles cartes d'identité, afin d'assurer que soit respecté le statut de protection spécifique dont bénéficient les réfugiés enregistrés.

Hassan Abdirahman, un réfugié âgé de 25 ans et vivant à Ali Addeh, a été heureux de recevoir la nouvelle carte, mais il n'est pas sûr de ce qu'elle pourrait changer pour lui. « Je ne suis pas sûr qu'elle nous permette de trouver un travail », a-t-il indiqué.

En théorie, les réfugiés à Djibouti bénéficient du même droit au travail que les citoyens, toutefois les réfugiés doivent en réalité acheter des permis de travail qui sont trop chers car ils n'ont pas de revenus.

« J'espère que la distribution des cartes d'identité ouvrira la voie à un assouplissement des lois qui interdisaient aux réfugiés à Djibouti le plein exercice de leurs droits sociaux et économiques », a ajouté Ann Encontre.

Par Kathryn Mahoney à Ali Addeh, Djibouti

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