Traite d'êtres humains : 35 personnes ont péri noyées au large du Yémen

Articles d'actualité, 23 avril 2009

© HCR/A.Fazzina
Des hommes et des femmes se ruent vers des bateaux de passeurs, près de Bossasso, pour traverser le golfe d'Aden.

ADEN, Yémen, 23 avril (HCR) Trente-cinq personnes se sont noyées après que l'un des deux bateaux de passeurs transportant au total plus de 220 passagers dans le golfe d'Aden depuis la Somalie ait chaviré mercredi, non loin des côtes du Yémen dans la région d'Abyan.

« C'est l'un des pires accidents survenus dans le golfe d'Aden ces derniers mois », a expliqué Leila Nassif, chef du bureau du HCR à Aden. « Malheureusement, de plus en plus de gens sont à ce point désespérés dans leurs pays d'origine qu'ils sont prêts à mettre leur vie en danger pour changer leur situation. »

Le bateau impropre à la navigation a quitté lundi les environs de Bossasso, dans la région du Puntland située au nord de la Somalie et elle a sombré mercredi à 250 kilomètres à l'est du port yéménite d'Aden.

Jeudi midi, 35 corps ont été retrouvés par une agence partenaire du HCR, The Society of Human Solidarity (SHS). Les autres passagers auraient réussi à rejoindre la côte, ainsi que 105 personnes qui étaient à bord de la seconde embarcation.

Au total 165 personnes ont été transférées peu après au centre de réception d'Ahwar géré par le HCR. Parmi les survivants, se trouvait un petit garçon somalien âgé de huit ans dont la mère s'est noyée, a indiqué la SHS. Les survivants ont reçu de l'eau et de la nourriture avant d'être transférés vers Ahwar pour bénéficier d'une assistance et être enregistrés.

Cette année, 387 bateaux et 19 622 personnes sont déjà arrivés au Yémen après avoir effectué la traversée périlleuse du golfe d'Aden depuis la corne de l'Afrique. Au total, 131 personnes ont trouvé la mort et au moins 66 autres sont portées disparues en mer.

Ceux qui entreprennent cette traversée fuient une situation désespérée résultant de la guerre civile, de l'instabilité politique, de la pauvreté et de la famine en Somalie et dans la corne de l'Afrique.

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Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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