Des bourses d'éducation DAFI pour de jeunes rapatriés burundais

Articles d'actualité, 21 octobre 2008

© HCR/A.Kirchhof
Cinq étudiants montrent fièrement leurs cartes d'étudiant de l'université Lumière de Bujumbura.

BUJUMBURA, Burundi, 21 octobre (UNHCR) Quelque 40 jeunes Burundais deviennent les premiers rapatriés à recevoir du HCR des bourses universitaires, alors qu'ils s'inscrivaient cette semaine à l'université Lumière de Bujumbura.

Financé par l'Allemagne et connu auparavant sous le nom d'Initiative académique allemande Albert Einstein pour les réfugiés, le programme d'attribution de bourses DAFI de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés concernait seulement des réfugiés vivant dans des pays d'asile. Ce premier groupe de rapatriés rentre au Burundi pour commencer l'année universitaire.

Le principal objectif du programme DAFI, qui célèbre cette année son 16e anniversaire, est de contribuer au développement de ressources humaines dans le cadre de la stratégie plus globale du HCR pour promouvoir des solutions durables et l'autosuffisance pour les réfugiés.

Appolinaire, l'un des nouveaux étudiants de l'université Lumière, a dit qu'il avait été sélectionné sur la base des résultats qu'il avait obtenus lorsqu'il étudiait dans un camp de réfugiés en Tanzanie. « J'étais si heureux quand j'ai reçu la nouvelle [pour étudier la gestion commerciale] », a-t-il dit, ajoutant que cela avait renforcé sa détermination à rentrer chez lui.

Il a expliqué que son éducation avait été interrompue quand il avait fui vers la Tanzanie en 1993 pour échapper aux dernières éruptions de violence dans ce petit pays des Grands Lacs. « J'avais le même niveau que les élèves de ma classe, mais j'ai dû fuir le Burundi alors que j'étais encore en cycle secondaire », s'est rappelé Appolinaire. « A un moment, j'ai perdu tout espoir de pouvoir continuer mon éducation. Certains de mes camarades de classe étaient déjà devenus docteurs ou fonctionnaires. »

Appolinaire rattrape le temps perdu. Et son travail de volontaire dans le camp, dont l'enseignement à d'autres enfants et l'organisation de regroupement des familles pour le Comité international de la Croix-Rouge, lui a fourni l'opportunité de compléter son éducation.

Une autre étudiante, Caline, suivra un cursus de droit grâce à la bourse DAFI. « Je veux devenir avocate pour aider ceux qui, sinon, ne seraient pas représentés », a-t-elle dit, notant que même si une paix relative avait été restaurée dans son petit pays entouré de terres, des litiges fonciers causés par la guerre et le déplacement étaient fréquents.

Comme Appolinaire, Caline a dit qu'elle avait, elle aussi, beaucoup appris durant la période où elle était réfugiée. « Dans le camp, nous recevions une ration alimentaire une fois toutes les deux semaines et vous deviez l'utiliser avec modération au risque de ne plus rien avoir à manger. J'ai appris à économiser et je saurai maintenant comment utiliser mon allocation. »

Le programme DAFI aide actuellement 1 800 étudiants réfugiés dans 33 pays. C'est le seul programme de bourses à grande échelle pour les réfugiés. Cette année, l'Allemagne a accru le financement pour ce programme de deux à cinq millions de dollars.

Cela a permis au HCR de mettre en place de nouvelles initiatives, incluant l'assistance aux réfugiés rapatriés et le financement de diplômes de masters. Auparavant, le programme DAFI aidait seulement ceux qui suivaient des cursus de premier et de deuxième cycle.

Les réfugiés bénéficiaires de bourses DAFI commencent l'année universitaire dans des établissements à travers le monde ce mois-ci. De belles perspectives d'avenir leur sont ainsi offertes. Une étude montre que plus de 95 pour cent des diplômés ayant bénéficié d'une bourse DAFI trouvent des emplois ayant un sens, tout particulièrement à leur retour chez eux, souvent dans les domaines de la reconstruction, de l'aide et du développement humanitaire.

Par Andreas Kirchhof à Bujumbura, Burundi

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Bourses DAFI

L'initiative académique allemande Albert Einstein pour les réfugiés, financée par l'Allemagne, fournit des bourses universitaires à des réfugiés pour qu'ils puissent poursuivre leurs études dans de nombreux pays.

Crise de la RD du Congo : Appel Urgent

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Alors qu'une distribution alimentaire massive a lieu dans six camps gérés par le HCR pour des dizaines de milliers de déplacés internes congolais au Nord-Kivu, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés continue à fournir des abris et des articles domestiques dont le besoin se fait ressentir d'urgence.

Un convoi de quatre camions, transportant 33 tonnes de divers biens de secours, notamment des bâches en plastique, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des jerrycans, a voyagé mercredi depuis le Rwanda vers Goma, la capitale de la province affectée par le conflit et située à l'est de la République démocratique du Congo (RDC). L'aide, en provenance d'un entrepôt régional d'urgence situé en Tanzanie, devait être distribuée immédiatement. L'aide d'urgence est arrivée à Goma alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) débutait, conjointement avec le HCR, une distribution de vivres pour quelque 135 000 déplacés internes hébergés dans les six camps situés aux alentours de Goma et gérés par le HCR.

Plus de 250 000 personnes sont déplacées dans le Nord-Kivu depuis la reprise des combats en août. On estime que la population déplacée s'élève à plus de 1,3 million de personnes dans cette province à elle seule.

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Lorsque la crise de déplacement a empiré dans le Nord-Kivu en 2007, l'agence pour les réfugiés a envoyé plusieurs équipes d'urgence sur place et a mis en oeuvre des opérations dans plusieurs camps accueillant des déplacés. Les efforts d'assistance comprennent aussi l'enregistrement de la population déplacée et la distribution d'articles non alimentaires. Le HCR mène également un contrôle dans le domaine de la protection pour identifier les abus des droits humains et d'autres problèmes, auxquels sont confrontés les déplacés dans le Nord et le Sud-Kivu.

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Le HCR coordonne la gestion de 31 camps de déplacés et fournit une assistance d'urgence. Ces camps sont localisés à travers tout le Nord-Kivu. Le HCR est confronté à des défis de taille en termes d'accès aux zones où les déplacés ont trouvé refuge et l'agence pour les réfugiés continue à réclamer l'accès humanitaire aux personnes dans le besoin afin de leur venir en aide.

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