Le rêve australien d'un réfugié iraquien devient réalité

Articles d'actualité, 25 septembre 2008

© HCR/A.Restu
Contrôle de sécurité à l'aéroport de Djakarta : le réfugié Ihsan Abdulrassoul Hassoun rejoint finalement l'Australie, le pays dont il avait rêvé depuis si longtemps.

DJAKARTA, Indonésie, 25 septembre (UNHCR) Depuis la prison que constituait l'Iraq de Saddam Hussein, l'Australie apparaissait comme une terre promise pour Ihsan Abdulrassoul Hassoun. « J'avais un neveu qui avait émigré il y a longtemps dans ce pays où il a très bien réussi », a-t-il expliqué. « Je n'avais alors qu'une seule idée en tête : je voulais le rejoindre en Australie. »

Poussé par ce désir si fort, il s'est enfui depuis l'Iraq en payant des passeurs pour l'aider à rejoindre le pays de ses rêves. Maintenant, sept ans après qu'il se soit échappé illégalement, Ihsan Abdulrassoul Hassoun vit légalement en Australie, grâce au programme de réinstallation pour les réfugiés mis en œuvre par l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et le Gouvernement australien.

Il a quitté l'Iraq pour sauver sa vie, fuyant la persécution en tant que membre d'une minorité religieuse après que son frère ait été tué. Après un bref passage en Malaisie et en Indonésie, il a embarqué dans un bateau de passeurs pour se rendre en Australie en septembre 2001. L'embarcation a été interceptée par la marine australienne et elle a dû rebrousser chemin. Ihsan Abdulrassoul Hassoun et les passagers du bateau ont alors été bloqués dans l'île de Lombok, avant d'être transférés dans la région ouest de Java.

Sept ans d'incertitudes ont suivi, durant lesquels Ihsan Abdulrassoul Hassoun a appris à parler l'indonésien bahasa, mais il ne pouvait pas travailler légalement ni s'intégrer dans la communauté locale. « Durant ces sept dernières années, je ressentais de la tristesse quand je pensais à mon avenir, même si autour de moi les gens étaient très gentils », a-t-il expliqué.

Après être passé par une longue procédure pour recevoir le statut de réfugié, Ihsan Abdulrassoul Hassoun a bénéficié d'un programme humanitaire du HCR, lancé en 2005 par l'agence pour les réfugiés en coopération avec plusieurs pays pour trouver des solutions durables pour les réfugiés iraquiens et afghans présents en Indonésie. La plupart d'entre eux avaient vécu dans le pays depuis quatre à six ans, ils ne peuvent pas travailler, suivre une formation ou s'intégrer durablement. Un retour dans leur pays d'origine n'est pas envisageable pour le moment.

« L'Indonésie a fait preuve d'une grande générosité en permettant aux réfugiés de rester temporairement dans le pays alors qu'ils cherchaient une solution plus durable », a dit Robert Ashe, le délégué régional du HCR à Djakarta. « Cette solution est maintenant offerte par l'Australie, un pays qui soutient le travail du HCR de façon importante, à la fois par des contributions financières et aussi en termes d'opportunités de réinstallation fournies aux réfugiés originaires de nombreux pays à travers le monde. »

Ihsan Abdulrassoul Hassoun, âgé maintenant de 48 ans, a récemment fait le voyage par avion depuis Djakarta, il était très impatient de commencer une nouvelle vie en Australie. « Maintenant, j'ai retrouvé de l'espoir pour mon avenir », a-t-il dit. « Je peux maintenant faire des projets pour ma nouvelle vie en Australie. Je voudrais d'abord apprendre l'anglais, et ensuite je commencerai à chercher un nouvel emploi l'année prochaine. »

Il gardera longtemps en mémoire l'accueil prodigué par l'Indonésie, le pays qui l'a généreusement hébergé durant son attente d'une solution durable : « Je n'oublierai jamais l'Indonésie, un jour je reviendrai en Indonésie pour rendre visite à mes amis. »

Par Anita Restu à Jakarta, Indonésie

• FAITES UN DON •

 

• COMMENT NOUS AIDER • • RESTEZ INFORMÉS •

Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Ces derniers jours, des centaines de milliers d'Iraquiens ont fui les combats dans la ville de Mossoul et d'autres cités du nord de l'Iraq. Des employés du HCR sont sur le terrain pour suivre les déplacements et aider les personnes dans le besoin. Les besoins sont immenses. Le HCR fait son possible pour assurer la protection et fournir des abris ainsi que des articles de secours, notamment des tentes. De nombreux déplacés ont quitté leurs maisons sans rien d'autre que les vêtements portés ce jour-là. Certains n'ont pas d'argent pour payer le logement, la nourriture, l'eau potable ou les soins de santé. Ils arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan d'Iraq sans savoir où aller, ni comment payer leurs dépenses.

Les agences des Nations Unies, les organisations humanitaires et les fonctionnaires gouvernementaux coordonnent leurs efforts pour aider les personnes dans le besoin. Les agences des Nations Unies lancent un appel de fonds supplémentaire d'urgence. Le HCR espère fournir des kits d'urgence ainsi que des milliers de tentes et travaille également avec ses partenaires pour protéger et aider les personnes déplacées.

L'exode dans le nord s'ajoute aux déplacements de populations massifs cette année dans le gouvernorat iraquien d'Anbar, où les combats depuis janvier ont contraint quelque 500 000 personnes à fuir cette province pour chercher refuge dans des zones plus sûres.

Iraq: Déplacement massif depuis Mossoul

Crise en Iraq : Trouver un logement

Des dizaines de milliers de personnes ont fui vers les gouvernorats d'Erbil et de Duhok dans la région du Kurdistan d'Iraq la semaine dernière. Ces déplacés ont trouvé abri dans des écoles, des mosquées, des églises et des camps de transit après une éruption de violence qui déchire certaines régions du centre et du nord de l'Iraq. Le HCR et ses partenaires font leur possible pour répondre aux besoins urgents en termes d'abri. Le HCR a livré près de 1 000 tentes dans un camp de transit en cours de construction par les autorités et les ONG à Garmawa, près de Duhok.

De nombreux déplacés originaires de Mossoul arrivent aux postes de contrôle entre le gouvernorat de Ninive et la région du Kurdistan iraquien. Ils ont des ressources limitées et n'ont pas les moyens de se payer un logement. Certains sont hébergés par des proches. D'autres résident à l'hôtel en puisant dans leurs maigres ressources.

Dans le village d'Alqosh, quelque 150 personnes (soit 20 familles) sont arrivées avec de rares effets personnels en plus des vêtements qu'ils portaient le jour où ils ont fui. Ces déplacés vivent dans plusieurs salles de classe d'une école primaire depuis la semaine dernière. Tous ces locaux sont actuellement bondés. Un membre du groupe a expliqué qu'il vivait auparavant dans un appartement loué à Mossoul et qu'il menait une vie de famille normale. Toutefois, à Alqosh, ils craignent pour le bien-être et l'éducation de leurs enfants ainsi que la présence de serpents et de scorpions.

Crise en Iraq : Trouver un logement

Enfants d'Erbil : des réfugiés syriens dans une zone urbaine en Irak

Les enfants qui ont trouvé refuge dans des zones urbaines avec leurs familles, font partie des réfugiés syriens parmi les plus vulnérables. A la différence de ceux qui sont hébergés dans des camps, les réfugiés qui vivent en ville dans des pays comme l'Irak, la Turquie et la Jordanie, ont souvent du mal à accéder à l'aide et à la protection. Dans un camp de réfugiés, il est plus facile pour des organisations humanitaires comme le HCR de fournir un abri et une assistance régulière, notamment des vivres, des soins de santé et un accès à l'éducation. Trouver les réfugiés en zones urbaines, sans parler de les aider, n'est pas une tâche facile.

En Irak, environ 100 000 réfugiés syriens sur les 143 000 présents dans le pays, vivraient en zones urbaines - dont 40% d'enfants âgés de moins de 18 ans. Les photos suivantes, prises par Brian Sokol dans la ville d'Erbil au nord de l'Irak, donnent un aperçu de la vie de certains de ces jeunes réfugiés urbains. Elles montrent la dureté de la vie quotidienne mais aussi la résilience, l'adaptabilité et le courage de ces jeunes dont la vie a été bouleversée au cours des deux dernières années.

La vie est difficile à Erbil, la capitale de la région du Kurdistan en Iraq. Le coût de la vie est élevé et il n'est pas facile de trouver du travail. Les réfugiés doivent aussi consacrer une part importante de leurs ressources limitées au loyer. Le HCR et ses partenaires, dont le Gouvernement régional kurde, se démènent pour aider les personnes dans le besoin.

Enfants d'Erbil : des réfugiés syriens dans une zone urbaine en Irak

Philippines : survivre au typhon Haiyan, un an après la devastationPlay video

Philippines : survivre au typhon Haiyan, un an après la devastation

Le 8 novembre 2013, le typhon Haiyan a balayé le centre des Philippines, dévastant tout sur son passage et tuant des milliers de personnes. Un an après, la reconstruction dure toujours. Sur l'île de Leyte, Bartolome témoigne de la vie de sa famille, pendant plusieurs semaines dans un bateau échoué après la destruction de leur maison.
Iraq: Un généreux donateurPlay video

Iraq: Un généreux donateur

L'afflux de réfugiés est important à Dohouk où Fahrad a construit un camp, avec des tentes, de l'électricité, de l'eau ... un lieu de refuge. Sa compassion est sincère ... Dans son enfance, il avait également dû fuir sa maison.
Myanmar: Créer des liensPlay video

Myanmar: Créer des liens

Les ateliers de formation à la couture pour les déplacées kachin au Myanmar sont un succès. Ils leur permettent d'acquérir une compétence professionnelle, de construire une camaraderie entre bénéficiaires en créant des liens et des réseaux de soutien et, enfin, de renforcer leur confiance.