Conditions de vie difficiles pour les réfugiés rohingya dans les camps du Bangladesh

Articles d'actualité, 21 septembre 2005

© HCR/J.Pagonis
L'UNHCR a demandé en vain la permission d'améliorer les conditions d'accueil précaires des réfugiés rohingya du Myanmar dans les camps du Bangladesh.

COX'S BAZAR, Bangladesh, 21 septembre (UNHCR) Habillées de noir de la tête aux pieds, un voile cachant leurs visages, les femmes réfugiées rohingya dans les camps du Bangladesh glissent prudemment quelques papiers dans les mains des visiteurs, puis filent très vite, espérant n'être pas repérées. Ces quelques mots gribouillés révèlent un sort fait de punitions et de souffrance. Les réfugiés racontent avoir été battus, que des familles se sont vues confisquer leurs rations et qu'on leur a extorqué de l'argent, souvent d'ailleurs par les représentants des réfugiés eux-mêmes, que l'on appelle les Mahjees et leurs seconds.

« Nous savons que beaucoup de ces histoires sont véridiques, elles ont été portées à l'attention de l'administration du camp et du gouvernement plusieurs fois. Nous leur avons demandé de faire cesser de telles pratiques qui s'abattent sur des réfugiés déjà vulnérables », dit le délégué de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés au Bangladesh, Christopher Lee, qui dispose de preuves photographiques des mauvais traitements.

« Le travail de protection de l'UNHCR ici est extrêmement difficile. Dans les camps, nous faisons de notre mieux pour empêcher les punitions arbitraires, comme battre quelqu'un ou confisquer ses biens à une famille, des pratiques totalement inacceptables. Ils n'ont pas le droit d'interdire l'accès des réfugiés aux rations alimentaires », ajoute Christopher Lee. L'UNHCR assure une présence quotidienne avec les représentants du gouvernement lors de tournées dans les camps et enregistre beaucoup de demandes d'assistance de la part des réfugiés.

Les réfugiés sont totalement effrayés et traumatisés par certains incidents violents qui ont eu lieu l'année dernière, notamment le meurtre d'un Mahjee dans le camp de Nyapara en juillet soi-disant à la suite d'une dispute pour de l'argent et un autre incident en novembre 2004, lorsque trois réfugiés du camp de Kutupalong ont été tués après une lutte de pouvoir. Ces meurtres ont provoqué plusieurs arrestations et plusieurs centaines d'autres réfugiés ont fui le camp.

« Maintenant nous ne pouvons plus dormir tranquillement la nuit car la police fait des descentes toutes les nuits », a expliqué un réfugié, ne souhaitant pas être identifié.

Mais malgré une atmosphère très chargée, la plupart des réfugiés disent encore qu'ils ne veulent pas rentrer au Myanmar avant l'instauration de la paix et la démocratie.

Au début des années 90, plus de 250 000 personnes appartenant à la minorité musulmane rohingya ont échappé aux persécutions au Myanmar en fuyant par les frontières terrestres et fluviales vers le Bangladesh, où la plupart ont été accueillis dans une vingtaine de camps. Depuis, 236 000 personnes ont été rapatriées, quelque 20 500 autres sont restés dans deux camps gérés par le gouvernement, dans le district de Cox's Bazar au sud-est du Bangladesh. Leurs conditions de vie sont en-dessous du minimum acceptable pour un être humain et leur avenir est incertain.

Le gouvernement, qui n'est pas signataire de la Convention de 1951 sur les réfugiés, a toujours insisté sur le fait que les rohingyas devaient rentrer au Myanmar. Mais seulement 210 réfugiés ont été rapatriés en 2004 et, en août 2005, seuls 90 réfugiés ont profité du bateau de l'UNHCR pour traverser la rivière Naf et rejoindre le Myanmar. Quelques réfugiés ont été contraints à ce rapatriement par les Mahjees et les responsables du camp. Parfois, au dernier moment, lorsque les réfugiés arrivaient au point d'embarquement à Teknaf, ils changeaient d'avis et disaient ne plus vouloir rentrer au Myanmar. Leurs volontés ont été respectées et ils sont retournés dans le camp.

Les conditions de vie dans le camp sont difficiles. Les déplacements sont restreints, les logements des réfugiés sont surpeuplés et ont besoin d'importantes réparations. « Lorsqu'il pleut, les racines poussent et nous devons mettre nos bassines et nos jarres pour collecter l'eau des gouttières », dit une mère de 8 enfants. Pendant les deux dernières années, l'UNHCR a demandé au gouvernement les autorisations nécessaires pour reconstruire les hébergements dans les camps, mais sans succès jusqu'à présent.

Les enfants représentent 65 % de la population des camps, mais on ne peut faire grand-chose pour eux. Le gouvernement autorise seulement une éducation primaire partielle dans les camps. En plus de cela, l'éducation se fait en langue du Myanmar qui n'est pas la langue maternelle des enfants. Ils parlent le dialecte chittagong le même que la population locale.

Beaucoup d'entre eux parlent le bengali, la langue nationale du Bangladesh, mais les autorités ne veulent pas que les enfants soient éduqués en bengali, car elles considèrent que c'est un premier pas vers l'intégration dans leur pays d'asile. En conséquence, les espoirs des jeunes enfants qui voudraient bien devenir médecins et enseignants s'éloignent, dans la mesure où ils auront peu de chance de poursuivre leurs études. Le taux d'éducation dans les camps est de seulement 12 %.

Tandis que les réfugiés ont de bonnes raisons de se plaindre de leurs conditions de vie, les autorités locales sont convaincues que quelques-uns d'entre eux sont impliqués dans des activités criminelles telles que la traite d'êtres humains et d'armes, la contrebande de drogue et le terrorisme. Il n'y a pas eu de condamnation de justice sur ces charges d'accusation, et, malgré le fait qu'on les considère comme des repaires de criminels, le gouvernement veut toujours maintenir les camps.

Alors qu'il est strictement interdit d'en parler, les réfugiés des camps travaillent dans les communautés locales tirant des rickshaws, pêchant, fabriquant des briques et travaillant près des mines de sel. Quelques-uns d'entre eux se sont mariés dans les communautés locales, bien que cela soit désapprouvé par les autorités qui craignent que cela ne compromette les efforts de rapatriement.

« Beaucoup de ces personnes sont ici depuis 14 ans et il est grand temps d'avoir une approche réaliste de leur futur et d'essayer de trouver une solution pragmatique », indique Christopher Lee.

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Les déplacés tentent de survivre dans l'Etat de Rakhine au Myanmar

Une crise humanitaire s'est développée dans l'Etat de Rakhine au Myanmar, où quelque 115 000 personnes ont désespérément besoin d'aide après avoir été déplacées au cours de deux vagues de violence intercommunautaire successives en juin et en octobre 2012. Les personnes déplacées, dont la plupart sont des Rohingyas, ont trouvé refuge dans des camps provisoires et d'autres restent dispersées à travers l'Etat, vivant étroitement surveillées dans leurs villages détruits. Les conditions sont difficiles : les camps sont surpeuplés et certains sont même dépourvus d'installations d'assainissement, alors que de nombreux villages sont totalement détruits et ne disposent que de faibles ressources en eau. Dans l'un des villages, plus de 32 familles vivaient ensemble sous seulement deux grandes tentes. Les enfants n'ont pas accès à l'éducation. Les nouveau-nés et les personnes âgées sont très vulnérables en raison d'une pénurie de centres de soins. Le HCR distribue des articles de secours et travaille avec les autorités ainsi que les partenaires pour améliorer les conditions de vie dans les camps. Mais une aide internationale est nécessaire.

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Rapatriés au Myanmar

Au début des années 90, plus de 250 000 Rohingyas musulmans traversèrent la frontière du Myanmar pour venir se réfugier au Bangladesh, mettant en cause des violations de droits humains perpétrés par le gouvernement militaire de leur pays. En exil, ils furent accueillis dans une vingtaine de camps situés dans la région de Cox's Bazaar au Bangladesh. Plus de 230 0000 de ces réfugiés sont rentrés chez eux depuis 1992, mais il en subsiste encore environ 22 000 dans les camps. L'UNHCR travaille en collaboration avec des ONG pour garantir la stabilité dans les communautés de rapatriés, en les aidant à se réintégrer au mieux dans leur pays. L'UNHCR fournit une présence itinérante sur le terrain, assure la protection et la sécurité des rapatriés et offre enfin des programmes d'éducation primaire et pour adultes, des projets générateurs de revenus et des formations professionnelles.

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Réfugiés du Myanmar

Au cours des derniers mois, plus de 2 000 réfugiés originaires du Myanmar sont arrivés dans le nord de la Thaïlande. Ils disent fuir la reprise du conflit et les violations des droits humains dans l'Etat de Kayin au Myanmar. Les réfugiés, qui appartiennent principalement à l'ethnie Karen, disent que leurs maisons et leurs villages ont été brûlés et que des civils ont été tués. Beaucoup sont en très mauvaise santé et souffrent de maladies telles que le paludisme après un voyage long et dangereux vers les camps à travers des zones extrêmement minées. Les réfugiés arrivent dans des camps gérés par le gouvernement, principalement dans la région de Mae Hong Son, au nord de la Thaïlande.

L'UNHCR travaille avec le gouvernement thaïlandais et les organisations non gouvernementales pour s'assurer que les nouveaux arrivants sont admis dans les camps et qu'ils reçoivent l'hébergement et la protection adéquats. L'hébergement est une préoccupation majeure car certains camps de réfugiés sont surchargés. Lors d'une réunion à la mi-mai, les autorités thaïlandaises ont donné leur accord pour la construction de maisons en matériaux plus résistants afin d'y installer les nouveaux arrivants.

Actuellement 140 000 réfugiés originaires du Myanmar vivent en Thaïlande dans neuf camps situés près de la frontière, beaucoup d'entre eux sont là depuis plus de 20 ans.

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Ni Ang, âgée de 16 ans, parcourt le marché de nuit à Delhi pour trouver de la nourriture pour elle et ses trois frères et soeurs. Ces enfants non accompagnés luttent pour leur survie en Inde après avoir fui leur village au Myanmar.