Frontière Nord de l'Equateur : l'enregistrement des réfugiés arrive jusque dans la jungle

Articles d'actualité, 17 août 2009

© HCR/S.Aguilar
Visa pour une réunion de famille: Nely, une réfugiée colombienne, montre fièrement son nouveau visa qui va lui permettre de voyager librement en Equateur.

PUERTO EL CARMEN, Equateur, 17 août (HCR) Après plus de vingt ans passés en Equateur, Nely*, une colombienne d'une cinquantaine d'années, a enfin reçu son visa de réfugié. Récemment et en une seule journée, elle a reçu le document qui lui permettra de réaliser son vœu le plus cher : aller voir son fils âgé de 20 ans, handicapé suite à un accident de voiture et qui habite depuis dans la petite ville de Lago Agrío.

Lago Agrío est la plus grande ville de la région de l'Amazonie équatorienne située à 200 kilomètres de là où habite Nely. Se rendre à Lago Agrío est pratiquement au-dessus de ses moyens vu qu'elle ne gagne que 35 USD par mois, mais le plus gros problème jusqu'à présent était l'absence de documents prouvant qu'elle bénéficiait du statut de réfugié.

« En traversant la forêt, ma maison est à trois heures à pied de la route la plus proche » a-t-elle expliqué au centre d'enregistrement de Puerto El Carmen. « De là, je devrais payer 20 USD pour aller à Lago Agrío, mais sans visa de réfugié je n'aurais pas pu passer les postes de contrôle militaire. »

Des milliers de colombiens comme Nely vivent en situation de réfugiés mais sans documents le long de la frontière. Pour la première fois, le gouvernement équatorien, avec le soutien technique et financier du HCR, a démarré un programme à large échelle pour améliorer l'enregistrement des réfugiés.

A travers des campagnes d'information locales dans des régions parmi les plus reculées de l'Equateur, le programme d'enregistrement amélioré vise à accorder rapidement le statut de réfugiés à des personnes qui ont besoin d'une protection internationale en certifiant leur statut juridique et en leur délivrant des documents d'identité. L'objectif est de régulariser la situation d'environ 130 000 personnes à travers le pays qui jusqu'à présent n'ont pas eu accès au système d'asile.

Entre le mois de mars et le mois de juin, plus de 11 000 réfugiés ont été enregistrés dans la province d'Esmeraldas, à l'Ouest de l'Equateur. A présent, le programme se concentre sur la province amazonienne de Sucumbíos, le long de la frontière avec la Colombie, une région reculée qui ne dispose pas des services de base et où des milliers de colombiens vivent en situation de réfugiés.

Les fonctionnaires équatoriens et le HCR ont dû traverser des routes et des rivières dans la forêt tropicale avec des équipements électroniques et des ordinateurs souvent lourds et fragiles pour atteindre des régions qui étaient auparavant hors de portée. Les brigades mobiles ont réussi à fournir des documents à quelque 2 000 personnes au cours des premiers jours et aspirent à enregistrer des milliers d'autres au cours des trois prochains mois.

« La province est juste à la frontière avec la Colombie et accueille de nombreux colombiens qui fuient le conflit dans leur pays » note Luis Varese, le représentant adjoint du HCR en Equateur. « La situation sécuritaire est tendue et l'impact du conflit en Colombie se fait fortement sentir. La délivrance d'un visa par le Gouvernement Equatorien renforce la présence de l'Etat dans la région et contribue ainsi à protéger les réfugiés ».

Il a ajouté que les « réfugiés pourront à présent voyager librement pour aller dans les centres de santé, les écoles et d'autres services. Disposer de documents en règle va vraiment changer la vie de milliers de réfugiés. »

En tout cas le programme a déjà permis à Nely de retrouver le sourire. Malgré toutes les difficultés qu'elle a traversées depuis qu'elle a quitté sa maison dans la région de Caqueta, au Sud de la Colombie, Nely a souri et brandi sa carte de réfugié en quittant le centre d'enregistrement pour aller directement à la gare routière de Puerto El Carmen. Après des années de séparation, elle va pouvoir rejoindre Lago Agrío et revoir son fils.

Par Sonia Aguilar à Puerto El Carmen

* Le nom a été changé par mesure de protection

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Distinction Nansen pour les réfugiés : de nouvelles ailes pour les Papillons

Dans un coin de Colombie hanté par la violence, un groupe de femmes courageuses mettent leur vie en danger pour venir en aide aux survivantes des déplacements et des abus sexuels. Alors que le pays compte 5,7 millions de personnes déracinées par le conflit, elles vivent dans l'une des villes les plus dangereuses -Buenaventura. Le principal port de Colombie connait l'un des taux de violence et de déplacement les plus élevés en raison des rivalités croissantes entre groupes armés. Pour montrer leur pouvoir ou se venger, les groupes violentent et maltraitent souvent les plus vulnérables - les femmes et les enfants.

Mais à Buenaventura, les femmes qui forment les « Papillons » sont debout et aident les survivantes. Elles offrent un soutien en tête-à-tête aux victimes d'abus et oeuvrent auprès des différentes communautés pour éduquer les femmes, les aider à se prendre en main et faire pression sur les autorités pour défendre leurs droits.

Beaucoup de membres des Papillons ont été déplacées de force au cours des 50 dernières années de conflit ou ont perdu des proches et des amis. Nombreuses ont également connu la violence domestique et sexuelle. C'est cette expérience partagée qui les pousse à poursuivre leur travail en dépit des risques.

A pied ou en bus, Gloria Amparello, Maritza Yaneth Cruz et Mery Medina - trois des coordinatrices des Papillons - parcourent les quartiers les plus dangereux et aident les femmes à accéder aux soins médicaux et psychologiques ou à signaler les crimes. Dans le cadre d'ateliers, elles leur apprennent à connaitre leurs droits et à gagner leur vie. Jusqu'à présent, les bénévoles des Papillons ont aidé plus de 1000 femmes et leurs familles.

Les Papillons jouent désormais un rôle essentiel pour sensibiliser aux niveaux élevés de violence à l'encontre des femmes. Bien qu'elles attirent l'attention des groupes armés, elles organisent des protestations contre les abus envers les femmes dans les rues de leur ville délabrée, déterminées à faire tomber les murs de la peur et du silence.

Distinction Nansen pour les réfugiés : de nouvelles ailes pour les Papillons

Angelina Jolie : mission en Equateur

Angelina Jolie s'est rendue en Equateur ce week-end, pour sa première mission en tant qu'Envoyée spéciale du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres.

En tant qu'Ambassadrice de bonne volonté du HCR, Angelina Jolie avait mené plus de 40 missions sur le terrain durant la dernière décennie. C'est son troisième voyage en Equateur. Ce pays accueille la plus importante population réfugiée en Amérique latine.

L'Equateur accueille actuellement environ 56 000 réfugiés et 21 000 demandeurs d'asile. Ce pays reçoit chaque mois 1 300 nouvelles demandes d'asile déposées par des ressortissants colombiens ayant fui leur pays. Beaucoup vivent dans des régions isolées et démunies qui sont situées près de la frontière colombienne.

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Lutte contre la menace d'extinction

Parmi les populations indigènes menacées d'extinction en Colombie, certaines se trouvent dans une situation plus risquée encore, comme la tribu Tulé par exemple. Cette population compte seulement 1 200 membres vivant dans trois localités des départements limitrophes de Choco et d'Antiquoia au nord-ouest de la Colombie.

Quelque 500 d'entre eux vivent dans la commune d'Unguia à Choco, une zone stratégiquement importante située à la frontière avec le Panama, où abondent le bois de construction, les minéraux et d'autres ressources naturelles. Malheureusement, ces richesses ont attiré la convoitise des groupes armés illégaux et criminels durant cette dernière décennie.

De nombreux membres de cette tribu avaient alors trouvé refuge au Panama ou ailleurs dans la province de Choco. Toutefois un groupe déterminé d'entre eux a décidé de rester, craignant que la tribu ne survivrait jamais si ses membres quittaient leurs terres ancestrales et s'ils abandonnaient leurs traditions.

Le HCR travaille déjà de longue date sur ces problèmes, et appuie le développement d'une stratégie visant à prévenir le déplacement, ou au moins à assurer que les Tulés ne devront jamais quitter définitivement leur territoire.

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Equateur : Visite d'António GuterresPlay video

Equateur : Visite d'António Guterres

Le chef du HCR António Guterres se rend en Equateur avant la Journée mondiale du réfugié et rend hommage à ce pays pour l'accueil qu'il réserve aux réfugiés.
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Angelina Jolie en Equateur

Angelina Jolie rencontre des réfugiés colombiens en Equateur durant sa première visite dans ce pays en tant qu'Envoyée spéciale du Haut Commissaire pour les réfugiés António Guterres.
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Angelina Jolie en Equateur

L'Ambassadrice de bonne volonté du HCR Angelina Jolie est retournée dans le nord de l'Equateur, où elle a recontré des réfugiés colombiens.