Monaco aide des enfants réfugiés malades en Syrie

Articles d'actualité, 3 mars 2009

© HCR/J.Wreford
Des réfugiés dans un centre de santé à Damas. Monaco aide des enfants réfugiés atteints de maladies graves en Syrie.

DAMAS, Syrie, 3 mars (UNHCR) Deux enfant réfugiés iraquiens atteints de maladies graves devraient être évacués à Monaco pour y être opérés cet été, dans le cadre d'un projet lancé à l'occasion de la célébration du 50ème anniversaire du Prince Albert II.

Ces deux enfants font partie d'un groupe d'enfants qui ont été examinés à Damas la semaine dernière par deux chirurgiens monégasques, François Bourlon, un cardiologue, et Tristan Lascar, un chirurgien orthopédique. Leur mission a été rendue possible grâce à l'aide de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et du Gouvernement monégasque.

Sur place, le personnel du HCR en charge de la santé des réfugiés, avec les services sociaux syriens, ont préparé une liste d'environ 30 enfants réfugiés, notamment des Somaliens et des Iraquiens, ayant besoin d'urgence de soins médicaux qui ne peuvent pas être assurés en Syrie. Les médecins ont examiné à la clinique Al-Zahera 10 enfants souffrant de maladies cardiologiques ou orthopédiques, et ils en ont identifié trois comme étant des cas prioritaires.

Deux de ces trois enfants, âgés de huit ans et de trois ans, seront évacués à Monaco cette année, alors que le troisième pourrait être opéré sur place à la clinique, qui deviendra bientôt le plus grand hôpital pédiatrique en Syrie.

Les deux enfants, dont l'un a besoin d'une opération à cœur ouvert, seront évacués à Monaco par une organisation non gouvernementale française, Aviation sans Frontières, qui travaille aussi avec le HCR dans le cadre de programmes de réinstallation. Une fois arrivés dans la Principauté, les jeunes patients seront accueillis par des familles locales, et ils resteront en contact régulier avec leurs parents restés en Syrie.

Adam Musa, chargé de santé publique pour le HCR en Syrie, a indiqué qu'il faudrait déployer des trésors de persuasion pour convaincre les parents de laisser partir les enfants. Les deux chirurgiens ont expliqué qu'ils étaient prêts à retourner à Damas en Syrie pour effectuer d'autres consultations et pour opérer des enfants réfugiés souffrant de pathologies relevant de leur spécialité médicale.

Ils ont aussi indiqué qu'ils étaient heureux de partager leurs connaissances avec des collègues syriens, qui pourraient ainsi aider davantage d'enfants à l'avenir. « Nous avons rencontré une bonne équipe médicale, et nous avons très rapidement trouvé un langage commun pour partager notre savoir avec nos confrères syriens », a indiqué le docteur Bourlon, ajoutant que les dossiers médicaux présentent de bons diagnostics qui permettront à l'avenir, depuis Monaco, de pouvoir identifier les enfants ayant besoin d'aide.

Ce programme d'évacuation médicale démarre près d'un an après que divers organismes de charité aient célébré le 50ème anniversaire du Prince Albert en collectant des fonds permettant l'évacuation médicale d'enfants malades depuis des pays pauvres pour être opérés à Monaco.

Par ailleurs, l'année dernière, le prince a indiqué qu'il souhaiterait renforcer les liens au niveau politique et humanitaire entre Monaco et l'agence des Nations Unies pour les réfugiés.

La Principauté de Monaco, située sur la Côte d'Azur en France, est la seconde plus petite nation indépendante au monde. Sa surface est de 196 hectares et environ 32 000 personnes y habitent, ce qui en fait l'un des pays les plus densément peuplés au monde.

Par Marie-Ange Lescure à Damas, Syrie

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L'histoire de Jihan

Comme des millions d'autres, Jihan, 34 ans, était prête à tout pour échapper à la guerre sévissant en Syrie et pour mettre sa famille en sécurité. Contrairement à la plupart, Jihan est aveugle.

Il y a neuf mois, elle a fui Damas avec Ashraf, son mari âgé de 35 ans, qui est également en train de perdre la vue. Avec leurs deux fils, ils se sont rendus en Turquie par la mer Méditerranée, à bord d'un bateau avec 40 autres personnes. Ils espéraient que le voyage ne durerait huit heures. Ils n'avaient aucune garantie d'arriver sains et saufs.

Après une périlleuse traversée qui aura duré 45 heures, la famille est enfin arrivée à Milos, une île grecque de la mer Egée, à des kilomètres de la destination qui était prévue. Sans aucun soutien ni aucune assistance, ils ont dû se débrouiller pour se rendre à Athènes.

La police les a détenus pendant quatre jours à leur arrivée. On leur a demandé de rester hors d'Athènes, ainsi que trois autres villes grecques, en les laissant à l'abandon.

Démunis et épuisés, la famille a été contrainte de se séparer. Ashraf est parti vers le nord en quête d'asile et Jihan s'est rendue à Lavrion avec ses deux enfants, une installation informelle à une heure de route de la capitale grecque.

Aujourd'hui, Jihan est impatiente de retrouver son mari qui, entre temps, a obtenu le statut de réfugié au Danemark. La chambre qu'elle partage avec ses deux fils, Ahmed, 5 ans, et Mohammad, 7 ans, est minuscule, et elle s'inquiète pour leur éducation. Sans greffe de la cornée, une chirurgie très complexe dont elle a besoin d'urgence, son oeil gauche se fermera à jamais.

« Nous sommes venus ici en quête d'une vie meilleure et pour trouver des personnes qui seraient plus à même de comprendre notre situation », explique-t-elle d'un air triste. « Je suis tellement en colère quand je vois qu'ils ne comprennent pas. »

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Une simple tente pour commencer : un enseignant syrien ouvre une école en Jordanie

Dans la zone semi-rurale de Kherbet Al-Souk, dans la banlieue d'Amman, des réfugiés syriens qui n'avaient pas pu inscrire leurs enfants dans des écoles publiques surpeuplées ont pris les choses en mains. Ils ont ouvert eux-mêmes une petite école dans leur installation spontanée comptant environ 500 réfugiés. Les familles vivaient dans les camps de Za'atri ou d'Al-Aghwar, mais ils ont déménagé pour se rapprocher de leurs proches et accéder aux services essentiels dans la capitale. Assurer l'éducation à tous les enfants réfugiés en Jordanie est difficile pour le gouvernement et ses partenaires, y compris le HCR. Selon les Nations Unies, plus de la moitié de tous les enfants réfugiés syriens en Jordanie ne sont pas scolarisés. A Kherbet Al-Souk, l'école gérée par les réfugiés se compose d'une grande tente où les élèves sont assis à même le sol avec leurs manuels. Ils suivent les cours tous ensemble avec les plus jeunes d'entre eux aux premiers rangs. Avant, ils passaient beaucoup de temps à jouer, mais ils n'apprenaient rien. Un réfugié, Djamal, a décidé de faire quelque chose. Le photographe Shawn Baldwin a rencontré Djamal et s'est rendu dans cette école sous tente. Voici quelques-unes de ses photos.

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Un visage parmi un million d'autres : les difficultés des réfugiés syriens au Liban

Ils sont partout au Liban - un million de réfugiés syriens, dans un pays de 4,8 millions d'habitants. Il n'y a pas de camps de réfugiés au Liban. La plupart des réfugiés louent des appartements, tandis que les autres vivent dans des abris de fortune, des garages, des usines et des prisons. Trois ans après le début de la crise en Syrie, le Liban est devenu le pays au monde hébergeant la plus forte densité de réfugiés par habitant. Le Liban tente de faire face. Le montant des loyers a grimpé en flèche, les logements se font rares ; le prix des denrées augmente. Pendant ce temps, une génération pourrait être sacrifiée. La moitié des réfugiés syriens sont des enfants ; la plupart ne vont pas à l'école. Beaucoup travaillent pour aider leurs familles à survivre. Certains se marient jeunes, d'autres mendient pour gagner un peu d'argent. Pourtant, ils ont tous les mêmes rêves d'éducation.

Dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, beaucoup de Syriens vivent dans le district d'Al Tanak, surnommé « Tin City » (« ville de tôle »). Longtemps habité par les populations pauvres de la ville, ce quartier est désormais une banlieue surréaliste - des tas d'ordures d'un côté, une grande roue de l'autre. Les habitants cohabitent avec les rats. « Ils sont gros comme des chats », déclare l'un d'eux. « Ils n'ont pas peur de nous, c'est nous qui avons peur d'eux ».

La photo-journaliste plusieurs fois primée, Lynsey Addario, a visité la « ville de tôle » et d'autres régions du Liban avec le HCR pour montrer les visages et faire connaître les souffrances des Syriens dans le monde. A travers ses publications dans le New York Times et National Geographic, Lynsey Addario a mis en lumière les victimes des conflits et les violations des droits dans le monde, en particulier les femmes.

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L'année dernière, plus de 13 000 personnes sont arrivées à Lampedusa en Italie. Beaucoup d'autres sont mortes durant la tentative de traversée. De jeunes hommes originaires du continent africain aux familles syriennes…. Tous partagent le même rêve…. de sécurité et de stabilité en Europe.
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Plus de 10 000 réfugiés syriens ont afflué vers la ville d'Akcakale au sud de la Turquie. Akcakale est une ville de 30 000 habitants, qui est désormais voisine d'un camp de plus de 30 000 réfugiés syriens qui sont arrivés en quête de sécurité.