A Baidoa, le HCR aide les femmes somaliennes en quête d'emploi et de sécurité

Articles d'actualité, 1 septembre 2008

© HCR/A.Albadri
Un groupe de Somaliennes déplacées participe à un projet sur les moyens de subsistance soutenu par le HCR.

BAIDOA, Somalie, 1er septembre (HCR) Lorsque son époux est tombé malade, Khadra* est devenue l'unique gagne-pain de la famille. Pour une déplacée interne arrivée de Mogadiscio un an auparavant comme elle, les opportunités étaient rares et elle a dû se résoudre à mener une activité à risque, la collecte de bois.

« Chaque jour, je devais marcher 10 kilomètres hors de la ville avec mes deux petites filles. Nous ramassions du bois et le vendions pour 30 000 shillings somaliens (l'équivalent d'un dollar) », a-t-elle expliqué au HCR depuis Baidoa, une ville située à environ 230 kilomètres au nord-ouest de la capitale somalienne de Mogadiscio, avant d'ajouter que ce revenu ne suffisait pas à répondre aux besoins de sa famille.

Ce travail a aussi placé Khadra et ses filles dans une situation très risquée. « Un jour, j'ai été poursuivie par plusieurs hommes armés. Cette fois-là j'ai pu m'échapper mais à d'autres occasions certaines de mes amies ont été violées », dit-elle. Khadra a décidé que cela ne valait pas la peine de risquer sa vie et s'est mise à la recherche d'un emploi de domestique, certes moins dangereux mais encore moins lucratif.

Son dilemme est celui de milliers d'autres femmes déplacées en Somalie, des femmes qui luttent sans cesse pour trouver de quoi vivre en faisant des lessives, en ramassant des ordures ou même parfois en se prostituant avec pour seul objectif d'assurer leur survie et celle des personnes à leur charge. Beaucoup continuent à prendre les risques inhérents à la collecte de bois.

C'est sur ce fond de misère et de sombre situation politique en Somalie où les combats survenus l'an passé entre le gouvernement et les combattants rebelles ont contraint quelque 850 000 personnes à fuir leur foyer à Mogadiscio que le HCR et ses partenaires tant nationaux qu'internationaux ont mené des projets pour aider les soutiens de famille comme Khadra à gagner de quoi vivre sans pour autant mettre leur vie en danger ou être exploités.

Les allocations du HCR ont été attribuées à un petit nombre de femmes à Baidoa et dans des zones plus proches de Mogadiscio afin de les aider à démarrer de petits commerces, comme la vente de fruits ou de légumes. Comme elles n'ont plus à mendier ou ont cessé de se faire exploiter, elles retrouvent leur dignité et recommencent à croire en un avenir meilleur.

« Comme je n'ai plus à ramasser de bois, je me sens plus en sécurité, et surtout, je n'ai plus peur pour mes deux filles », a expliqué Khadra, qui fait maintenant du petit commerce grâce à l'allocation financière qu'elle a reçue dans le cadre d'un projet mis en œuvre pour le HCR par Bay Women's Development Network, une agence humanitaire somalienne. « Je me fais moins de souci désormais car je serai en mesure de pourvoir aux besoins de mes enfants, et à ceux du bébé que j'attends », a-t-elle ajouté.

Le HCR prévoit de développer des programmes de « protection par les moyens de subsistance », qui mettent l'accent sur la participation des femmes. Elles seront ainsi capables de donner leurs avis sur le type de petits commerces qu'elles souhaitent commencer et d'aider à établir des mécanismes permettant de signaler tout risque d'abus.

Pour le moment, la plupart des déplacées continuent néanmoins à risquer leurs santé et leur sécurité en effectuant un travail aussi dangereux que pénible pour leur dos. « Depuis que j'ai commencé à ramasser les déchets, je ne me sens pas bien », a expliqué Hoda,* une autre Somalienne déplacée qui doit entreposer les déchets devant son modeste abri. Son plus jeune enfant est également tombé malade.

* Les noms ont été modifiés par mesure de protection

Par Alexander Tyler et Catherine Weibel à Baidoa, en Somalie

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Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

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