Le pont aérien du HCR vers le Sri Lanka se poursuit

Articles d'actualité, 28 avril 2009

© HCR/Z.Sinclair
Des civils déplacés sri lankais dans un site spécialement aménagé, près de la ville de Vavuniya ce week-end.

GENEVE, 28 avril (HCR) L'agence des Nations Unies pour les réfugiés poursuit ses efforts de réponse à la situation d'urgence à Sri Lanka mardi, alors que des dizaines de milliers de personnes continuent à fuir la zone de conflit dans le nord-est.

« Nous avons confirmé qu'à ce jour, quelque 160 000 personnes ont été déplacées par les combats vers des zones sous contrôle gouvernemental, dont plus de 140 000 sont hébergées dans 32 sites à Vavuniya, 11 000 autres à Jaffna et quelque 5 000 à Trincomalee », a expliqué William Spindler, porte-parole du HCR, aux journalistes à Genève, faisant référence à trois districts situés dans le nord du pays.

Lundi, le HCR a débuté un pont aérien humanitaire pour aider les personnes déplacées à Sri Lanka, avec l'atterrissage du premier avion transportant quelque 3 000 tentes familiales depuis le stock du HCR de Dubaï. Un second vol humanitaire, un Boeing 777 transportant 103 tonnes d'articles d'aide, a atterri tôt ce matin à Colombo.

« Nous avons déjà acheminé par le pont aérien quelque 5 000 tentes familiales et un grand nombre d'articles de secours. Tous ces biens de secours seront transportés pour une distribution immédiate dans le nord, où le HCR en a déjà distribué par dizaines de milliers », a expliqué William Spindler.

Le HCR déploie également du personnel supplémentaire pour mener des contrôles de la protection dans des sites accueillant des personnes déplacées. Avec ses partenaires, l'organisation procède au montage de tentes légères pour augmenter la capacité d'hébergement de ces sites.

Le personnel du HCR sur le terrain rapporte que la situation actuelle dans le nord est critique. Les conditions de vie sur les sites ont atteint le point de rupture, mettant à rude épreuve les services humanitaires disponibles. Les personnes sans abri vivent en plein air sous le soleil brûlant et dans une chaleur étouffante.

« Nous avons reçu des informations répétées faisant état d'agressions physiques commises contre des hommes et des femmes fuyant vers des zones sous contrôle gouvernemental », a par ailleurs expliqué William Spindler, ajoutant : « Nous rappelons au gouvernement ses responsabilités envers la population civile et son devoir d'assurer la protection de ses propres citoyens. Nous demandons expressément que toutes les mesures nécessaires soient prises pour enquêter sur ces incidents et que les auteurs soient traduits en justice. »

Les travailleurs humanitaires font également état d'une surpopulation, de malnutrition, de déshydratation et du nombre limité d'installations médicales. L'aide alimentaire manque et les distributions sont retardées. Ces problèmes, combinés avec une pénurie de systèmes d'assainissement et de distribution d'eau sur les sites, accélèrent la dégradation de la situation sanitaire.

Le HCR appelle le Gouvernement sri-lankais à fournir davantage de moyens pour répondre à l'urgence et à rendre immédiatement disponible tous les bâtiments publics et les terrains viables pour l'hébergement d'un très grand nombre de civils ayant désespérément besoin d'assistance.

« Nous appelons également le gouvernement à faire immédiatement le nécessaire pour séparer les ex-combattants de la population civile et les héberger dans des installations différentes où ils peuvent bénéficier d'une réhabilitation dans le respect des standards internationaux », a expliqué William Spindler.

Bien qu'un grand nombre de civils fuient la zone de conflit, des centaines de combattants du groupe rebelle des Tigres de libération de l'Eelam tamoul et des dizaines de milliers de civils seraient bloqués dans l'étroite région côtière de Mullaitivu.

Le Haut Commissaire António Guterres a autorisé une dépense supplémentaire de deux millions de dollars pour les opérations au Sri Lanka. Les fonds supplémentaires permettront de fournir hébergement, protection et toute autre forme d'assistance aux civils fuyant la zone de conflit au nord. Le HCR révise son appel actuel pour le Sri Lanka, et augmente son budget s'élevant désormais à 16,6 millions de dollars pour les personnes déplacées internes au Sri Lanka.

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L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

À Sri Lanka, le pittoresque « pays des collines » est parsemé de centaines de plantations de thé. La plupart des gens qui y travaillent sont des descendants de Tamouls venus d'Inde entre 1820 et 1840, à l'époque où l'île était une colonie britannique. Les « Tamouls des collines » ont contribué, dans des proportions considérables, à la prospérité économique de Sri Lanka pendant près de deux siècles ; pourtant, jusqu'à une époque très récente, la législation draconienne du pays sur la nationalité rendait leur accession à la citoyenneté presque impossible. Dépourvus de papiers, ils ne pouvaient voter, travailler dans la fonction publique, ouvrir un compte en banque ou voyager librement.

Par le passé, les Tamouls des collines ont fait l'objet d'un certain nombre d'accords bilatéraux qui leur donnaient la possibilité d'opter pour la nationalité sri-lankaise ou la nationalité indienne. Cependant, selon les estimations, il y avait encore 300 000 apatrides d'origine indienne dans l'île en 2003.

La situation s'est très sensiblement améliorée lorsque le Parlement a voté, en octobre de la même année, une loi accordant la nationalité aux personnes d'origine indienne établies à Sri Lanka depuis 1964, ainsi qu'à leurs descendants. Le HCR, les pouvoirs publics et des organisations locales ont mené une campagne pour informer les Tamouls des collines de la publication de la loi et des démarches à accomplir pour acquérir la nationalité. À la fin de l'année 2003, plus de 190 000 apatrides ont obtenu la nationalité sri-lankaise en dix jours - une extraordinaire réussite, qui s'inscrit dans l'effort mené à l'échelle mondiale pour réduire les cas d'apatridie.

De plus, en 2009, le parlement a amendé la réglementation existante, afin d'accorder la nationalité aux personnes qui se sont réfugiées en Inde pour échapper au conflit qui sévissait à Sri Lanka et qui vivent actuellement dans des camps. Il est donc plus facile aux réfugiés de regagner leur pays s'ils le souhaitent.

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Sri Lanka

Durant les 20 années de guerre civile au Sri Lanka, plus d'un million de personnes ont été déracinées, forcées de fuir leur foyer, souvent plus d'une fois. Pour beaucoup d'entre elles qui ne pouvaient trouver abri chez des parents ou des amis, les centres de secours gérés par le HCR ou le gouvernement ont été le seul recours.

En Février 2002, le gouvernement du Sri Lanka et l'Armée de libération des Tigres Tamouls (LTTE) ont signé un accord de cessez-le-feu et entamé une série de négociations devant engendrer une paix durable. À la fin de l'année 2003, plus de 300 000 personnes déplacées étaient déjà retournées dans leurs villes et villages largement dévastés.

Dans le cadre de ces retours, le HCR fournit une protection physique et juridique aux civils affectés par la guerre, tout en finançant une série de projets dans des domaines aussi variés que le logement, la santé, les installations sanitaires ainsi que divers services communautaires et projets générateurs de revenus.

Sri Lanka

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Pour la première fois depuis de nombreuses années, des réfugiés sri-lankais quittent l'Inde en ferry pour rentrer chez eux.