Des réfugiés palestiniens réinstallés en Islande, depuis la frontière iraquienne

Articles d'actualité, 4 août 2008

© HCR/M.Sidky
Wedad et ses trois enfants, à l'intérieur de leur tente au camp d'Al Waleed en mai, bénéficieront d'une réinstallation en Islande.

AL WALEED, Iraq, 4 août (UNHCR) Plus de 25 réfugiés palestiniens vulnérables bloqués depuis deux ans dans un camp de fortune dans le désert à la frontière entre l'Iraq et la Syrie sont prêts à quitter le camp pour l'Islande dans les prochaines semaines.

« Le groupe comprend quelques uns des enfants et des femmes parmi les plus vulnérables dont certains cas sont urgents et pour qui la réinstallation est la seule option », a dit Daniel Endres, le délégué de l'UNHCR en Iraq.

L'Islande accueille entre 25 et 30 réfugiés chaque année pour la réinstallation et ce pays s'est récemment concentré sur la réinstallation de femmes seules et de mères célibataires avec leurs enfants.

Wedad, une veuve âgée de 30 ans, fait partie du groupe de 29 réfugiés qui vont bientôt partir pour l'Islande. Elle est arrivée au camp d'Al Waleed il y a quelques mois, après que son mari ait été tué alors qu'il essayait de sauver les victimes d'un attentat suicide dans le district de Karada en mars.

Une seconde bombe a explosé, alors qu'il aidait les survivants de la première explosion, le tuant et blessant son fils âgé de 4 ans. Wedad et ses trois enfants ont quitté Bagdad dans l'espoir de rejoindre un pays voisin, mais ils sont restés bloqués dans ce camp à la frontière.

« La vie dans le camp est dure et très difficile pour mes enfants », a dit Wedad. « En particulier pour mon fils qui souffre de graves problèmes psychologiques après avoir vu son père se faire tuer sous ses yeux. »

Environ 2 700 Palestiniens vivent dans des conditions désespérées dans deux camps de réfugiés le long de la frontière entre l'Iraq et la Syrie, ils sont dans l'impossibilité de franchir la frontière pour entrer dans un pays déjà mis à rude épreuve pour faire face à l'arrivée de centaines de milliers de réfugiés iraquiens et palestiniens.

Sur environ 34 000 Palestiniens qui vivaient en Iraq en 2003, quelque 10 000 à 15 000 d'entre eux resteraient encore dans le pays. Le camp d'Al Waleed héberge actuellement plus de 1 700 réfugiés, alors que le camp d'Al Tanf, situé dans le no man's land entre l'Iraq et la Syrie, a doublé de taille depuis octobre 2007, avec plus de 847 réfugiés qui y vivent. Un groupe de 155 Palestiniens du camp d'Al Tanf vont bientôt partir pour la Suède.

Les températures en été atteignent 50 degrés, alors qu'elles tombent en-dessous de zéro en hiver. Hamid, un Palestinien de 32 ans, vit au camp d'Al Waleed depuis plus de deux ans. Début 2007, il s'est cassé les côtes lors d'une grosse tempête quand un vent violent l'a propulsé contre une porte. N'étant pas en mesure d'obtenir des soins médicaux appropriés, il a eu recours à des analgésiques et à des sédatifs qui, loin de résoudre ses problèmes, ont engendré des attaques épileptiques et des comas.

« Quand je suis arrivé au camp en mars 2006, je pensais avoir trouvé la sécurité dans ce refuge temporaire, mais c'était il y a bien longtemps et je suis effrayé de ce que l'avenir nous réserve », a dit Hamid.

En l'absence de soins appropriés, la santé de nombreux réfugiés est devenue de plus en plus préoccupante. Les infirmiers palestiniens d'Al Waleed qui voient leurs patients tous les jours ont identifié des maladies comme le diabète, des malformations de naissance, des problèmes rénaux, des cancers et des traumatismes graves.

Le centre médical le plus proche en Iraq est situé à plus de 400 kilomètres et les patients doivent y être transportés en taxi. Des pays voisins, comme la Syrie, ont restreint les conditions d'entrée, plus particulièrement pour les Palestiniens, et il est très difficile de faire admettre des patients qui ont besoin de soins médicaux urgents.

L'UNHCR n'a cessé d'appeler à un soutien international pour les Palestiniens mais sans grands résultats. Peu de Palestiniens des camps frontaliers ont été acceptés pour une réinstallation ou se sont vus offrir l'accueil dans un pays tiers ; seulement 300 Palestiniens environ sont partis pour des pays comme le Brésil ou le Chili, qui ne sont traditionnellement pas des pays de réinstallation.

Certains cas médicaux urgents ont été accueillis par quelques pays européens, mais c'est une infime partie des 2 700 Palestiniens qui restent bloqués dans le désert. L'UNHCR poursuit ses efforts de sensibilisation pour des solutions alternatives humaines dans l'espoir que tous les Palestiniens pourront quitter les dures conditions de vie des camps. Leur relocalisation ne menacerait en rien leur droit au retour à quelque moment que ce soit, au cas où une telle possibilité verrait le jour.

« Nous espérons que davantage de pays offriront un refuge aux Palestiniens les plus vulnérables qui ont besoin d'assistance immédiate. L'UNHCR explore toutes les options possibles pour trouver des solutions temporaires et à long terme pour les réfugiés palestiniens », a ajouté Daniel Endres.

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Réfugiés palestiniens en Iraq : Pas de solution en vue pour les 15 000 Palestiniens en Iraq

Depuis la chute du régime de Saddam Hussein en Iraq en 2003, les réfugiés palestiniens vivant à Bagdad sont devenus de plus en plus fréquemment les cibles d'arrestations, d'enlèvements, de menaces et d'assassinats, les incitant à fuir la capitale par milliers.

Il reste encore environ 15 000 Palestiniens en Iraq - ils étaient plus du double en 2003. Ils vivent constamment dans la peur, et beaucoup d'entre eux n'ont pas de documents en règle. Ceux qui tentent de s'échapper et atteindre les frontières syrienne et jordanienne sont de plus en plus exposés au danger. Des centaines d'entre eux sont bloqués à la frontière entre l'Iraq et la Syrie : ils ne peuvent pas traverser la frontière, et ont trop peur de retourner en Iraq. Ceux qui réussissent à quitter l'Iraq le font souvent dans l'illégalité.

Un effort humanitaire international est requis d'urgence afin de trouver une solution temporaire pour les Palestiniens. L'UNHCR a maintes fois fait appel à la communauté internationale et aux pays limitrophes pour qu'ils accueillent les Palestiniens. L'agence pour les réfugiés a également contacté des pays susceptibles de proposer des solutions de réinstallation, mais seuls le Canada et la Syrie ont répondu favorablement. La Syrie a depuis fermé ses frontières aux autres Palestiniens désespérés.

L'UNHCR plaide également en faveur d'une meilleure protection de la communauté palestinienne à l'intérieur de l'Iraq.

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Réfugiés non-iraquiens en Jordanie : La vie dans un camp isolé du désert, sans aucune solution en vue

Suite à la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, des groupes de réfugiés vivant en Iraq depuis de nombreuses années ont tenté de fuir le désordre et l'anarchie. Des centaines de personnes ont fui vers la frontière jordanienne, des Palestiniens depuis Bagdad et des Kurdes iraniens depuis le camp d'Al Tash dans le centre de l'Iraq.

A l'exception de quelques Palestiniens ayant pu rejoindre des proches en Jordanie, les réfugiés se sont vus refuser l'entrée et la libre circulation dans ce pays. Des milliers d'entre eux se sont alors retrouvés bloqués dans le no man's land entre l'Iraq et la Jordanie, ou dans le camp de Ruweished, situé dans le désert à 60 kilomètres à l'intérieur du pays.

Depuis 2003, des Palestiniens, des Kurdes iraniens, des Iraniens, des Soudanais et des Somaliens vivent dans ce désert jordanien. Ils subissent des conditions climatiques extrêmes : la chaleur torride en été et le froid glacial en hiver. L'UNHCR et ses partenaires ont distribué des tentes et des biens de secours. L'agence pour les réfugiés a tenté de trouver des solutions - en participant à la réinstallation de plus de 1 000 personnes dans des pays tiers. Début 2007, 119 personnes - pour la plupart des Palestiniens - étaient encore présentes au camp de Ruweished, sans aucune solution immédiate en vue.

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