Le passé est un pays étranger pour certains réfugiés burundais

Articles d'actualité, 7 mai 2009

© HCR/B.Bannon
Ogeste travaille sa terre et il aspire à un avenir heureux en tant que Tanzanien.

MISHAMO, Tanzanie, 7 mai (HCR) Ogeste Gelevasi est assis devant son humble maison, il regarde des champs de manioc et de tabac avec un large sourire. Il se sent chez lui dans l'ouest de la Tanzanie, après y avoir passé près de 40 ans en tant que réfugié depuis le Burundi voisin.

Pour Ogeste, le Burundi qu'il a fui à l'âge de deux ans est un pays étranger, c'est pourquoi il a décidé d'accepter une offre faisant date du gouvernement concernant l'installation en Tanzanie et l'octroi de la citoyenneté, tout comme environ 165 000 autres Burundais arrivés en 1972 vivant à Mishamo et dans deux autres « anciennes zones d'installation ».

Ces réfugiés sont connus sous le nom de « Burundais arrivés en 1972 » car eux ou leurs parents ont fui le Burundi cette année-là. Quelque 55 000 d'entre eux ont choisi de rentrer dans leur pays, dans le cadre d'un programme lancé en 2008 et qui devrait s'achever cette année. Cette semaine, le HCR a lancé un appel de fonds additionnel après la révision de son budget pour le volet 2009 du programme de rapatriement et d'intégration, un budget qui s'élevait à 12,7 millions de dollars et dont le montant est maintenant de 28,2 millions de dollars.

« Nous sommes habitués à la vie en Tanzanie », a récemment expliqué Ogeste à des visiteurs du HCR dans sa hutte au toit de chaume à Mishamo. « Ce pays nous a donné un carré de terre à cultiver ; il nous a donné un endroit où nous pouvions vivre.... Après avoir eu le choix entre les deux pays, nous avons décidé de rester en Tanzanie. »

Ogeste, âgé de 39 ans, a fui la Tanzanie en 1972 et il a vécu à Mishamo depuis lors. Sa femme, Janet, et leurs trois enfants sont tous nés en Tanzanie, où ils ont grandi.

Certains de leurs amis ont décidé de rentrer, toutefois la majorité des Burundais de Mishamo et des « anciennes zones d'installation » d'Ulyankulu et de Katumba veulent rester dans le pays qui leur a offert un refuge après les horreurs que leur pays a subies.

« Elia, l'un de mes bons amis que je connais depuis longtemps, rentre avec sa famille. Il dit qu'il veut travailler dur là-bas avec ses enfants et reconstruire le pays qu'il a quitté. Il va me manquer ici », a expliqué Ogeste.

Impatient de devenir un citoyen tanzanien, Ogeste a passé en revue sa vie de réfugié. Il a commencé à travailler alors qu'il était encore à l'école et il est devenu fermier et commerçant, il y a des années. Sa vie est similaire à celle des Tanzaniens des villages voisins.

« Quand j'ai commencé cette vie, c'était dur. J'ai travaillé en tant que pêcheur pendant un an et j'ai épargné suffisamment d'argent pour commencer à travailler à la ferme et pour me marier. Plus tard, j'ai créé un petit magasin, mais j'ai aussi continué à être fermier. Maintenant la vie est facile nous avons des vêtements, nous mangeons et nous dormons bien », a expliqué Ogeste.

Devenir un citoyen tanzanien créera un immense élan psychologique et cela pourrait l'aider à améliorer ses perspectives d'avenir. Il prévoit de voyager désormais à travers le pays et de rechercher de nouvelles affaires à développer. « Nous espérons que dès que nous serons devenus des citoyens tanzaniens, nous pourrons avoir une vie encore plus remplie », a-t-il ajouté.

Emmanuel Bilengeko, un voisin d'Ogeste, en convient : « Aujourd'hui, nous choisissons la naturalisation car il fait bon vivre dans ce pays et les gens ici nous apprécient. »

Bientôt, des gens comme Ogeste et Emmanuel quitteront les anciennes zones d'installation et ils trouveront de nouvelles maisons parmi d'autres citoyens tanzaniens à travers le pays. Le HCR et la communauté internationale seront toujours présents pour aider le Gouvernement tanzanien à assurer que leur intégration se déroule paisiblement et durablement.

Par Brendan Bannon à Mishamo et Eveline Wolfcarius à Dar Es Salaam, Tanzanie

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