Près de 160 boat people secourus par des gardes-côtes yéménites

Articles d'actualité, 13 août 2008

© HCR/A.Fazzina
Un groupe d'Ethiopiens arrive au Yémen à l'aube, après deux jours de traversée mouvementée dans le golfe d'Aden. Nombre d'entre eux ne survivent pas à ce voyage périlleux effectué dans une mer démontée à bord de bateaux de passeurs impropres à la navigation.

MAYFA'A, Yémen, 13 août (UNHCR) Six personnes sont portées disparues après le naufrage, dans le golfe d'Aden la semaine dernière, d'un bateau de passeurs naviguant en dehors de la saison de navigation dans une mer démontée. Tout porte à croire qu'une nouvelle saison de traite d'êtres humains pourrait avoir commencé prématurément et plus intensément qu'auparavant.

Samedi dernier, des employés de l'UNHCR du centre de réception de Mayfa'a dans le sud du Yémen ont indiqué qu'un bateau de pêche transportant environ 175 personnes était bloqué en haute mer après une panne survenue lors de son approche de la côte de Mayfa'a Hager. Ces personnes avaient traversé le golfe d'Aden depuis le village de Marera, situé près de Bossasso sur la côte nord de la Somalie. Certaines ont été secourues par des pêcheurs, alors qu'un autre groupe avait réussi à monter sur un plus petit bateau et à atteindre la côte, malgré une forte tempête et une mer agitée. A leur arrivée, ces personnes ont alerté le partenaire local de l'UNHCR, la Society for Humanitarian Solidarity (SHS).

Les gardes-côtes yéménites ont été immédiatement informés et, conjointement avec le SHS, une équipe de terrain a été envoyée dans trois bateaux pour porter secours aux passagers en détresse. Une première tentative de sauvetage en mer, survenue samedi soir tard, s'est révélée inefficace à cause des conditions météorologiques difficiles. Une seconde tentative, menée dimanche matin à l'aube, a permis le sauvetage de davantage de personnes. Des survivants ont alors indiqué que six passagers étaient toujours portés disparus.

Toutes les personnes secourues en mer ont été transférées au centre de réception de Mayfa'a, où elles ont reçu une aide de l'UNHCR et de ses partenaires, qui leur ont fourni de la nourriture, des couvertures, un abri et des soins médicaux.

L'incident de ce week-end marque la fin de la brève période de répit estival, lorsque le mauvais temps empêche habituellement les trafiquants d'êtres humains d'opérer dans le golfe. Durant la seule semaine dernière, plus de 458 personnes, principalement des Ethiopiens et des Somaliens, sont arrivées à bord de neuf bateaux sur les côtes du Yémen.

« On observe déjà une forte augmentation depuis 2007 et les nombres ne cessent de croître », a dit Myra Sabongi, chargée de protection de l'UNHCR à Aden. « Nous ne sommes même pas à la mi-août et le nombre des arrivants est déjà bien supérieur à celui du mois d'août 2007. De la même manière, en juillet de cette année, plus de 233 personnes sont arrivées sur la côte, alors que le nombre d'arrivants était de 57 en juillet 2007. »

Depuis début 2008, à ce jour, plus de 22 532 personnes ont effectué la traversée du golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs. Plus de 165 personnes sont mortes en tentant ce voyage périlleux cette année et 220 autres sont portées disparues.

L'UNHCR et d'autres agences internationales ont appelé conjointement à une action globale pour mieux répondre à ces défis. L'année dernière, l'agence pour les réfugiés a intensifié significativement son travail au Yémen et a publié un appel de fonds s'élevant à 17 millions de dollars pour envoyer sur place du personnel supplémentaire, améliorer l'assistance, fournir des abris supplémentaires pour les réfugiés dans le camp de réfugiés de Kharaz ainsi qu'assurer des programmes de formation pour les gardes-côtes et d'autres fonctionnaires. L'UNHCR a aussi renforcé sa présence le long de la côte et l'agence a ouvert un nouveau centre de réception au début de cette année.

En avril, une conférence régionale a été convoquée par l'UNHCR en coopération avec le Groupe de travail sur la migration mixte pour la Somalie pour établir un mécanisme régional et un plan d'action à long terme pour la protection des réfugiés et la migration mixte dans le golfe d'Aden. Le flux mixte de personnes traversant le golfe d'Aden comprend un nombre significatif de réfugiés.

« Le Yémen a supporté un fardeau majeur avec la gestion de mouvements migratoires irréguliers dans la région, tout en maintenant une politique de porte ouverte aux réfugiés », a dit Claire Bourgeois, la déléguée de l'UNHCR au Yémen. « Le soutien de la communauté internationale reste cependant une absolue nécessité. »

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Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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