Un fermier aveugle de l'ethnie Karen récolte dignité et revenu supplémentaire

Articles d'actualité, 2 juillet 2009

© HCR/T.Falise
Ka Du Lar arrache les mauvaises herbes dans un champ près du camp de réfugiés de Mae La où il cultive des légumes.

CAMP DE REFUGIES DE MAE LA, Thaïlande, 2 juillet (UNHCR) Ka Du Lar, a perdu ses yeux et la quasi totalité de son bras gauche dans l'explosion d'une mine anti-personnel. Il ne se laisse pourtant pas abattre par la malchance.

Arrivé dans un camp de réfugié Thaïlandais en provenance du Myanmar il y a plus de 20 ans, ce fermier de l'ethnie Karen, âgé aujourd'hui de 52 ans, a toujours essayé de soutenir au mieux sa famille en coupant du bambou pour la construction d'abris saisonniers, gagnant l'équivalent de quelque centimes de dollar par kilo.

Le vrai tournant dans sa vie est intervenu il y a quelques années quand il a commencé à acquérir de nouvelles compétences dans le cadre d'un programme financé par le HCR et mené par ZOA, l'organisation néerlandaise d'assistance aux réfugiés, à l'extérieur du camp de Mae La.

« Je suis très heureux d'avoir une activité productive, » a-t-il dit pendant une pause dans l'arrachage sous la pluie. « Ce n'est pas au-dessus de mes capacités et je peux donc le faire. »

Mae La, au nord de la Thaïlande, est un camp de réfugiés dont de nombreux habitants, considérant qu'un retour dans leur pays d'origine le Myanmar n'était pas envisageable dans un futur proche, sont partis recommencer une nouvelle vie aux Etats-Unis, le Canada ou l'Australie dans le cadre d'accords de réinstallation dans un pays tiers.

L'objectif du projet ZOA est de permettre le maintien des compétences dans l'agriculture pour ceux y compris 34 réfugiés souffrant d'un handicap qui préfèrent rentrer chez eux le moment venu.

« Nous avions peur qu'ils oublient leurs compétences, » a déclaré Toe Toe, le directeur du programme de création de revenus pour ZOA, parce que les réfugiés n'ont pas la possibilité de cultiver dans les camps qui sont trop exigus, et que la nourriture leur est donnée. En plus de cultiver des champignons et des légumes, les réfugiés souffrant d'un handicap élèvent aussi des poissons, des grenouilles, des cochons, du bétail et des chèvres sur 31 hectares de terre louées au Département forestier thaïlandais.

Les réfugiés se relaient pour travailler dans les différentes zones, effectuant une rotation une fois par an pour s'occuper du potager, de l'élevage des cochons, du bassin des poissons, etc. Leurs produits trouvent des acheteurs sur les marchés locaux et les fermiers gagnent 50 baht par jour, l'équivalent de US$1.50, un revenu respectable dans cette région reculée. Ils ont choisi de toucher leur paie toutes les deux semaines, pour un total de 1,200 baht par mois.

Pour Giuseppe de Vincentis, responsable des opérations du HCR en Thaïlande : « Ce projet est très important parce qu'il donne l'occasion à 148 réfugiés de travailler légalement sans sortir du camp et risquer l'arrestation ». Il ajoute : « Nous continuons à demander le droit des réfugiés à travailler légalement et à contribuer à l'économie Thaïlandaise mais ce programme est une étape intérimaire importante ».

« C'est également une excellente manière de soutenir la dignité des réfugiés souffrant d'un handicap et de leur permettre d'apporter un revenu supplémentaire à leurs familles, tout en maintenant leurs compétences en vue de ce que leur réserve l'avenir, » a ajouté Giuseppe de Vincentis.

Ka Du Lar a été vague sur l'utilisation de ses revenus supplémentaires. Il a déclaré avec un sourire complice qu'il donnait tout l'argent à sa femme. Ce qui est sûr c'est que sa famille, y compris deux adolescents affamés bénéficient d'un régime beaucoup plus varié que les rations nutritives mais répétitives du camp.

« Je suis très heureux de pouvoir travailler ici parce que nous mangeons mieux, » dit-il avec fierté. « Je peux me permettre de manger toute la nourriture qui me fait envie. J'espère que ce projet continuera. »

Par Kitty McKinsey au camp de réfugiés de Mae La, Thaïlande

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