La France accueille des réfugiés transférés depuis Malte

Articles d'actualité, 10 juillet 2009

© HCR/W.Spindler
Certains membres du groupe de 92 réfugiés et personnes ayant besoin d'une protection internationale après leur arrivée à l'aéroport de Roissy Charles de Gaulle.

PARIS, France, 10 juillet (HCR) Un groupe de 92 personnes ayant un besoin de protection internationale a été chaleureusement accueilli sur un tapis rouge à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle jeudi, alors qu'ils finissaient la dernière étape d'un long et dangereux périple via Malte depuis leurs pays d'origine situés en Afrique et en Asie.

Le Ministre français de l'immigration Eric Besson était présent pour accueillir les nouveaux arrivants après leur vol vers un Paris nuageux jeudi après-midi depuis le soleil de Malte. Le groupe, qui comptait 20 enfants, était composé de différentes nationalités. Plus de la moitié (57) étaient des Somaliens. Il y avait aussi 18 Erythréens, neuf Soudanais, trois Ethiopiens, trois Sri Lankais et deux Ivoiriens.

« Je vous souhaite la bienvenue en France. Je vous souhaite de vivre dans la paix et dans la joie pour votre nouvelle vie », a indiqué Eric Besson aux nouveaux arrivants, que la France a accepté d'accueillir depuis Malte, un geste de solidarité et de partage des responsabilités européennes. « Votre avenir commence ici », a-t-il ajouté.

Chaque année, des centaines de migrants et de demandeurs d'asile désespérés arrivent à Malte, une petite île nation comptant 400 000 habitants, après avoir effectué par bateau la traversée périlleuse de la Méditerranée depuis l'Afrique du Nord. Ils ont fui la pauvreté, les persécutions ou le conflit.

Pour aider Malte, le Gouvernement français a accepté de recevoir sur son territoire 96 personnes auxquelles les autorités maltaises avaient accordé soit le statut de réfugié soit une protection subsidiaire. Sur ces personnes, 92 sont arrivées à Paris jeudi, alors que le reste du groupe, une famille iraquienne de quatre personnes, arrivera plus tard.

« La France est fière d'être le pays européen qui reçoit le plus grand nombre de demandeurs d'asile », a indiqué Eric Besson aux journalistes couvrant cette arrivée. « Ce n'est pas un cas d'immigration mais un cas d'asile, ce qui est complètement différent. La France fera tout ce qui est nécessaire pour intégrer ceux qui sont chassés de leur pays du fait de l'oppression. »

Le Ministre a aussi fait part aux nouveaux arrivants de quelques unes des valeurs essentielles de la France, y compris la liberté, l'égalité et la fraternité ainsi que la tolérance religieuse et la laïcité. Il a indiqué qu'ils devaient faire leur possible pour arriver à subvenir à leurs besoins et pour s'intégrer, tout particulièrement en apprenant le français.

« C'est bien d'apprendre le français pour pouvoir communiquer avec les gens et pour trouver un emploi », a indiqué Abdirisaaq, un homme âgé de 21 ans qui a fui Mogadiscio en Somalie. Au cours de son périple, il a traversé le Kenya, le Soudan et la Libye, avant d'effectuer la traversée vers Malte. « Aujourd'hui, je suis aussi heureux qu'au jour où j'ai terminé sain et sauf la traversée après quatre jours de mer », a-t-il dit.

Après des rafraîchissement et après s'être entretenu avec des représentants des autorités et des journalistes, le groupe a rejoint en car des centres collectifs situés à Nanterre, Poitiers, Créteil et Oissel, où ils resteront jusqu'à ce qu'ils trouvent un emploi et un logement.

Halimu, une femme somalienne qui portait une robe fleurie et des motifs au henné sur les mains, a indiqué en anglais avant de rejoindre le centre d'hébergement d'Oissel : « Je suis très heureuse car je vais recommencer une nouvelle vie, améliorer mon éducation et éventuellement pouvoir faire venir mon mari et mes enfants. »

Par William Spindler à Paris, France

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Un « Hôtel » 0 étoile que les demandeurs d'asile appellent « maison » à Dijon

La France est l'une des principales destinations pour les demandeurs d'asile en Europe, avec quelque 55 000 nouvelles demandes d'asile en 2012. Compte tenu du nombre croissant de demandeurs, beaucoup de villes françaises sont confrontées à une pénurie sévère d'hébergements pour demandeurs d'asile.

Le gouvernement essaie de s'attaquer à ce problème et a annoncé, en février 2013, la création de 4 000 places supplémentaires dans les centres d'accueil pour demandeurs d'asile financés par l'État. Cependant de nombreux demandeurs d'asile sont toujours obligés de dormir à la rue ou d'occuper des bâtiments vides. L'un de ces bâtiments, surnommé « Hôtel Réfugiés » par ses occupants de passage, se trouve dans la banlieue de la ville de Dijon, dans l'est de la France. Il illustre la situation critique de l'hébergement.

L'ancien abattoir héberge environ 100 demandeurs d'asile, originaires principalement du Tchad, du Mali et de Somalie, mais aussi de Géorgie, du Kosovo et d'autres pays d'Europe de l'Est. La plupart sont des hommes seuls, mais il y a aussi deux familles.

Dans ce bâtiment vide, froid, humide et infesté de rats, les tuyaux fuient et l'électricité fonctionne de manière sporadique. Il n'y a qu'un seul lavabo, deux robinets d'eau potable, aucune salle de bain et aucune cuisine. Les demandeurs d'asile dorment dans les anciennes chambres froides. Les autorités ont essayé de fermer le squat plusieurs fois. Ces images, prises par le photographe britannique Jason Tanner, montrent l'état épouvantable du bâtiment et représentent les personnes qui l'appellent leur « maison ».

Un « Hôtel » 0 étoile que les demandeurs d'asile appellent « maison » à Dijon

Depuis Paris avec affection, des jouets pour les enfants syriens

Chaque année, le Musée du Quai Branly à Paris organise une collecte de jouets auprès d'écoliers à Paris et, avec un peu d'aide du HCR et d'autres partenaires clés, les envoie aux enfants réfugiés qui ont tant perdu.

Cette année, les bénéficiaires étaient des dizaines d'enfants syriens vivant dans deux camps de réfugiés en Turquie, l'un des principaux pays d'accueil pour plus de 1,4 million de Syriens qui ont fui leur pays, avec ou sans leurs familles. La plupart des enfants sont traumatisés et ils ont perdu toutes leurs affaires dans les décombres en Syrie.

La semaine dernière, le personnel du musée, le HCR et la Fédération des Associations d'Anciens du Scoutisme ont rassemblé les jouets et les ont emballés dans 60 colis. Ces colis ont ensuite été transportés vers la Turquie par Aviation sans Frontières puis acheminés vers l'école maternelle et des garderies dans les camps de Nizip-1 et Nizip-2 près de la ville de Gaziantep.

Ce cadeau a été donné par des enfants grandissant paisiblement dans la capitale française. Les jouets ont apporté un rayon de soleil dans la vie de ces jeunes réfugiés syriens et leur rappelle qu'ils ne sont pas oubliés par d'autres enfants dans le monde extérieur.

Ces images de la distribution de jouets ont été prises par le photographe Aytac Akad et Selin Unal du HCR.

Depuis Paris avec affection, des jouets pour les enfants syriens

Dehors dans le froid à Calais

Un grand nombre de jeunes hommes et d'adolescents originaires d'Afghanistan, d'Erythrée, d'Iran, d'Iraq, de Somalie et du Soudan arrivent à Calais, une ville portuaire du nord de la France, après un long et dangereux périple. Certains ont fui leur pays pour échapper aux persécutions, au conflit ou à l'enrôlement forcé ; d'autres recherchent une vie meilleure. La ville de Calais est devenue un point de transit où des passeurs ont des réseaux établis qui amènent ces hommes vers d'autres pays européens. Les demandeurs d'asile et les migrants bâtissent des camps de fortune qui sont régulièrement rasés par la police française. Le plus souvent, ils doivent dormir en plein air et ils vivent dans la crainte constante d'une arrestation ou d'une expulsion. Le HCR a ouvert un bureau à Calais, dans le but d'informer les jeunes arrivants sur les procédures d'asile en France ainsi que d'autres aides disponibles.

Dehors dans le froid à Calais

Dehors dans le froid à CalaisPlay video

Dehors dans le froid à Calais

Malgré des températures négatives, des migrants et des demandeurs d'asile continuent à affluer vers la ville portuaire de Calais dans le nord de la France, avec l'objectif de traverser la Manche vers le Royaume-Uni. Certains sont originaires de zones de conflit et le HCR fait son possible pour qu'ils aient accès aux procédures d'asile. 02/02/2010