Les réfugiés iraquiens suivent les élections provinciales en Iraq

Articles d'actualité, 3 février 2009

© HCR/J.Wreford
Un marché dans un quartier surpeuplé de Damas où vivent de nombreux réfugiés iraquiens, dont un grand nombre a suivi de près les élections provinciales se déroulant en Iraq.

AMMAN, Jordanie, 2 février (UNHCR) Les réfugiés iraquiens présents dans des pays voisins comme l'Egypte, la Jordanie et la Syrie attendent lundi, avec des sentiments partagés, les résultats des élections provinciales se déroulant dans leur pays.

Environ 50 pour cent de l'électorat s'est rendu aux urnes dans 14 des 18 provinces du pays pour le vote qui s'est déroulé samedi, en majorité pacifiquement. C'était le premier vote organisé depuis 2005. Plus de 14 000 candidats se présentaient pour 440 sièges les résultats officiels sont attendus dans quelques jours. Il n'y a pas eu de vote dans les trois provinces de la région semi-autonome du Kurdistan et, à Kirkouk, le scrutin a été reporté.

Certains réfugiés estiment que ces élections, qui précèdent une élection générale plus tard cette année, sont importantes pour l'avenir. D'autres, moins optimistes, ont confié que ces élections provinciales seraient inutiles.

« Cette élection s'est déroulée dans des conditions régulières et dans l'ensemble transparentes », a indiqué Mohamed* à des employés du HCR dans les bureaux de l'organisation à Amman, la capitale jordanienne. Aïcha*, une photographe iraquienne vivant au Caire, a convenu que ces élections ouvraient la voie à la réconciliation. « Je suis prête à passer outre les diversités ethniques et à voter pour quelqu'un qui est prêt à prendre cette responsabilité [pour la réconciliation] », a dit Aïcha.

« Je n'accorde aucune importance à qui contrôlera la majorité des sièges ou qui sera au pouvoir. Ce que j'espère vraiment, c'est un Iraq en paix où tous les Iraquiens puissent vivre quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses », a expliqué Abou*, qui vit au Caire depuis 2006.

Alors que de nombreux réfugiés iraquiens suivent de près les élections provinciales, d'autres sont soit indifférents soit pessimistes, ne voyant aucun bénéfice réel à ce processus. « Les élections ne signifient rien », a expliqué Omar, un réfugié iraquien vivant à Damas, d'un ton amer. « Le pays est détruit et les gens n'ont d'attention que pour leur propre statut et leurs profits personnels. »

Par ailleurs, certains ont vécu des moments si difficiles qu'ils ne veulent plus rentrer en Iraq. « La plupart des membres de ma famille ont été soit tués, soit kidnappés ou ils sont maintenant des réfugiés éparpillés dans le monde entier. Je ne retournerai pas en Iraq », a dit Rose* au Caire. Sa famille a été prise pour cible dans le cadre de la violence sectaire. « Pensez-vous que c'est important pour moi de savoir qui va gagner les élections provinciales ? Cela n'a aucune importance, en tout cas pour moi », a-t-elle ajouté.

De nombreux Iraquiens vivent toujours à l'étranger. Le HCR a enregistré plus de 300 000 Iraquiens présents dans des pays voisins ou proches, comme la Syrie, la Jordanie, le Liban, l'Egypte et la Turquie. L'année dernière, quelque 195 000 déplacés internes et 25 000 réfugiés iraquiens ont pu rentrer dans leur lieu d'origine.

A l'intérieur même de l'Iraq, le HCR accroît sa présence et ses opérations suite à une amélioration de la situation sécuritaire. L'agence a doublé son budget qui s'élèvera à 81 millions de dollars en 2009 et prépare actuellement l'ouverture de nouveaux bureaux provinciaux dont le nombre passera de 10 à 16. Un soutien continu de la part des donateurs sera vital.

* Les noms ont été changés pour des raisons de protection

Par Dana Bajjali à Amman, Jordanie, Et Abeer Etefa au Caire, Egypte

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L'Emissaire du HCR Angelina Jolie en Iraq

L'Emissaire du HCR Angelina Jolie s'est rendue en Iraq cette semaine, pour y rencontrer des réfugiés syriens et des déplacés internes iraquiens dans la région du Kurdistan iraquien. Elle a offert son soutien à 3,3 millions de personnes déracinées par le conflit dans le pays et elle a mis en lumière leurs besoins.

Angelina Jolie a entendu des témoignages déchirants sur la fuite éperdue de ces civils, y compris certains qui marchaient la nuit et se cachaient le jour sur le chemin vers la liberté. Elle a également rencontré des femmes qui se trouvaient parmi les 196 Yézidis récemment libérés par les militants et hébergés actuellement dans l'installation informelle de Khanke.

« Il est choquant de voir le niveau de dégradation de la situation humanitaire en Iraq depuis ma dernière visite », a déclaré Angelina Jolie. « Au-delà du grand nombre de réfugiés syriens, deux millions d'Iraquiens ont été déplacés par les violences durant la seule année 2014. Beaucoup parmi tous ces personnes innocentes ont été déracinées plusieurs fois dans leur quête de sécurité au milieu des lignes de front mouvantes. »

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Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraquiens ont fui les combats dans la ville de Mossoul et d'autres cités du nord de l'Iraq. Des employés du HCR sont sur le terrain pour suivre les déplacements et aider les personnes dans le besoin. Les besoins sont immenses. Le HCR fait son possible pour assurer la protection et fournir des abris ainsi que des articles de secours, notamment des tentes. De nombreux déplacés ont quitté leurs maisons sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là. Certains n'ont pas d'argent pour payer le logement, la nourriture, l'eau potable ou les soins de santé. Ils arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan d'Iraq sans savoir où aller, ni comment payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les fonctionnaires gouvernementaux coordonnent leurs efforts pour aider les personnes dans le besoin. Les agences des Nations Unies lancent un appel de fonds supplémentaire d'urgence. Le HCR espère fournir des kits d'urgence ainsi que des milliers de tentes et travaille également avec ses partenaires pour protéger et aider les personnes déplacées.

L'exode dans le nord s'ajoute aux déplacements de populations massifs cette année dans le gouvernorat iraquien d'Anbar, où les combats depuis janvier ont contraint quelque 500 000 personnes à fuir cette province pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

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Crise en Iraq : Trouver un logement

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Duhok dans la région du Kurdistan d'Iraq la semaine dernière. Ces déplacés ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées, des églises et des camps de transit après une éruption de violence qui déchire certaines régions du centre et du nord de l'Iraq. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour répondre aux besoins urgents en termes d'abri. Le HCR a livré près de 1 000 tentes dans un camp de transit en cours de construction par les autorités et les ONG à Garmawa, près de Duhok.

De nombreux déplacés originaires de Mossoul arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan iraquien. Ils ont des ressources limitées et n'ont pas les moyens de se payer un logement. Certains sont hébergés par des proches. D'autres résident à l'hôtel en puisant dans leurs maigres ressources.

Dans le village d'Alqosh, quelque 150 personnes (soit 20 familles) sont arrivées avec de rares effets personnels en plus des vêtements qu'ils portaient le jour où ils ont fui. Ces déplacés vivent dans plusieurs salles de classe d'une école primaire depuis la semaine dernière. Tous ces locaux sont actuellement bondés. Un membre du groupe a expliqué qu'il vivait auparavant dans un appartement loué à Mossoul et qu'il menait une vie de famille normale. Toutefois, à Alqosh, ils craignent pour le bien-être et l'éducation de leurs enfants ainsi que la présence de serpents et de scorpions.

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