Le HCR aménage un passage sûr aux Géorgiens craignant une reprise des combats

Articles d'actualité, 15 août 2008

© HCR/S.Neuman
Une photo prise par téléphone mobile montre des camions de l'UNHCR transportant des personnes hors d'une zone touchée par les combats et située dans une région très isolée et dangereuse, à l'ouest de la Géorgie.

GENEVE, 15 août (UNHCR) Plus de 700 habitants apeurés de la vallée isolée de Khodori, située dans la région séparatiste géorgienne d'Abkhazie, ont été accompagnés vers un lieu sûr dans le cadre d'une opération ayant duré deux jours et organisée par l'UNHCR. Parallèlement, le pont aérien mis en place par l'UNHCR a déjà permis d'acheminer 100 tonnes d'aide humanitaire vers la Géorgie.

Des centaines de civils géorgiens au début de cette semaine ont demandé l'aide de l'UNHCR après avoir fui le week-end dernier leurs maisons dans la vallée de Khodori, dans la région séparatiste d'Abkhazie en Géorgie, vers le village de Tchuberi, situé à quelque 80 kilomètres au nord de la ville de Zugdidi dans l'ouest de la Géorgie.

Le groupe, craignant de devoir passer via des points de contrôle militaires, a demandé au bureau de l'UNHCR de Zugdidi de l'escorter vers un lieu sûr. Au total, 732 personnes apeurées ont été accompagnées par des employés de l'UNHCR dans deux convois comprenant des véhicules, des camions et des bus privés ainsi que des camions de l'UNHCR qui ont voyagé depuis le village de Tchuberi vers la ville de Kutaisi, leur destination finale. Le second et dernier convoi a finalement atteint Kutaisi à 3 heures du matin vendredi. Toutes les personnes sont arrivées saines et sauves, sans incident.

« Pour la plupart, ces personnes sont en bonne condition physique, mais elles sont traumatisées et choquées par les violents événements de la semaine dernière et elles craignent pour leur propre sécurité. Elles nous ont demandé de leur garantir un passage sûr », a indiqué Srecko Neumann, le chef du bureau de l'UNHCR à Zugdidi. « Cela aurait été impossible sans la coopération des autorités russes et géorgiennes. »

Le premier convoi de fortune, transportant 541 personnes à bord de quelque 40 véhicules, des camions et des bus privés ainsi que trois camions de l'UNHCR, est arrivé mercredi soir dans un centre de transit temporaire établi dans le stade local de Zugdidi. Sur place, les personnes déplacées ont reçu de la nourriture, de l'eau et une assistance médicale, avant de repartir dans la nuit vers Kutaisi.

Le second convoi a atteint Zugdidi jeudi soir. Il transportait un groupe supplémentaire comptant 191 personnes depuis le village de Tchuberi. Le ministère géorgien pour les réfugiés et le logement a fourni une aide pour le transport vers Kutaisi, où les personnes déplacées sont maintenant hébergées dans cinq centres collectifs publics. L'UNHCR fait le suivi de leurs conditions d'hébergement et de leurs besoins.

Le bureau de l'UNHCR à Zugdidi reste en contact avec les fonctionnaires locaux à Tchuberi pour parer à de nouvelles arrivées éventuelles de déplacés internes dans la région.

Parallèlement, le troisième vol humanitaire de l'UNHCR vers la Géorgie, dans le cadre du pont aérien mis en place depuis l'éruption du conflit en Ossétie du Sud, a décollé de Copenhague avec à son bord plus de 38 tonnes de jerrycans, de couvertures, de trousses d'ustensiles de cuisine et d'équipements de télécommunication. Il fait suite à deux précédents vols arrivés depuis le stock central d'urgence de l'UNHCR à Dubaï mardi et jeudi.

Avec ce vol, l'UNHCR aura déjà livré plus de 100 tonnes de biens de secours en cinq jours, soit suffisamment pour plus de 50 000 personnes. En plus de l'aide humanitaire transportée par avion pour augmenter nos stocks déjà existants en Géorgie, le bureau de l'UNHCR à Tbilissi a commencé à acheter divers articles non alimentaires sur place.

La semaine prochaine, mardi et mercredi, l'UNHCR va procéder à deux nouvelles rotations, dans le cadre du pont aérien, vers Vladikavkaz en Fédération de Russie, après que les autorités russes aient accepté la proposition d'assistance humanitaire du Haut Commissaire. L'UNHCR a un bureau à Vladikavkaz, en Ossétie du Nord, qui assistera nos partenaires russes à réceptionner les biens de secours.

Le Haut Commissaire António Guterres sera en Géorgie et en Fédération de Russie la semaine prochaine afin d'évaluer les opérations humanitaires de l'UNHCR dans les deux pays et de discuter avec les deux gouvernements de l'aide humanitaire supplémentaire dont ils pourraient avoir besoin. António Guterres continuera à demander avec insistance la protection de la population civile, tout particulièrement des déplacés, et l'accès pour les agences humanitaires.

Selon les chiffres les plus récents des deux gouvernements, le nombre total de personnes déracinées par le conflit approche les 118 000. Les officiels russes en Ossétie du Nord indiquent qu'environ 30 000 personnes originaires d'Ossétie du Sud se trouvent toujours en Fédération de Russie. Les officiels géorgiens rapportent qu'un nombre pouvant atteindre 15 000 individus ont fui l'Ossétie du Sud, pour se diriger plus au sud, en Géorgie même. Par ailleurs, environ 73 000 personnes sont déplacées à l'intérieur même de la Géorgie, y compris l'essentiel de la population de Gori qui se trouve juste au sud de la démarcation avec l'Ossétie du Sud.

L'UNHCR, qui dispose de six bureaux en Géorgie travaillant au bénéfice de quelque 275 000 personnes précédemment déplacées, poursuit résolument ses projets de distribution d'assistance le plus rapidement possible aux personnes nouvellement déplacées. Un premier lot d'articles de secours a été distribué à quelque 2 000 personnes dans et autour de la capitale. Des tentes et d'autres articles ont été livrés précédemment à Gori. Par ailleurs, un total de 20 équipes de l'UNHCR ont sillonné toute la Géorgie pour mener des évaluations des besoins.

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Ingouchie

Lorsque le conflit a éclaté entre troupes gouvernementales et forces rebelles en Tchétchénie, en 1999, plus de 200 000 personnes ont fui, la plupart vers l'Ingouchie voisine. En décembre 2003, quelque 62 000 déplacés internes de Tchétchénie s'entassaient encore dans des installations temporaires ou des logements privés. Ceux qui vivaient dans les installations temporaires étaient continuellement menacés d'expulsion par des propriétaires désireux de récupérer leurs bâtiments.

Environ 7900 autres Tchétchènes et Ingouches déplacés de Tchétchénie vivaient en outre dans les camps de Satsita, Sputnik et Bart.

Les autorités russes ne cessaient d'appeler à la fermeture des camps et au retour des personnes déplacées de Tchétchénie. Trois camps avaient fermé au cours de 2003 - le camp Iman à Aki Yurt, le camp B " Bella " et le camp A " Alina ", les trois autres ont fermé entre mars et juin 2004. Il n'est resté, aux 52 000 déplacés qui ne voulaient pas retourner en Tchétchénie, que l'option de se trouver un abri dans des installations temporaires en Ingouchie ou dans des logements privés.

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