Des réfugiés rejoignent un club de football brésilien

Articles d'actualité, 10 mars 2009

© HCR/L.F.Godinho
Ali Abu Taha (au centre) à l'entraînement avec ses collègues du Brazsat, un club de football de Brasilia.

BRASILIA, Brésil, 10 mars (HCR) Ali Abu Taha a bien réussi depuis l'année dernière. Il est devenu le premier Palestinien à jouer dans une équipe professionnelle de football et il pourrait être prochainement rejoint par d'autres jeunes réfugiés, arrivés eux aussi au Brésil dans le cadre d'un programme de réinstallation financé par le HCR.

Ce joueur âgé de 19 ans est né en Iraq et il a vécu dans un camp de réfugiés situé dans le désert jordanien durant des mois. Il a été recruté par le club Brazsat, un club de seconde division dans le championnat brésilien. L'équipe gère actuellement un programme visant à promouvoir le football et d'autres sports comme outils de protection et d'intégration locale pour les jeunes réfugiés au Brésil.

Des représentants officiels de l'équipe ont indiqué que d'autres réfugiés pourraient être recrutés, en fonction de leurs résultats à des examens techniques et médicaux. « C'est une activité pionnière au Brésil visant à favoriser l'intégration. Le football étant un sport très populaire au Brésil, il permet aux réfugiés de s'adapter à la culture brésilienne », a expliqué Javier Lopez-Cifuentes, le délégué du HCR au Brésil.

Ali Abu Taha a développé ses talents de joueur durant les quatre ans qu'il a passés avec sa famille dans le camp de Ruweished en Jordanie, après avoir fui des violences, des menaces et des intimidations accrues dont faisait l'objet la communauté palestinienne de Bagdad, autrefois prospère. « Nous avions l'habitude de jouer pour le plaisir. Nous n'avions ni équipement ni crampons, juste un ballon », s'est-il rappelé.

Sa vie a définitivement changé en septembre 2007 lorsqu'avec sa famille, il a fait partie du premier groupe de plus de 100 Palestiniens à être accepté pour une réinstallation au Brésil. Ils ont voyagé en avion jusqu'à la ville de Mogi das Cruzes, mais Ali a depuis déménagé dans un appartement à Brasilia, plus proche de son club, alors que sa famille réside dans l'Etat de São Paulo.

Il s'entraîne à un rythme soutenu avec ses nouveaux équipiers, car il est déterminé à accéder au plus haut niveau. « Je suis dans de meilleures conditions physiques et je travaille dur, pour préparer mon avenir », a confié Ali aux visiteurs du HCR, en ajoutant qu'il apprenait aussi le portugais. « Je me sens bien mieux et je me suis fait de très bons amis [brésiliens]. »

Le personnel et la direction du Brazsat sont heureux d'avoir recruté leur premier joueur palestinien et arabe. Ils estiment qu'il a ce qu'il faut pour jouer un jour dans l'équipe nationale de son nouveau pays. « Il est un exemple pour nous tous », a dit Alexsander Gomes, le directeur technique de l'équipe, qui a fait l'éloge des qualités physiques et techniques d'Ali.

« Nous sommes très fiers de lui et nous sommes aussi très heureux d'être le premier club de football professionnel à avoir recruté un joueur réfugié », a expliqué João Gilberto Vaz, le président.

De retour sur le terrain, Ali a réfléchi à son avenir. « J'avais prévu de retourner à l'école pour étudier le droit, mais je réalise maintenant mon rêve d'être footballeur au Brésil. » Et pourquoi ne deviendrait-il pas l'année prochaine le premier Palestinien à marquer un but pour le Brésil, en finale de la Coupe du monde en Afrique du Sud ?

Par Luiz Fernando Godinho et Valéria Graziano à Brasilia, Brésil

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Evaluer les besoins des réfugiés au Brésil

Le personnel du HCR a rendu visite et s'est entretenu avec des réfugiés vivant en milieu urbain au Brésil pour évaluer leurs besoins en matière de protection ainsi que ceux d'autres personnes relevant de la compétence du HCR. L'agence pour les réfugiés, conjointement avec des partenaires locaux, mène chaque année cette Evaluation concertée des besoins. Le HCR procède à une approche basée sur l'Intégration de critères d'âge, de genre et de diversité, avec également la participation de minorités et de groupes vulnérables, y compris des femmes, des personnes âgées, des handicapés et d'autres. Cette année, l'évaluation a été menée dans cinq villes - São Paulo, Rio de Janeiro, Brasília, Rio Grande de Sul et Manaus. Les réfugiés ayant pris part à l'évaluation ont indiqué que l'évaluation leur avait permis de partager leurs points de vue, leurs problèmes et de trouver ensemble des solutions avec le HCR et d'autres organisations. D'autres intervenants, y compris des fonctionnaires, des travailleurs humanitaires et des universitaires, ont également participé.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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Réfugiés palestiniens en Iraq : Pas de solution en vue pour les 15 000 Palestiniens en Iraq

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en Iraq en 2003, les réfugiés palestiniens vivant à Bagdad sont devenus de plus en plus fréquemment les cibles d'arrestations, d'enlèvements, de menaces et d'assassinats, les incitant à fuir la capitale par milliers.

Il reste encore environ 15 000 Palestiniens en Iraq - ils étaient plus du double en 2003. Ils vivent constamment dans la peur, et beaucoup d'entre eux n'ont pas de documents en règle. Ceux qui tentent de s'échapper et atteindre les frontières syrienne et jordanienne sont de plus en plus exposés au danger. Des centaines d'entre eux sont bloqués à la frontière entre l'Iraq et la Syrie : ils ne peuvent pas traverser la frontière, et ont trop peur de retourner en Iraq. Ceux qui réussissent à quitter l'Iraq le font souvent dans l'illégalité.

Un effort humanitaire international est requis d'urgence afin de trouver une solution temporaire pour les Palestiniens. L'UNHCR a maintes fois fait appel à la communauté internationale et aux pays limitrophes pour qu'ils accueillent les Palestiniens. L'agence pour les réfugiés a également contacté des pays susceptibles de proposer des solutions de réinstallation, mais seuls le Canada et la Syrie ont répondu favorablement. La Syrie a depuis fermé ses frontières aux autres Palestiniens désespérés.

L'UNHCR plaide également en faveur d'une meilleure protection de la communauté palestinienne à l'intérieur de l'Iraq.

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