ExCom : António Guterres lance un appel en faveur des pauvres et des déplacés de notre monde

Articles d'actualité, 6 octobre 2008

© HCR/D.Favre
Le Haut Commissaire António Guterres, lors de l'ouverture de la 59e réunion annuelle du Comité exécutif du HCR, l'organe directeur de l'agence pour les réfugiés.

GENEVE, 6 octobre (UNHCR) Alors que la communauté internationale est confrontée à une accumulation de tendances économiques, sociales et politiques inquiétantes qui menacent de déclencher de nouveaux déplacements dans les années à venir, le bien-être des pauvres et des déplacés de notre monde est de plus en plus menacé, a averti le Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres lundi.

A l'occasion de l'ouverture de la réunion annuelle du Comité exécutif du HCR, l'organe directeur de l'agence pour les réfugiés, António Guterres a indiqué qu'il serait tragique de constater que les fonds mis à la disposition de la communauté humanitaire en général et du HCR en particulier déclinent au moment précis où les sollicitations dont le HCR fait l'objet augmentent de façon aussi critique.

António Guterres a indiqué que les espoirs de l'après-guerre froide en une paix et une prospérité universelles avaient été éclipsés par la conjonction de plusieurs défis mondiaux adverses allant du changement climatique et des disparités économiques criantes à la compétition croissante pour des ressources. La situation est encore compliquée par des turbulences secouant les marchés financiers à l'échelle mondiale, par la conjoncture économique globale de plus en plus difficile et par des développements inquiétants sur la scène politique.

« La compétition pour des ressources rares est devenue un facteur de plus en plus déterminant dans le déclenchement et la poursuite de la violence », a dit António Guterres aux représentants des 76 Etats membres du Comité au Palais des Nations à Genève. « Nous sommes confrontés à une série de conflits interdépendants dans un arc de crises qui s'étend du sud-ouest de l'Asie au Moyen-Orient et à la Corne de l'Afrique. Certains d'entre eux s'enlisent, entraînant dans leur sillage des préoccupations concernant la sécurité mondiale. »

Les changements climatiques, la pauvreté extrême et le conflit sont de plus en plus inter reliés, a-t-il dit. En conséquence, le déplacement forcé s'accroît et, en parallèle, les demandes adressées au HCR. A la fin de 2007, on comptait 11,4 millions de réfugiés, et ce nombre est en augmentation.

Le nombre de déplacés internes des personnes qui, à la différence des réfugiés, n'ont pas franchi de frontière internationale mais qui sont déracinées au sein de leur propre pays est également en hausse. Sur un total de 26 millions de personnes déplacées par le conflit armé, le HCR travaille aujourd'hui auprès de 14 millions de personnes dans 28 pays. Ce chiffre représente presque le double de celui de 2005.

António Guterres a dit que l'agitation mondiale se reflète dans plusieurs domaines de l'activité du HCR. « Au cours des 18 derniers mois, nous avons fourni une aide d'urgence à plus de 40 pays », a dit le Haut Commissaire, qui a lancé un appel en faveur d'un débat sérieux et systématique de la communauté internationale sur sa réponse à l'échelle croissante et à la complexité du déplacement forcé. « En 2007, nous avons procédé à 197 déploiements d'urgence. Nous avons déjà dépassé ce chiffre cette année. »

Les prélèvements sur la Réserve des opérations du HCR pour répondre aux urgences sont passés de 34 millions de dollars en 2006 à plus de 87 millions en 2007. Le chiffre de 2008 sera de l'ordre de 150 millions. En 2008, les dépenses globales du HCR s'établiront à 1,6 milliard de dollars contre 1,1 milliard en 2006. António Guterres a indiqué que ces chiffres soulignaient l'immense pression pesant sur le HCR, qui faisait de son mieux pour minimiser ses coûts grâce à une série de réformes en cours, entamées en 2006.

« Nous voulons devenir une organisation plus efficace, plus efficiente et plus agile, plus réactive face aux besoins de nos bénéficiaires », a-t-il dit au sujet des réformes, ajoutant que le centre de gravité de l'action du HCR dans près de 120 pays se trouvait sur le terrain, souvent dans des lieux reculés et difficiles.

Le changement inclut la rationalisation du Siège du HCR à Genève, afin de réorienter autant de ressources que possible vers les opérations sur le terrain. António Guterres a indiqué que les effectifs du Siège avaient diminué, passant de 1 047 employés début 2006 à 747 aujourd'hui. Ce chiffre devrait s'établir au-dessous de 700 à la mi-2009. La part du budget du HCR allouée au Siège devrait diminuer à environ 9 pour cent cette année, par rapport à 13,9 pour cent en 2006.

Globalement, le pourcentage des dépenses de personnel a diminué de 42,5 pour cent en 2006 à 33,3 pour cent prévus en 2009. De nombreux postes du Siège ont été transférés vers le nouveau Centre de services globaux du HCR à Budapest, un transfert qui devrait permettre d'économiser au moins neuf millions de dollars par an à partir de 2009. António Guterres a dit que davantage de postes étaient en cours de transfert vers le terrain, pour une plus grande proximité avec les bénéficiaires du HCR, dans le cadre du programme de décentralisation et de régionalisation en cours, qui devrait se terminer à la mi-2009.

Il a déclaré que le montant de plus de 22 millions de dollars économisé par ces réformes, qui incluent aussi un train de réformes globales dans le secteur des ressources humaines, a déjà permis « une réelle différence pour les vies de nos bénéficiaires », en comblant des lacunes cruciales dans les secteurs du paludisme, de la malnutrition et de la santé de la reproduction ainsi que de la violence sexuelle et sexiste dans plusieurs pays.

Déclarant « que les bénéficiaires ne sont pas des nombres, mais des personnes qui ont des droits et des besoins », António Guterres a indiqué que l'heure était maintenant venue pour le HCR de changer sa procédure traditionnelle de prévision du budget sur la base de ces besoins, plutôt que sur l'appui que l'agence compte recevoir des donateurs. Le HCR a, en conséquence, lancé un processus d'évaluation des besoins globaux dans huit pays pilotes. La prochaine étape consistera à intégrer cette approche dans l'ensemble de ses opérations.

António Guterres a rappelé au Comité exécutif qui approuve le budget annuel du HCR que l'agence pour les réfugiés devait recevoir un soutien financier suffisant pour remplir son mandat de protection. Le budget annuel révisé proposé par le HCR pour 2009 s'élève à 1,275 milliard de dollars, avec un montant additionnel pour ses programmes supplémentaires estimé à 535 millions de dollars.

« Alors que nous faisons de notre mieux pour minimiser les coûts, notre budget ne nous permet pas de répondre aux besoins globaux de nos bénéficiaires », a-t-il dit. « Compte tenu du prix élevé des vivres et de l'énergie, leur bien-être est sérieusement menacé. En même temps, on nous demande de faire toujours plus et de répondre à des sollicitations toujours plus grandes. »

« Je reconnais pleinement les difficultés de la conjoncture financière », a-t-il poursuivi. « En même temps, je dois faire remarquer que les ressources nécessaires pour venir en aide aux 31 millions de personnes dont nous avons la charge sont très modestes lorsqu'on les compare aux sommes versées pour stabiliser le système financier international. »

António Guterres a souligné « qu'un homme qui a faim est un homme en colère. » Il a averti que si la communauté internationale n'arrive pas à répondre aux besoins essentiels des pauvres de notre monde, « alors il faudra nous attendre à davantage d'agitation sociale et politique dans les années à venir. »

Le Président du Comité international de la Croix-Rouge, Jakob Kellenberger, a également pris la parole lors de l'ouverture du Comité exécutif. Lors de la séance d'ouverture, de nouveaux Etats membres ont aussi été accueillis : le Bénin, le Luxembourg, le Monténégro et l'Ex-République yougoslave de Macédoine.

Lundi en fin de journée, António Guterres devrait remettre la distinction Nansen pour les réfugiés 2008 au Centre de coordination de l'action contre les mines des Nations Unies au Sud-Liban, représenté par son responsable de programme Christopher Clark et le démineur Jamal Hammoud.

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