Gimme Shelter : Ben Affleck et le HCR lancent une campagne pour les Congolais

Articles d'actualité, 18 décembre 2008

© HCR/J.Graylock
Ben Affleck et Rose Mapendo, une ancienne réfugiée congolaise, au lancement de la campagne « Gimme Shelter » à New York.

NEW YORK, Etats Unis, 18 décembre (UNHCR) Ben Affleck, l'acteur-réalisateur hollywoodien, s'est joint au HCR cette semaine pour lancer la campagne mondiale visant à aider les personnes déracinées par le conflit permanent dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC).

L'élément central de la campagne est un court-métrage, réalisé par Ben Affleck et tourné le mois dernier dans la province du Nord-Kivu, où des dizaines de milliers de personnes ont fui pour leur survie depuis la reprise des combats au début de cette année. Le nom de la campagne « Gimme Shelter » provient d'un classique des Rolling Stones, une chanson qui est la bande son du film et qui a été donnée au HCR par le groupe.

Lors d'une présentation avant la diffusion du film au siège des Nations Unies à New York mercredi, Ben Affleck a souligné le double objectif de la campagne faire connaître l'urgence humanitaire en RDC et collecter des fonds pour aider ceux qui sont pris au piège au milieu des violences.

« Le HCR est présent sur le terrain pour aider les personnes affectées par la violence. L'agence assure la protection et fournit des abris et de l'eau. Mais ces actions sont possibles seulement avec une aide financière », a-t-il dit aux invités, y compris des journalistes. « Ce que nous avons essayé de faire via ce film, c'est répondre à la question, « Que puis-je faire pour aider à titre individuel ? » La réponse à cette question est de se sentir concerné. »

Rose Mapendo, une ancienne réfugiée originaire de RDC qui vit maintenant aux Etats-Unis ; Pierre Bertrand, le délégué du HCR à New York et Melanne Verveer de l'organisation Vital Voices Global Partnership, qui aide à la réussite des femmes chefs d'entreprise ont aussi pris part à l'événement.

La campagne « Gimme Shelter » vise à aider l'agence des Nations Unies pour les réfugiés à collecter 23 millions de dollars pour assurer une aide humanitaire à ceux qui sont affectés par cette crise.

« Ce qui se passe en RDC devrait faire chaque jour les gros titres », a dit Pierre Bertrand, du HCR. « Comme ce film le montre, ce n'est pas une urgence invisible, mais c'est une urgence qui est négligée, une urgence qui n'est pas suffisamment prise en compte dans l'agenda des décideurs. »

Avant d'arriver aux Etats-Unis en 2000, Rose Mapendo avait passé deux ans dans un camp prison en RDC où son mari avait été exécuté et où elle a donné naissance à ses jumeaux à même le sol en ciment, dans sa cellule. Lors du lancement, mercredi, elle a parlé de sa joie de constater le regain d'intérêt pour les événements survenant dans son pays natal. « Chacun a besoin de croire qu'il peut faire quelque chose pour aider cette population oubliée », a-t-elle dit.

Le film « Gimme Shelter » sera distribué dans le monde entier grâce à Internet, aux télévisions, aux téléphones portables, au cinéma ainsi qu'à des chaînes hôtelières afin de mieux faire connaître le travail accompli par le HCR dans le monde pour les réfugiés, et pour encourager les dons en faveur des Congolais déplacés. Son slogan, selon lequel pour aider « il suffit d'un clic, » souligne le fait que chacun peut faire avancer les choses.

Il y a actuellement 1,3 million de déplacés en RDC, dont beaucoup sont des victimes des précédents combats et sont pris dans le nouveau cycle de violence qui se déroule actuellement. Le conflit a déjà coûté la vie à près de 5,4 millions de personnes au cours des dix dernières années, avec en moyenne encore 1 000 morts par jour.

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Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

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