Les agences des Nations Unies travaillent ensemble pour la prévention du VIH/SIDA dans les camps de réfugiés en Zambie

Articles d'actualité, 29 mars 2007

© Family Health International/K.Torpey
Enquête sur les comportements dans le camp de Mwange, au nord de la Zambie. Selon l'étude menée dans deux camps accueillant des réfugiés congolais, l'utilisation des préservatifs est bien moins diffuse dans ces derniers que parmi les populations zambiennes voisines.

LUSAKA, Zambie, 29 mars (UNHCR) Cette semaine, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) a donné 1,2 million de préservatifs à l'UNHCR pour les réfugiés en Zambie. Les deux agences des Nations Unies ont en effet collaboré à un projet pour la prévention du VIH/SIDA et d'autres maladies sexuellement transmissibles (MST) chez les réfugiés.

Ce don a été fait suite aux résultats de l'Enquête de surveillance des comportements, menée au nord de la Zambie dans les camps de Mwange et de Kala, qui hébergent des réfugiés congolais. L'étude a révélé que les préservatifs ne sont pas très utilisés dans les camps, beaucoup moins que parmi les populations zambiennes avoisinantes.

La prévalence du VIH/SIDA chez les réfugiés congolais de ces deux camps gérés par l'UNHCR et le Gouvernement zambien est toutefois seulement de 2,4 pour cent, une valeur considérablement inférieure à la moyenne nationale en Zambie, qui est de 19 pour cent. Il est absolument vital que ce taux d'infection reste bas, notamment grâce à des mesures comme celle qui encourage l'utilisation des préservatifs.

« Ce don aura un impact considérable sur la prévention de nouvelles infections à VIH/SIDA dans les communautés de réfugiés en Zambie », a déclaré Dillah Doumaye, délégué régional par intérim de l'UNHCR, lors de la cérémonie organisée à l'occasion du don.

Dillah Doumaye a expliqué que le don d'1,2 million de préservatifs masculins reçus en Zambie faisait partie d'un don de plus de 11 millions de préservatifs masculins et de 162 000 préservatifs féminins offerts par le FNUAP à l'UNHCR pour ses opérations dans le monde entier.

Le délégué national du FNUAP, Deji Popoola, a souligné que les préservatifs doivent être rapidement disponibles et gratuits, ou avoir un prix abordable. Il faut promouvoir leur utilisation de façon à dépasser les obstacles d'ordre social ou personnel à leur utilisation.

« Nous savons que les réfugiés ont des contacts de différente nature avec les communautés locales du pays d'accueil », a ajouté Deji Popoola. « Par conséquent, les problèmes des réfugiés deviendront ceux des habitants du pays hôte, et vice versa. C'est évident, la propagation du VIH/SIDA et des MST ne connaît pas de frontière. »

L'Enquête de surveillance des comportements a été menée en 2006, mais les résultats ont été publiés seulement la semaine dernière lors d'un groupe de travail à Lusaka regroupant des représentants de gouvernements, les Nations Unies, les partenaires d'exécution de l'UNHCR et d'autres agences.

L'étude a déterminé que seulement 29 pour cent des réfugiés du camp de Kala utilisaient des préservatifs lors de relations sexuelles avec un partenaire non régulier en dépit du fait que les préservatifs soient partout à disposition dans le camp en comparaison de 60 pour cent des membres des communautés voisines. A Mwange, 27 pour cent des réfugiés et 40 pour cent des communautés avoisinantes utilisaient un préservatif pour des relations sexuelles avec des partenaires non réguliers.

Par ailleurs, le rapport indique que malgré une bonne connaissance sur le VIH et le SIDA parmi les réfugiés, ils adoptent souvent des comportements qui augmentent considérablement le risque de transmission par le VIH comme le recours à la prostitution ou la multiplication des partenaires.

Le groupe de travail a établi que, depuis que l'interaction entre les réfugiés et les communautés hôtes s'était développée, les programmes devraient continuer à concerner les deux groupes.

« Quand nous sommes arrivés en Zambie, nous avons trouvé très peu de services, même pour les communautés locales. Maintenant, les services se sont développés », a indiqué Kyato Mambwe, un représentant de réfugiés du camp de Mwange, lors du groupe de travail. « Une fois que nous rentrerons, l'UNHCR et le gouvernement ne devront pas oublier cette communauté. Les programmes de lutte contre le VIH et le SIDA doivent continuer. »

Selon les conclusions du groupe de travail, il est recommandé notamment aux parents de décourager les mariages trop précoces et aux jeunes de participer à des discussions pour savoir comment éviter les comportements sexuels à risque ; il faut également pouvoir parler avec les réfugiés de leurs croyances et de leurs préjugés, de manière à modifier les attitudes négatives vis-à-vis des personnes malades du VIH et du SIDA.

Le groupe de travail a recommandé aussi une plus forte implication dans des stratégies de communication visant à modifier les comportements, impliquant des groupes de femmes, de jeunes, de chefs religieux ou traditionnels et des groupes de discussion sur le VIH/SIDA dans les écoles. Il a conseillé d'explorer des nouvelles techniques pour communiquer avec les réfugiés et les communautés d'accueil, comme par exemple les programmes de la radio locale. Les participants ont insisté sur l'idée de renforcer les campagnes dont le message est « il faut que tu saches », qui présentent les avantages de faire le test du VIH/SIDA.

Des informations supplémentaires sur le VIH/SIDA seront intégrées et mises à disposition dans les programmes de rapatriement librement consenti que l'UNHCR prépare actuellement pour les réfugiés congolais en Zambie. Les rapatriés bien informés sur le VIH pourront ainsi rentrer dans la République démocratique du Congo et transmettre leurs connaissances à leurs compatriotes.

Par Kelvin Shimo à Lusaka, Zambie

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