Une campagne pour contrer les idées fausses sur l'asile en Autriche

Articles d'actualité, 16 février 2009

© HCR
« La fuite n'est jamais un acte librement consenti, l'asile signifie la survie » Affiche de la campagne « allumettes ».

VIENNE, Autriche, 16 février (UNHCR) Le HCR a lancé lundi une vaste campagne en Autriche visant à contrer les idées fausses sur les demandeurs d'asile. Cette campagne sera véhiculée sur des panneaux publicitaires, des cartes postales, sur l'Internet ainsi que via des spots radio et télévision.

Tout abandonner derrière soi et fuir la violence est difficile à imaginer en Autriche, et de ce fait difficile à comprendre. C'est le point de départ de cette campagne de sensibilisation, intitulée « allumettes » et créée pour le HCR par l'agence de publicité Reichl & Partner.

Pour la diffusion de la campagne à la télévision et sur les écrans, un spot de 25 secondes explique que la fuite devant des persécutions implique que l'asile est très souvent synonyme de survie. L'image centrale est une maison vue de face et construite avec des allumettes, qui sont ensuite enflammées. Alors qu'elles brûlent et se consument, un slogan austère « Flucht ist nie freiwillig » (la fuite n'est jamais un acte librement consenti) apparaît à l'écran.

« Nous voulons montrer le désespoir des gens qui sont forcés à fuir. Ils ont tout perdu. Leur seule façon de survivre, c'est de fuir et de chercher l'asile », a expliqué Rainer Reichl, le directeur général de l'agence.

A part la télévision et la radio, la campagne nationale sera aussi diffusée jusqu'à la fin du mois de mars sur des panneaux d'affichage, des panneaux publicitaires déroulants, l'Internet et des cartes postales distribuées dans des bars et des restaurants. Le spot « allumettes » sera aussi diffusé dans les cinémas, dans plusieurs universités, durant un match de football à Salzbourg et au Bal viennois annuel des réfugiés ce vendredi.

L'un des créatifs de l'agence ayant créé cette campagne, Tomek Luczynski, est un réfugié polonais. La voix-off a été fournie gratuitement par l'acteur et auteur autrichien Miguel Herz-Kestranek. Le secteur privé a aussi fourni une aide, alors que les journaux ont accepté d'offrir l'espace publicitaire nécessaire pour diffuser cette campagne.

« Nous voulons informer le public et les vacciner contre les messages de peur », a expliqué Roland Schönbauer, le porte-parole du HCR en Autriche, au sujet de la campagne qui cherche à contrer l'ignorance du public au sujet des demandeurs d'asile.

Une idée fausse largement répandue consiste à penser que la plupart des demandeurs d'asile veulent venir en Autriche. La campagne explique que plus de 80 pour cent des personnes déplacées en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud restent dans leurs régions.

Un autre mythe fait également croire qu'il est possible de rendre l'Autriche moins attirante pour les demandeurs d'asile grâce à une législation plus restrictive. Le HCR n'a trouvé aucune preuve selon lesquelles des règles plus strictes pour l'asile pourraient réduire le nombre de candidatures pour des demandes d'asile. En fait, le nombre des demandes d'asile en Autriche a commencé à baisser début 2003, soit 16 mois avant l'introduction d'une législation plus sévère. « Si moins de personnes fuient vers l'Europe, il y a donc moins de demandes d'asile en Autriche », a ajouté Roland Schönbauer.

Le HCR a aussi essayé de contrer des articles de journaux au message négatif décrivant les demandeurs d'asile comme des criminels car ils ont traversé la frontière illégalement. La campagne explique que les réfugiés pourraient avoir de bonnes raisons de traverser la frontière de façon irrégulière. « Quelqu'un qui fuit a besoin de l'asile. Et quelqu'un qui a besoin de l'asile n'est ni un escroc ni un criminel quand il ou elle recherche l'asile », a indiqué Roland Schönbauer.

Parallèlement, la campagne « allumettes » a déjà été applaudie. « Le visuel est simple mais il est vecteur d'émotions. Je suis sûr qu'il peut avoir un impact sur des personnes de tous âges », a noté un observateur. Le HCR étudie la possibilité de décliner cette campagne dans d'autres pays.

Par Angelika Strassl à Vienne, Autriche

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