Le HCR intensifie ses opérations à Sri Lanka

Articles d'actualité, 24 avril 2009

© Reuters/Sri Lankan Government
Cette photo, publiée par les militaires sri lankais, confirme les informations faisant état de milliers de personnes fuyant la zone tenue par les Tigres de libération de l'Eelam tamoul dans le nord-est de Sri Lanka.

COLOMBO, Sri Lanka, 24 avril (HCR) Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés se prépare, ce vendredi, à intensifier ses opérations humanitaires déjà importantes à Sri Lanka afin de répondre aux besoins de dizaines de milliers de personnes déplacées par les récents affrontements au nord-est du pays.

Les plans prévoient un pont aérien de 5 000 tentes familiales et d'autres articles de secours prélevés sur le stock régional du HCR à Dubaï et acheminés à Colombo, la capitale de Sri Lanka. Le pont aérien devrait commencer dès ce week-end. Une équipe d'urgence du HCR est déjà dépêchée sur les lieux, la deuxième en deux mois.

Le HCR accroît également son budget de 35 % pour les opérations à Sri Lanka afin de porter secours aux déplacés internes, de leur fournir des abris, une protection et d'autres secours aux civils fuyant la zone de conflit. Les fonds additionnels nécessaires pour recueillir la dotation budgétaire totale de 16,6 millions de dollars seront sollicités auprès des gouvernements et des donateurs privés.

Cette décision fait suite à l'escalade dramatique des hostilités entre les forces gouvernementales et les rebelles tamouls ces derniers jours alors que le gouvernement s'efforce de briser la résistance des rebelles dans le district côtier de Mullaitivu.

De source gouvernementale, plus de 100 000 personnes auraient quitté les zones de conflit depuis le 20 avril. Quelque 35 000 personnes étaient déjà arrivées dans les camps ce vendredi. Pour la seule journée de jeudi, 11 000 personnes sont arrivées dans la province de Vavuniya, jouxtant la zone de conflit.

Le pont aérien prévu par le HCR acheminera 210 tonnes de tentes légères depuis Dubaï vers Sri Lanka dans 38 camps dans et autour de Vavuniya, Jaffna, Trincomalee. La surpopulation dans les camps se fait de plus en plus préoccupante. Sur un site, Menik Farm, 8 à 10 personnes partagent un abri initialement conçu pour 4 ou 5. De nombreux déplacés internes dans les camps n'ont rien pour se protéger d'une chaleur torride.

« Nous travaillons avec les partenaires pour fournir un appui pour l'hébergement d'urgence et la distribution d'articles de secours non alimentaires tout en menant des contrôles en matière de protection dans les sites de transit et ceux accueillant des déplacés internes », a expliqué Andrej Mahecic, porte-parole du HCR aux journalistes vendredi matin à Genève.

Le HCR demande au gouvernement d'allouer davantage de terres pour la construction d'abris d'urgence et l'aménagement d'infrastructures en eau et en assainissement. Il a également exhorté le gouvernement à aménager des abris dans les établissements publics.

Les travailleurs humanitaires font également état de problèmes croissants de malnutrition, d'une pénurie de moyens de transport afin d'acheminer les malades vers les hôpitaux et d'un manque de personnel médical. Certaines des personnes déplacées n'ont pas mangé depuis plusieurs jours.

Le HCR dirige les efforts pour fournir des abris aux personnes déplacées par le conflit. Il coordonne également la distribution des articles non alimentaires et supervise les activités visant à assurer leur sécurité.

La surpopulation reste une préoccupation majeure dans tous les sites de déplacés internes, compte tenu notamment du très grand nombre de déplacés internes présents à Vavuniya. Avec des dizaines de milliers de personnes déplacées attendues dans les tout prochains jours, le HCR demande au gouvernement d'accélérer le processus d'identification de sites supplémentaires pour les nouveaux arrivants.

L'agence appelle également le gouvernement à permettre aux partenaires un accès sans restriction aux sites pour mener à bien le travail humanitaire. Tout échec pourrait avoir un impact sur les services qui sont déjà extrêmement sollicités sur les sites.

Le HCR demeure toujours extrêmement inquiet pour les quelque 50 000 personnes qui sont toujours piégées dans la zone de conflit où les combats s'intensifient. « Nous lançons un appel pressant au gouvernement pour qu'il agisse avec une extrême vigilance dans ses actions militaires et nous appelons le LTTE à permettre aux personnes déplacées de quitter la zone immédiatement », a indiqué Andrej Mahecic à Genève.

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L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

À Sri Lanka, le pittoresque « pays des collines » est parsemé de centaines de plantations de thé. La plupart des gens qui y travaillent sont des descendants de Tamouls venus d'Inde entre 1820 et 1840, à l'époque où l'île était une colonie britannique. Les « Tamouls des collines » ont contribué, dans des proportions considérables, à la prospérité économique de Sri Lanka pendant près de deux siècles ; pourtant, jusqu'à une époque très récente, la législation draconienne du pays sur la nationalité rendait leur accession à la citoyenneté presque impossible. Dépourvus de papiers, ils ne pouvaient voter, travailler dans la fonction publique, ouvrir un compte en banque ou voyager librement.

Par le passé, les Tamouls des collines ont fait l'objet d'un certain nombre d'accords bilatéraux qui leur donnaient la possibilité d'opter pour la nationalité sri-lankaise ou la nationalité indienne. Cependant, selon les estimations, il y avait encore 300 000 apatrides d'origine indienne dans l'île en 2003.

La situation s'est très sensiblement améliorée lorsque le Parlement a voté, en octobre de la même année, une loi accordant la nationalité aux personnes d'origine indienne établies à Sri Lanka depuis 1964, ainsi qu'à leurs descendants. Le HCR, les pouvoirs publics et des organisations locales ont mené une campagne pour informer les Tamouls des collines de la publication de la loi et des démarches à accomplir pour acquérir la nationalité. À la fin de l'année 2003, plus de 190 000 apatrides ont obtenu la nationalité sri-lankaise en dix jours - une extraordinaire réussite, qui s'inscrit dans l'effort mené à l'échelle mondiale pour réduire les cas d'apatridie.

De plus, en 2009, le parlement a amendé la réglementation existante, afin d'accorder la nationalité aux personnes qui se sont réfugiées en Inde pour échapper au conflit qui sévissait à Sri Lanka et qui vivent actuellement dans des camps. Il est donc plus facile aux réfugiés de regagner leur pays s'ils le souhaitent.

L'apatridie à Sri Lanka : les « Tamouls des collines »

Sri Lanka

Durant les 20 années de guerre civile au Sri Lanka, plus d'un million de personnes ont été déracinées, forcées de fuir leur foyer, souvent plus d'une fois. Pour beaucoup d'entre elles qui ne pouvaient trouver abri chez des parents ou des amis, les centres de secours gérés par le HCR ou le gouvernement ont été le seul recours.

En Février 2002, le gouvernement du Sri Lanka et l'Armée de libération des Tigres Tamouls (LTTE) ont signé un accord de cessez-le-feu et entamé une série de négociations devant engendrer une paix durable. À la fin de l'année 2003, plus de 300 000 personnes déplacées étaient déjà retournées dans leurs villes et villages largement dévastés.

Dans le cadre de ces retours, le HCR fournit une protection physique et juridique aux civils affectés par la guerre, tout en finançant une série de projets dans des domaines aussi variés que le logement, la santé, les installations sanitaires ainsi que divers services communautaires et projets générateurs de revenus.

Sri Lanka

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Pour la première fois depuis de nombreuses années, des réfugiés sri-lankais quittent l'Inde en ferry pour rentrer chez eux.