Des femmes déplacées reçoivent un logement en Croatie

Articles d'actualité, 4 mars 2009

© HCR/K.B.Belavic
Ljubica Mihajlovic se sent enfin chez elle dans son nouvel appartement.

OSIJEK, Croatie, 4 mars 2009 (UNHCR) Il a fallu près de vingt ans pour que Ljubica Mihajlovic revienne finalement dans sa ville natale et qu'elle vive dans son propre appartement, grâce à un programme gouvernemental croate qui a permis de fournir des logements à des milliers de personnes déplacées par le conflit armé en Croatie survenu entre 1991 et 1995.

Cette grand-mère âgée de 78 ans, une Croate d'ethnie serbe, a été forcée de fuir sa maison située dans la ville d'Osijek en 1991 pour échapper aux combats et trouver abri à Beli Manastir, à environ 30 kilomètres, avec son mari décédé depuis lors. Depuis, elle vivait dans cette petite ville située dans l'est de la Croatie.

Il y a cinq ans, Ljubica Mihajlovic a demandé un logement dans le cadre du nouveau programme gouvernemental mis en place pour aider les personnes déplacées internes et les réfugiés qui, avant la guerre, avaient vécu dans des appartements fournis soit par l'Etat soit par de grandes entreprises. Ces personnes n'étaient pas propriétaires de leurs logements, mais elles étaient titulaires d'un droit d'occupation ou de location.

Ces personnes ayant laissé leurs appartements vacants pendant plus de six mois et même s'il ne leur aurait pas été possible d'y revenir, elles ont perdu leurs droits. Elles n'ont pas pu acheter leurs anciens appartements et un grand nombre d'entre elles n'ont même pas pu récupérer leurs possessions.

Quelque 13 500 familles se sont inscrites pour bénéficier du Programme d'aide au logement depuis son lancement, et environ 5 500 d'entre elles ont pu depuis emménager dans un appartement.

Ljubica Mihajlovic a dû gérer de nombreux tracas administratifs durant toutes ces années, mais elle a tenu bon et elle a maintenu sa demande de logement. Elle a réalisé son rêve en octobre 2008 lorsque, de retour à Osijek, elle a emménagé dans son appartement situé dans un immeuble neuf.

« Je suis très satisfaite de cet appartement. J'ai dû attendre cinq ans, mais cela valait le coup », a-t-elle expliqué au HCR. « Ce logement répond à tous mes besoins. Par ailleurs, je me suis rapprochée de mes enfants et de mes petits-enfants qui habitent à Osijek.... C'était ce que je voulais pour mes vieux jours. »

Le programme de logement a mis du temps à démarrer. Il a toutefois atteint son rythme de croisière durant ces deux dernières années, alors que le gouvernement s'efforce d'aider les personnes qui, dans certains cas, attendaient des logements depuis plus de 15 ans. Durant les 12 derniers mois, quelque 2 000 familles ont reçu des logements.

Parallèlement, le HCR recommande que le gouvernement accepte les demandes pour le programme de logement provenant de personnes déracinées qui n'ont pas déposé dans le délai imparti leur candidature pour une aide au logement. Ces personnes étaient auparavant titulaires de droits d'occupation ou de location et elles souhaitent maintenant rentrer dans leur ville d'origine.

« Quelque 14 ans ont passé après la fin du conflit en Croatie, il est grand temps que les réfugiés et les personnes déplacées restants qui ont perdu leurs appartement ou dont les maisons ont été détruites puissent accéder à des solutions pour le logement et qu'ils puissent reconstruire leur vie », a expliqué Udo Janz, directeur adjoint du bureau Europe du HCR, durant une mission en Croatie le mois dernier.

Quelque 80 000 réfugiés enregistrés originaires de Croatie se trouvent toujours dans des pays voisins, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et la Serbie. Ils se trouvent dans la situation de réfugiés prolongée la plus importante en Europe. La fourniture rapide de logements est un volet important dans la recherche de solutions durables pour ces personnes déracinées.

Par Nikolina Balija à Osijek, Croatie

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L'UNHCR soutient les efforts du gouvernement pour répondre à la crise de l'éducation qui touche les enfants déplacés, notamment les interventions locales dans des régions à haut risque, la reconstruction d'écoles endommagées, la fourniture de matériel scolaire et le soutien d'associations locales d'enseignants. L'UNHCR travaille avec le Ministère de l'éducation, afin d'assurer que les besoins des enfants déplacés soient identifiés et pris en compte - sans oublier les minorités ethniques comme les Afro-Colombiens et les indigènes.

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