Regain de tension dans deux camps de déplacés en RDC

Articles d'actualité, 21 novembre 2008

© HCR/P.Taggart
Une famille visiblement anxieuse dans sa tente à Kibati.

GOMA, République démocratique du Congo, 21 novembre (UNHCR) L'inquiétude augmente concernant la sécurité de dizaines de milliers de civils déplacés, qui sont hébergés dans deux camps situés dans l'est de la République démocratique du Congo, après qu'une jeune femme y ait été tuée par des tirs vendredi matin.

Cet incident sécuritaire alarmant, survenu dans le camp tentaculaire de Kibati I au Nord-Kivu, a encore souligné l'urgence des projets de transfert de 30 000 déplacés congolais, parmi les 67 000 se trouvant dans les deux camps de Kibati, vers un nouveau site, Mugunga III, actuellement en construction dans une zone plus en sécurité située à 15 kilomètres.

Le porte-parole du HCR a précisé que plusieurs huttes avaient aussi été pillées après que des familles aient fui les tirs à Kibati, un camp situé à quelques kilomètres au nord de Goma, la capitale provinciale, mais seulement à deux kilomètres de la ligne de front entre les soldats des troupes gouvernementales et les troupes rebelles. « Notre équipe à Kibati évalue la situation et les besoins des victimes », a-t-il dit.

La jeune femme, âgée de 20 ans, aurait été tuée lors d'une tentative d'enlèvement menée par des hommes armés portant un uniforme. Les tirs se sont produits lors d'une relative accalmie des combats, qui avaient repris en août et qui avaient déraciné quelque 250 000 personnes, dont nombre d'entre elles étaient auparavant déjà des déplacés internes.

« Nous craignons que de tels incidents pourraient se reproduire car nous observons des hommes armés allant et venant dans les camps », a dit Ibrahima Coly, chef du bureau auxiliaire du HCR à Goma.

Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a exprimé à plusieurs reprises son inquiétude concernant la sécurité des déplacés internes qui sont hébergés à Kibati. L'agence craint principalement qu'ils pourraient être pris sous les tirs croisés en cas de reprise des combats à grande échelle. Le travail sur le site de Mugunga III, d'une superficie de 65 hectares, a commencé le week-end dernier et le meurtre de Kibati pourrait en accélérer le rythme.

Le HCR et ses partenaires ont nettoyé le terrain et ont commencé à construire des bâtiments d'hébergement ainsi que d'autres infrastructures, y compris des installations de réception, des routes d'accès, des latrines et un système de distribution d'eau. Le travail est long sur ce site qui est localisé sur un terrain de roches volcaniques.

Une fois que les équipements basiques seront établis, le HCR aidera les autorités provinciales à transférer les personnes sur une base volontaire vers Mugunga III. La plupart feront à pied le trajet long de 15 kilomètres, mais les jeunes enfants, les personnes âgées et les handicapés seront transportés par camion. Le HCR met en place des points d'escale entre Kibati et Mugunga où les personnes faisant le trajet à pied pourront se reposer et recevoir de la nourriture et de l'eau.

Parallèlement, le rythme du rapatriement volontaire des réfugiés congolais depuis la Zambie s'est ralenti à cause des combats survenant dans le Nord-Kivu même si certains réfugiés sont originaires de cette province. On compte actuellement quelque 45 000 réfugiés congolais hébergés en Zambie, parmi lesquels 28 000 d'entre eux vivent dans des camps et des installations situés dans le nord du pays.

« Juste avant l'éruption des combats dans la région du Kivu, le nombre de réfugiés, accueillis dans les camps de Kala et de Mwange et qui s'étaient enregistrés pour un rapatriement volontaire, s'était accru significativement. Mais maintenant, très peu viennent s'enregistrer, et certains de ceux qui s'étaient enregistrés se désistent même au dernier moment », a indiqué James Lynch, le délégué du HCR en Zambie.

La plupart des réfugiés hébergés dans les camps sont originaires du Katanga, une région qui connaît aujourd'hui la paix. Cependant, nombre d'entre eux écoutent des stations de radio en ondes courtes pour connaître le développement de la situation sécuritaire dans le Nord-Kivu. Ils transmettent ensuite les dernières informations aux autres résidents du camp. Le HCR continue d'informer les réfugiés sur les conditions régnant dans leur pays natal pour qu'ils puissent décider de rentrer ou non.

Quelque 9 000 réfugiés congolais sont revenus en RDC depuis la Zambie avec l'aide du HCR cette année, en comparaison du nombre observé en 2007 qui s'élevait à près de 7 300. La plupart sont rentrés vers le Katanga, une région qui se situe à la frontière avec la Zambie, mais certains réfugiés disent maintenant craindre que les combats pourraient s'étendre dans tout l'est et le sud de la RDC.

Les combats dans le Nord-Kivu se sont intensifiés à la fin 2006. En janvier 2008, ils avaient porté le nombre total de déplacés internes dans la région à plus de 800 000 personnes. Environ 12 000 réfugiés congolais ont traversé la frontière vers l'Ouganda.

Par David Nthengwe à Goma, République démocratique du Congo et Kelvin Shimo à Lusaka, Angola

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Crise de la RD du Congo : Appel Urgent

L'intensité des combats de ces derniers mois a forcé plus de 64 000 Congolais à fuir leur pays.

Donnez pour cette crise

Les Congolais en Ouganda : de la fuite en exil au camp de réfugiés

Après trois années de paix relative, des violences ont à nouveau éclaté en République démocratique du Congo, dans la province du Nord-Kivu en avril 2012, ce qui a généré de nouveaux déplacements de population. Les combats dans le territoire de Rutshuru au Nord-Kivu entre les forces gouvernementales et les combattants rebelles du mouvement M23 ont poussé des dizaines de milliers de civils congolais à chercher refuge de l'autre côté de la frontière en Ouganda, principalement dans le district de Kisoro. Beaucoup ont rejoint l'installation de Rwamwanja grâce aux convois organisés par le HCR. Ce site a été ouvert en avril dernier pour gérer l'afflux des réfugiés. À la fin 2012, il accueillait plus de 30 000 réfugiés. Chaque famille réfugiée se voit attribuer un carré de terrain pour y construire une maison et faire des plantations, afin d'encourager l'autosuffisance. Le HCR veut améliorer d'urgence les infrastructures de ce site et recherche des fonds supplémentaires.

Cette galerie de photos présente la vie à Rwamwanja d'une famille dirigée par Harerimana, âgé de 52 ans. La famille vivait à Bitwo, au Rutshuru. Elle s'est enfuie quand le village a été attaqué en juin dernier. Harerimana a été séparé de sa famille et il a passé cinq jours tout seul sur la route, avant de retrouver sa famille dans la forêt. Après deux semaines, ils ont traversé la frontière vers l'Ouganda et ils ont rejoint le centre de transit de Nyakabande. Ils se sont ensuite enregistrés pour être transférés vers Rwamwanja, où la famille élargie vit désormais sur deux parcelles de terrain.

Les Congolais en Ouganda : de la fuite en exil au camp de réfugiés

Trouver une occupation dans le camp de Kibiza au Rwanda

Le camp de Kibiza a été ouvert en décembre 1996, après le début de la guerre en République démocratique du Congo voisine. Cette installation avait alors été construite pour faire face à l'afflux de dizaine de milliers de réfugiés congolais. La plupart des réfugiés sont entre temps rentrés chez eux dans l'est de la RDC sauf environ 16 000 d'entre eux qui sont restés dans ce camp isolé, situé sur une colline à l'ouest du Rwanda. L'éruption de violence, l'année dernière dans la province du Nord-Kivu en RDC, n'a pas affecté ce camp car les nouveaux arrivants ont été installés au camp de Kigémé qui a été rouvert au sud du Rwanda. La plupart des réfugiés de Kiziba ont déclaré ne pas vouloir rentrer mais les perspectives d'intégration locale sont limitées en raison du manque de terrains et des possibilités limitées en matière d'emploi. Pendant ce temps, les résidents de ce camp font leur possible pour mener une vie normale, suivent des formations et tiennent de petits commerces afin de devenir autosuffisants. Pour les jeunes, pouvoir faire du sport et recevoir une éducation est très important pour assurer qu'ils ne soient pas attirés par des influences négatives ainsi que pour maintenir leur moral et leur confiance en l'avenir.

Trouver une occupation dans le camp de Kibiza au Rwanda

Nyakabande : Un havre de paix en Ouganda après avoir fui le conflit au Nord-Kivu

Le centre de transit de Nyakabande au sud de l'Ouganda a été rouvert par le HCR et les autorités ougandaises en février 2012 pour faire face au nombre croissant de civils congolais qui traversent la frontière pour échapper à l'anarchie généralisée dans la province du Nord-Kivu en République démocratique du Congo (RDC). Initialement prévu pour accueillir 500 personnes, le centre de transit a été submergé par des vagues d'arrivants fuyant la violence sévissant depuis avril entre les forces gouvernementales de la RDC et les combattants rebelles du mouvement M23. Le HCR a contribué à élargir la capacité d'accueil jusqu'à 11 000 personnes ainsi qu'à organiser le transport à partir de la frontière, mais l'afflux a porté une forte pression sur les installations. Le centre a enregistré et aidé plus de 51 000 personnes depuis janvier. La plupart d'entre elles sont originaires du Nord-Kivu. Au pic de l'afflux, en juillet dernier, le centre de transit accueillait plus de 10 000 réfugiés. Pour décongestionner le centre, le HCR a assuré le transport de plus de 30 000 Congolais vers l'installation de réfugiés de Rwamwanja, à environ 350 kilomètres au nord de Nyakabande. Pour beaucoup de ceux qui fuient l'est de la RDC, Nyakabande était une lueur d'espoir et un havre de paix après avoir fui le conflit déchirant leur région d'origine. Les derniers combats au Nord-Kivu en novembre n'ont pas eu beaucoup d'impact, mais des personnes continuent à arriver chaque jour.

Nyakabande : Un havre de paix en Ouganda après avoir fui le conflit au Nord-Kivu

RDC : retour à KimokaPlay video

RDC : retour à Kimoka

En 2007 et 2008, les conflits armés avaient contraint des centaines de milliers de Congolais à fuir la province du Nord-Kivu. Les habitants du village de Kimoka sont enfin de retour chez eux.
RDC : Au bord du gouffrePlay video

RDC : Au bord du gouffre

Fatuma Kapuweli, une mère chef de famille et déplacée interne en RDC, craint pour la sécurité et le bien-être de ses enfants.