Le HCR enregistre des milliers de réfugiés centrafricains

Articles d'actualité, 12 février 2009

© HCR/V.Ndakass
Des abris de fortune sont construits par les réfugiés récemment arrivés depuis la République centrafricaine à Daha, dans le sud-est du Tchad.

ABECHE, Tchad, 12 février (UNHCR) Une petite équipe du HCR aide les autorités du sud-est du Tchad à enregistrer des milliers de réfugiés originaires de la République centrafricaine (RCA) et à évaluer leurs besoins. L'agence pour les réfugiés a aussi commencé à distribuer de l'aide.

Quelque 6 000 civils, pour la plupart des femmes et des enfants appartenant aux tribus rounga et sara, ont fui vers le Tchad depuis décembre pour échapper aux attaques menées par des groupes rebelles et aux combats survenant entre des rebelles et les forces gouvernementales centrafricaines. La plupart d'entre eux sont maintenant bloqués dans et autour du village de Daha, à tout juste un kilomètre de la frontière entre le Tchad et la RCA.

Un convoi organisé par le HCR et d'autres agences d'aide humanitaire, notamment le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), a quitté la ville d'Abéché en fin de semaine dernière pour rejoindre Daha, où il est arrivé lundi.

Mardi, les quatre employés du HCR participant à cette mission ont commencé à enregistrer les réfugiés et à leur distribuer une assistance, y compris des ustensiles de cuisine et du matériel d'abri, notamment des bâches en plastique, des matelas, des moustiquaires et des couvertures, qui les protègeront du vent et du froid durant la nuit. La plupart des réfugiés dormaient auparavant en plein air. Le PAM a fourni des rations alimentaires pour trois semaines.

L'équipe a par ailleurs procédé à l'évaluation des besoins immédiats des réfugiés, notamment pour l'approvisionnement régulier de réserves en eau potable, la construction de latrines salubres et la vaccination des enfants âgés de moins de cinq ans contre la rougeole et la poliomyélite. Cinq enfants réfugiés sont décédés, la cause de leur mort reste inconnue, et deux femmes sont mortes en couches.

Une équipe d'intervention d'urgence devrait arriver vendredi à Daha depuis Genève, pour continuer à interviewer les réfugiés et à organiser l'aide humanitaire. Cependant, l'éloignement de Daha, un village qui est situé à presque 1 000 kilomètres au sud d'Abéché, reste une contrainte logistique majeure.

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés attend une décision du Gouvernement tchadien sur des propositions concernant le transfert des nouveaux arrivants vers un lieu plus sûr et d'accès plus facile pour les agences humanitaires. Le site pressenti pour un nouveau camp se situe dans la zone d'Am Timan, à environ 280 kilomètres au nord de Daha.

De nombreux réfugiés interviewés par le HCR étaient toujours traumatisés par ce qu'ils avaient subi et ils n'étaient pas prêts à rentrer. Hawoua a indiqué qu'elle rendait visite à son frère, accompagnée de l'un de ses enfants, dans le village de Ngarba lorsque les rebelles sont arrivés et qu'ils ont commencé le pillage des maisons. « Nous avons fui la nuit même, mais nous avons été séparés [avec mon frère]. Maintenant je suis toute seule ici avec mon enfant », a expliqué cette jeune femme âgée de 20 ans, ajoutant qu'elle était inquiète au sujet de son mari et de ses deux autres enfants restés en RCA.

Alime, une autre réfugiée originaire de Ngarba, est arrivée au Tchad il y a environ deux semaines avec trois filles et les vêtements qu'elle portait sur elle ce jour-là. « Les rebelles ont tué cinq des membres de ma famille. Notre village a été réduit en cendres, nous ne pouvons plus rentrer », a-t-elle expliqué.

Le nord-est de la République centrafricaine est instable depuis plusieurs années et il y a eu plusieurs vagues de réfugiés qui ont traversé la frontière vers le Tchad ces six dernières années. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés aide quelque 52 000 d'entre eux dans cinq camps situés dans le sud du Tchad. Le HCR gère par ailleurs 12 camps situés dans l'est du Tchad où sont hébergés quelque 250 000 réfugiés originaires de la région du Darfour au Soudan. On compte enfin plus de 160 000 déplacés internes tchadiens.

Par Victorien Ndakass à Daha, et Annette Rehrl à Abéché, Tchad

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Chaque semaine, environ 10 000 musulmans traversent la frontière vers l'est du Cameroun pour échapper à la violence qui déchire la République centrafricaine (RCA). Beaucoup parmi les nouveaux arrivants racontent avoir été attaqués à plusieurs reprises lors de la fuite en exil. Les miliciens anti-balaka ont bloqué les routes principales vers le Cameroun, forçant les civils à trouver d'autres itinéraires à travers la brousse. Beaucoup marchent durant deux à trois mois pour rejoindre le Cameroun. Ils arrivent en état de malnutrition et ils portent des blessures de machettes ou par balles.

Le HCR et ses partenaires ont mis en place des cliniques mobiles supplémentaires aux points de passage frontière pour fournir des soins d'urgence dès l'arrivée des réfugiés. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés appuie également des dispensaires publics qui sont submergés par le nombre de réfugiés et leur mauvais état de santé.

Parallèlement, le HCR a transféré quelque 20 000 réfugiés qui vivaient en plein air dans les zones frontalières de Garoua Bouai et de Kenzou. Ils se trouvent désormais dans de nouveaux sites à Lolo, Mborguene, Gado et Borgop dans les régions de l'Est et de l'Adamaoua.

Depuis début 2014, le Cameroun a reçu près de 70 000 réfugiés centrafricains. Ce chiffre s'ajoute aux 92 000 réfugiés arrivés lors de précédents afflux survenus depuis 2004 pour échapper aux groupes rebelles et aux bandits qui écumaient le nord de leur pays.

Paul Spiegel et Michele Poletto, employés du HCR, se sont récemment rendus dans l'est du Cameroun et ils ont pris les photos suivantes avec leur iPhone ou un appareil photo.

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Un an après la prise de pouvoir par la Séléka, une coalition de groupes rebelles majoritairement musulmans en République centrafricaine (RCA), ce pays pauvre est englué dans une crise humanitaire qui s'aggrave, marquée par la brutalité et les déplacements massifs. Après sa visite dans la capitale, Bangui, le mois dernier, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a décrit la situation en République centrafricaine comme « une catastrophe humanitaire d'une ampleur indescriptible ». Les origines du conflit intercommunautaire sont complexes et des attaques de représailles ont été commises ces dernières semaines sur des civils par la Séléka et les milices chrétiennes anti-balaka rivales. Une personne sur cinq a fui son foyer : quelque 625 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du pays et 312 000 se trouvent dans les pays voisins. Quelque 2,5 millions de personnes ont besoin d'aide en RCA, mais les financements sont insuffisants et l'accès à d'importantes zones du pays est trop dangereux. Les déplacés internes sont dispersés partout, y compris plus de 54 000 à l'aéroport international de Bangui. Ils ont besoin d'aide et de protection. La photographe Annibale Greco s'est récemment rendue avec le HCR dans des zones où les déplacés ont trouvé refuge. Voici ses images.

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Au cours de l'année écoulée, le HCR a publié sur ses sites Internet une série de galeries de photos prises par le photographe américain Brian Sokol ayant pour thème les possessions que les réfugiés emportent avec eux lorsqu'ils sont forcés de fuir leur domicile. Nous nous sommes d'abord intéressés en août dernier aux réfugiés soudanais au Soudan du Sud, puis nous avons fait un reportage sur les réfugiés originaires de Syrie et du Mali.

Brian Sokol s'est rendu l'an dernier dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC) pour poser cette question aux réfugiés originaires de la République centrafricaine : quel est l'effet personnel le plus important pour vous que vous ayez emporté ? Il a reçu encore une fois des réponses intéressantes de la part de tout un éventail de personnes originaires de régions rurales ou urbaines de la République centrafricaine, où les violences intercommunautaires ont dégénéré, échappant à tout contrôle. Leurs réponses sont présentées ici. La sandale d'une femme âgée, une paire de béquilles utilisée par un homme pour rejoindre un lieu sûr et la photo portée par un garçon de son père tué en sont quelques exemples. Un autre garçon a désigné les membres de sa famille ayant, comme lui, réussi à s'échapper comme son bien le plus précieux - ils sont nombreux à ressentir la même chose.

Depuis décembre 2012, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont fui la République centrafricaine vers des pays voisins. 60 000 personnes se sont ainsi retrouvées dans le nord de la RDC. Quelque 30 000 d'entre elles vivent dans quatre camps de réfugiés établis par le HCR. Les autres sont hébergées par des familles de la communauté locale. La majorité d'entre elles n'ont pas eu le temps de faire leurs bagages avant de s'enfuir. Elles ont fui les violences et le chaos et elles sont arrivées en RDC, exténuées et traumatisées. Elles n'ont été en mesure d'emporter que des effets essentiels et légers. Les photos qui suivent ont été prises au centre de transit de Batanga, dans le camp de réfugiés de Boyabo et dans le village de Libenge.

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