Une embarcation fluviale pour apporter de l'aide médicale aux communautés réfugiées isolées d'Equateur

Articles d'actualité, 2 septembre 2008

© HCR/A.Escalante
Le bateau de santé se rend auprès des communautés réfugiées isolées le long de la frontière avec la Colombie.

MONTEPA, Equateur, 2 septembre (HCR) Cela prend plusieurs heures par bateau aux gens de Montepa, une petite communauté installée en bordure de rivière dans le nord de l'Equateur, pour se rendre auprès du docteur le plus proche. Alors que de nombreuses personnes souffrent de problèmes de santé dans la jungle très humide, ce voyage sur la rivière est un luxe que beaucoup, dans cette zone défavorisée, ne peuvent se permettre.

Désormais, ce sont les docteurs et les infirmières qui viendront jusqu'aux patients à Montepa et dans les autres installations situées le long de la rivière San Miguel, où environ 40 pour cent des habitants sont des Colombiens qui ont fui le conflit dans leur pays.

Fin août, les autorités sanitaires régionales ont lancé un service de santé itinérant avec le soutien de l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et la localité voisine de Lago Agrío. La clinique flottante, surnommée « le bateau de santé », fera continuellement la navette entre 28 communautés localisées le long de la rivière. Il apportera des soins médicaux dont la nécessité se fait grandement sentir aux personnes souffrant de malaria et d'autres problèmes de santé propres aux zones tropicales.

Avec un équipage à plein temps, un médecin et deux travailleurs de santé volontaires, le bateau transportera des médicaments, et des équipements donnés par le HCR, pour réaliser des bilans de santé, des soins dentaires et des traitements d'urgence. La municipalité a donné son accord pour couvrir l'ensemble des frais d'essence.

Ce service est plus que nécessaire. « Le climat tropical et le manque d'infrastructures dans cette partie du pays provoquent beaucoup de maladies qui peuvent rapidement menacer la vie des personnes, si elles ne sont pas traitées à temps », explique Yolanda Gomez, qui travaille pour les autorités sanitaires de la province de Sucumbíos depuis 30 ans.

Le service de santé flottant fait déjà une grande différence pour les communautés locales, notamment pour les Colombiens qui ont trouvé un abri dans cette région et dont la majorité appartient au groupe indigène Quichua.

Eduardo, un Colombien de 40 ans, et sa femme font partie de ceux à Montepa qui furent les premiers surpris, puis enchantés, lorsque « le bateau de santé » est arrivé à Montepa lors de son premier tour de santé le 21 août.

Ses quatre enfants, dont deux sont nés en Equateur, ont pu avoir leur premier bilan de santé depuis des années, et l'ensemble de la famille a été testé pour la malaria et a reçu des médicaments ainsi que des vitamines. Un dossier médical a été ouvert pour chaque membre de la famille, auquel pourront se référer les médecins de la rivière lors de leur prochaine visite à Montepa dans deux mois.

En plus de ces soins médicaux, « le bateau de santé » a apporté de bonnes nouvelles à Eduardo et sa famille les représentants du HCR lui ont appris qu'ils pouvaient demander l'asile en Equateur et qu'il pouvait enregistrer la naissance de ses deux plus jeunes enfants auprès des autorités locales. Beaucoup de Colombiens ne se présentent pas pour s'enregistrer comme réfugiés par crainte, par ignorance ou du fait de leur extrême isolement.

Pour l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, soutenir la clinique flottante s'inscrit naturellement dans le cadre de ses efforts pour aider les dizaines de milliers de Colombiens qui se trouveraient en Equateur, principalement dans les régions frontalières du nord.

« Le HCR n'oublie pas que des victimes du conflit armé arrivent chaque jour dans cette région », a déclaré Luis Varese, le représentant adjoint de l'agence en Equateur, lors du voyage inaugural. « Avec le Gouvernement équatorien, nous continuerons nos efforts pour améliorer les conditions de vie de chacun. »

Il y a environ 18 000 réfugiés enregistrés en Equateur. Le gouvernement estime que l'on peut multiplier par 10 le nombre de personnes qui pourraient avoir besoin de protection internationale.

Le HCR a trois bureaux de terrain dans le nord de l'Equateur, où il fournit protection internationale, information juridique et assistance aux réfugiés et aux autres personnes vivant dans des situations assimilables à celle des réfugiés. En coopération avec les autorités locales et nationales, la société civile et d'autres partenaires, l'agence fournit de l'aide humanitaire, réalise des infrastructures de base et met en œuvre des programmes générateurs de revenus pour améliorer les conditions de vie des réfugiés et des communautés d'accueil.

Par Xavier Orellana et Andrea Escalante à Montepa, Equateur

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Angelina Jolie : mission en Equateur

Angelina Jolie s'est rendue en Equateur ce week-end, pour sa première mission en tant qu'Envoyée spéciale du Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés António Guterres.

En tant qu'Ambassadrice de bonne volonté du HCR, Angelina Jolie avait mené plus de 40 missions sur le terrain durant la dernière décennie. C'est son troisième voyage en Equateur. Ce pays accueille la plus importante population réfugiée en Amérique latine.

L'Equateur accueille actuellement environ 56 000 réfugiés et 21 000 demandeurs d'asile. Ce pays reçoit chaque mois 1 300 nouvelles demandes d'asile déposées par des ressortissants colombiens ayant fui leur pays. Beaucoup vivent dans des régions isolées et démunies qui sont situées près de la frontière colombienne.

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Lutte contre la menace d'extinction

Parmi les populations indigènes menacées d'extinction en Colombie, certaines se trouvent dans une situation plus risquée encore, comme la tribu Tulé par exemple. Cette population compte seulement 1 200 membres vivant dans trois localités des départements limitrophes de Choco et d'Antiquoia au nord-ouest de la Colombie.

Quelque 500 d'entre eux vivent dans la commune d'Unguia à Choco, une zone stratégiquement importante située à la frontière avec le Panama, où abondent le bois de construction, les minéraux et d'autres ressources naturelles. Malheureusement, ces richesses ont attiré la convoitise des groupes armés illégaux et criminels durant cette dernière décennie.

De nombreux membres de cette tribu avaient alors trouvé refuge au Panama ou ailleurs dans la province de Choco. Toutefois un groupe déterminé d'entre eux a décidé de rester, craignant que la tribu ne survivrait jamais si ses membres quittaient leurs terres ancestrales et s'ils abandonnaient leurs traditions.

Le HCR travaille déjà de longue date sur ces problèmes, et appuie le développement d'une stratégie visant à prévenir le déplacement, ou au moins à assurer que les Tulés ne devront jamais quitter définitivement leur territoire.

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Réfugiés invisibles au Panama

La guerre civile en Colombie a forcé des millions de personnes à fuir de chez elles, dont des centaines de milliers qui ont cherché refuge dans d'autres pays de la région.

Au Panama, le long de la frontière avec la Colombie, la région de Darien est recouverte d'une épaisse jungle inhospitalière et accessible uniquement par bateau. Néanmoins, de nombreux Colombiens sont venus jusque-là pour trouver refuge, après avoir fui les groupes armés irréguliers qui contrôlent de vastes territoires de jungle de l'autre côté de la frontière.

De nombreuses familles réfugiées au Darien font partie de minorités éthniques de Colombie - indigènes ou afro-colombiennes - qui ont été particulièrement affectées par le conflit et déplacées en grand nombre. Ces dernières années, un nombre croissant de réfugiés colombiens ont également rejoint la capitale, Panama City.

Environ 12 500 Colombiens relevant du mandat de l'UNHCR se trouvent au Panama, mais beaucoup préfèrent ne pas se faire connaître des autorités et rester cachés. Venir en aide à cette population « invisible » est l'un des plus grands défis que rencontre l'UNHCR non seulement au Panama, mais aussi en Equateur et au Vénézuela.

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Le chef du HCR António Guterres se rend en Equateur avant la Journée mondiale du réfugié et rend hommage à ce pays pour l'accueil qu'il réserve aux réfugiés.
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