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Au moins 26 victimes de passeurs dans le golfe d'Aden

Articles d'actualité, 10 septembre 2008

© HCR/A.Fazzina
La mort d'au moins 26 personnes, dans le golfe d'Aden cette semaine, souligne le danger de recourir à des passeurs pour la traversée depuis la corne de l'Afrique. Des personnes continuent, malgré cela, à attendre des bateaux sur la côte somalienne.

AHWAR, Yémen, 10 septembre (UNHCR) Au moins 26 personnes sont mortes après que des passeurs les transportant à travers le golfe d'Aden depuis la corne de l'Afrique les aient forcées à sauter par-dessus bord au large du Yémen, selon des informations du HCR publiées mercredi. Plusieurs autres personnes sont portées disparues.

Selon le communiqué de presse du HCR, des survivants ont déclaré qu'un bateau transportant environ 120 personnes s'était arrêté en haute mer mardi et que tous les passagers avaient été forcés à sauter par-dessus bord sous la menace d'une arme.

« Ils ont dit que ceux qui refusaient avaient été battus et poussés à l'eau contre leur gré. Certains ont été tués. Les survivants ont dit avoir précédemment reçu l'assurance des passeurs qu'un plus petit bateau les transporterait vers la côte, mais aucun bateau n'était arrivé. », pouvait-on encore lire dans le communiqué de presse.

Au moins 74 survivants ont réussi à arriver sur la plage et ils ont été transportés au centre de réception du HCR d'Ahwar. Les autorités ont indiqué mercredi matin que 26 corps avaient déjà été retrouvés et que 20 autres personnes étaient toujours portées disparues.

Cette toute dernière tragédie coïncide avec une augmentation du nombre de personnes ayant recours à des passeurs pour traverser le golfe d'Aden depuis la Somalie, déchirée par la guerre. Cette année, au moins 25 859 personnes sont déjà arrivées au Yémen, après avoir effectué une périlleuse traversée à bord de bateaux de passeurs. Plus de 200 personnes sont mortes et au moins 225 autres sont toujours portées disparues. A la même période l'année dernière, on comptait 9 153 arrivants, 267 morts et 118 personnes portées disparues.

La traite d'êtres humains diminue habituellement entre les mois de mai et de septembre à cause des tempêtes survenant dans le golfe d'Aden. Avec le retour précoce de conditions météorologiques plus calmes en août, la traite d'êtres humains a repris le mois dernier, avec 59 bateaux qui ont transporté plus de 1 700 personnes désespérées vers le Yémen le nombre d'arrivants ayant donc triplé par rapport à celui du mois d'août l'année dernière, qui avait vu arriver 633 personnes à bord de 10 bateaux.

Fin août, 12 personnes sont mortes dans un seul bateau, huit d'entre elles après avoir sauté par-dessus bord en pleine mer quand des échanges de tirs ont commencé entre des militaires yéménites et des passeurs près de la côte.

De nombreux bateaux de passeurs se trouveraient à nouveau au large des côtes yéménites aujourd'hui. « Le HCR estime que plusieurs facteurs sont à l'origine de cette récente augmentation du nombre d'arrivées, parmi lesquels le conflit incessant et les déplacements en Somalie ainsi que l'ouverture de nouvelles routes de trafic illicite à travers le golfe d'Aden. »

Les passeurs auraient également tenté de profiter de la baisse observée dans la surveillance côtière pendant le mois saint du Ramadan.

Le HCR et d'autres agences internationales ont lancé un appel commun pour une action mondiale afin de mieux répondre à ce problème meurtrier. Au cours de l'année écoulée, l'agence pour les réfugiés a intensifié son travail de manière significative au Yémen.

Son programme de 18,9 millions de dollars au Yémen financé à ce jour à hauteur d'un peu plus de la moitié fournit du personnel supplémentaire, une assistance humanitaire améliorée, des abris supplémentaires pour les réfugiés dans le camp de réfugiés de Kharaz, et des programmes de formation pour les garde-côtes et d'autres fonctionnaires.

L'agence a aussi renforcé sa présence le long de la côte isolée du Yémen, grâce à l'ouverture d'un deuxième centre d'accueil à Ahwar. L'autre centre se situe à Mayfa'a.

Au mois de mai, une conférence régionale a été organisée par le HCR en coopération avec le Groupe de travail sur la migration mixte pour la Somalie afin d'établir un mécanisme régional et un plan d'action à long terme pour la protection des réfugiés et les migrations mixtes dans le golfe d'Aden. Au sein des mouvements mixtes de personnes à travers le golfe se trouve un nombre significatif de réfugiés.

Malgré l'important fardeau que supporte le Yémen en s'occupant des mouvements migratoires illégaux dans la région, ce pays a maintenu sa politique d'ouverture à l'égard des réfugiés. Le soutien de la communauté internationale reste toutefois une nécessité absolue.

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Le HCR et d'autres agences des Nations Unies fournissent de l'aide via plusieurs ONG locales. Des abris, des kits d'assistance d'urgence et des rations d'aliments lyophilisés sont remis aux déplacés. Un centre de distribution de repas chauds fournit à environ 2 000 déplacés à Dollow la nourriture dont ils ont tant besoin

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L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

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Les personnes déplacées sont dispersées dans 21 installations de fortune situées autour de Galkayo. Souvent plusieurs familles partagent de petits abris rudimentaires faits de cartons et de bâche en plastique. Malgré le surpeuplement et l'extrême pauvreté, il n'est pas rare que les familles accueillent des enfants abandonnés ou des personnes âgées qui se sont retrouvées seules.

A cause des conditions insalubres et d'un accès insuffisant aux soins de santé, de banales maladies peuvent souvent entraîner des complications. Il y a peu de perspectives d'emploi à Galkayo et la plupart des personnes déplacées trouvent du travail journalier, comme la collecte des ordures ou le nettoyage des vêtements pour le compte des membres de la communauté locale.

Le HCR vient en aide aux personnes déplacées à Galkayo via des formations professionnelles et des activités génératrices de revenus pour améliorer leurs moyens d'existence. L'agence pour les réfugiés fournit également des abris temporaires et des biens de secours aux familles vulnérables.

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