Le dialogue du HCR sur l'exil de longue durée souligne le besoin de solutions globales

Articles d'actualité, 11 décembre 2008

© HCR/S.Hopper
Quelque 300 représentants issus de plus de 50 gouvernements et organisations étaient présents au Palais des Nations à Genève, à l'occasion du second Dialogue du Haut Commissaire sur les défis de protection.

GENEVE, 11 décembre 2008 (UNHCR) Remarquant que des millions de réfugiés sont pris au piège d'un interminable exil, le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres a clos, jeudi, deux jours de discussion sur les situations dites de réfugiés prolongées par un appel en faveur du développement de solutions spécifiques et complètes pour mettre fin à leurs souffrances.

« Le message de ce dialogue est tout à fait clair nous ne pouvons ni ne devons laisser ces situations prolongées se détériorer », a déclaré António Guterres dans ses remarques finales devant un parterre de quelque 300 représentants issus de plus de 50 gouvernements et organisations.

Les participants ont passé une journée dans quatre groupes de travail à examiner diverses approches destinées à trouver des solutions pour les six millions de réfugiés se trouvant dans quelque 30 situations différentes à travers le monde et qui vivent en exil depuis au moins cinq ans et pour beaucoup depuis des décennies.

Ils ne peuvent pas rentrer chez eux car leurs pays d'origine sont en guerre, sont affectés par de graves violations des droits humains, ou pour d'autres raisons. Seule une proportion relativement faible d'entre eux a la chance d'être réinstallée dans un pays tiers et, dans de nombreux cas, leur premier pays d'asile ne les autorise pas à être pleinement intégrés ou à devenir des citoyens. Le temps passant, la communauté internationale perd son intérêt à leur égard et les financements diminuent.

Résumant ces deux jours de discussions organisées dans le cadre du second Dialogue du Haut Commissaire sur les défis de protection, António Guterres a déclaré que la volonté politique était une condition préalable majeure pour trouver des solutions durables. Il a indiqué que les participants avaient reconnu que chaque situation prolongée était unique, et que les solutions devaient être complètes et recourir à une combinaison d'approches pouvant comprendre le rapatriement, l'intégration dans le premier pays d'asile et la réinstallation dans un pays tiers.

Les participants ont souligné que la solidarité internationale et le partage du fardeau étaient essentiels et pouvaient s'effectuer sous de nombreuses formes, a-t-il dit. Ils pourraient inclure la mise à disposition de places de réinstallation, la garantie que le rapatriement volontaire et la réintégration soient durables, le financement d'activités d'autosuffisance et la promotion de l'intégration locale. Cependant, le rapatriement reste généralement la solution préférée quand il est possible.

« Nous réalisons tous qu'il n'y a pas de solution unique », a dit António Guterres. « Nous avons besoin d'une approche globale, mais chaque cas nécessite une analyse objective pour avancer. »

Nombre de pays accueillant des réfugiés ont exprimé des réserves quant à leur capacité à offrir une intégration locale, a indiqué António Guterres, ajoutant que ces préoccupations avaient été comprises et reconnues. Cependant cette incapacité ne veut pas dire que l'autosuffisance ne peut être promue parmi les réfugiés durant leur exil comme une façon d'accroître leurs perspectives d'un rapatriement ou d'une réinstallation dans un autre pays réussis. Les participants ont souligné l'importance d'assurer une éducation, y compris au niveau de l'enseignement secondaire et professionnel, comme autant de moyens de créer cette autosuffisance.

António Guterres a indiqué qu'il y avait aussi une forte adhésion des participants pour une utilisation stratégique accrue de la réinstallation. Nombre d'entre eux ont encouragé les pays de réinstallation à augmenter le nombre de places disponibles. Le HCR travaillera avec ces pays pour atteindre cet objectif tout en renforçant ses propres performances.

Déclarant que le dialogue ne devait pas être un événement isolé, António Guterres a dit qu'il devrait guider un processus plus large et nombre d'initiatives en cours. Avec l'accord des pays d'accueil, le HCR consultera désormais les parties concernées pour explorer les façons les plus appropriées de rechercher des solutions globales et de partager le fardeau dans certaines situations spécifiques. Cela pourrait, par exemple, impliquer l'établissement de groupes pilotes dans des contextes spécifiques.

Des plans d'action seront aussi discutés en détail et des stratégies communes seront définies, à chaque fois que cela sera possible avec les pays d'origine. Des groupes de travail étudieront l'utilisation de chacune des trois solutions durables le rapatriement, la réinstallation et l'intégration locale pour résoudre des situations de réfugiés prolongées. Des initiatives régionales seront aussi examinées.

Les conséquences de l'urbanisation des populations réfugiées doivent aussi être étudiées, a ajouté António Guterres. Un nombre croissant de réfugiés se trouvent désormais dans des environnements urbains, souvent sans structure de soutien efficace ou sans droit légal de résidence. Beaucoup sont originaires de zones rurales dans leurs pays et auraient des difficultés à rentrer et à se réintégrer, une fois regagné leur pays d'origine.

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