Le HCR reprend sa deuxième distribution alimentaire de l'année en Syrie

Articles d'actualité, 26 juin 2008

© HCR/M.Bernard
Des réfugiés iraquiens vulnérables en train d'attendre lors de l'une des précédentes distributions de nourriture à Damas.

DAMAS, Syrie, 26 juin (UNHCR) Au grand soulagement de dizaines de milliers de réfugiés iraquiens à Damas, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés et son agence sœur, le Programme alimentaire mondial (PAM), ont repris les distributions alimentaires cette semaine dans la capitale syrienne, après une interruption imprévue de deux mois.

« Je suis totalement dépendante de cette nourriture », explique Om Khaled, une réfugiée iraquienne, après avoir reçu ses rations alimentaires au centre d'enregistrement de l'UNHCR dans la banlieue de Douma. « Ces deux mois d'attente ont été une véritable torture. J'ai dû dépendre de la charité de mes voisins. Il y avait des jours où je pleurais de désespoir. J'ai promis à mon propriétaire que je lui donnerais une part de mes rations en guise de loyer », ajoute cette veuve, en charge de quatre enfants.

La distribution alimentaire a repris mardi, lorsqu'une centaine de familles ont reçu chacune un panier alimentaire contenant des denrées alimentaires de base du PAM (riz, lentilles et huile végétale) et d'autres produits complémentaires fournis par l'UNHCR (thé, sucre, sauce tomate, pâtes, farine de froment, lessive, matelas et couvertures).

Mercredi, des colis alimentaires ont été distribués à 1 000 autres familles (soit quelque 5 000 personnes) et au moins 150 000 devraient bénéficier de cette distribution au cours du prochain mois. Les volontaires de la Société du Croissant-Rouge arabe syrien ont participé à ces distributions.

Les précédentes distributions alimentaires en février et avril derniers avaient eu lieu sur le site d'Old Fairground dans le centre de Damas, mais le gouvernement a réquisitionné ce lieu à la mi-avril dans le cadre d'une politique de développement d'aires de jeu et d'espaces verts dans l'ensemble des villes et agglomérations du pays.

L'UNHCR et le Croissant-Rouge syrien ont travaillé nuit et jour pour réaliser ce centre de distribution à Douma, avec un nouvel entrepôt construit pour stocker les produits alimentaires. La distribution de nourriture et d'autres biens auront lieu de nuit car le centre est utilisé dans la journée pour l'enregistrement et la fourniture de conseils aux milliers de réfugiés qui se rendent dans le centre la journée.

« L'idée est que nous centralisions l'assistance proposée aux réfugiés vivant à Damas. Nous offrons effectivement un certain nombre de services aux réfugiés sur le terrain, pour qu'ils puissent obtenir une assistance alimentaire et financière là où ils peuvent également rencontrer le personnel des services communautaires et de la protection », explique le responsable principal de programme de l'UNHCR, Ayman Gharaibeh.

Au début de la semaine prochaine, de nouveaux services seront déplacés vers le centre d'enregistrement afin que la majorité des problèmes des réfugiés puissent être traités dans un même lieu. Cela comprend les services de protection et communautaires, et la distribution des cartes de retrait en espèces à ceux qui ont besoin d'une assistance financière. Ceux qui n'ont pas les moyens de payer les uniformes et les autres fournitures scolaires pourront venir en chercher à partir du mois d'août dans ce centre.

Le centre d'enregistrement de Douma abrite également un espace d'accueil pour les enfants de l'UNICEF et une clinique pour les femmes qui est gérée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), avec un médecin et une sage-femme.

L'augmentation des prix de la nourriture et du carburant, l'augmentation saisonnière des prix des loyers et la diminution de leurs économies font que de plus en plus de réfugiés iraquiens, tels que Mohamed, deviennent totalement dépendants de l'assistance de l'UNHCR et des autres organisations humanitaires. Mohamed fut jadis un négociant en or très prospère en Iraq. L'assistance alimentaire est désormais son unique soutien. « Nous ne pouvons ni travailler, ni voyager, ni même rêver. Au moins permettez-moi de rester en vie et, je vous en prie, ne différez plus jamais cette distribution », disait il mercredi en faisant la queue pour ses rations alimentaires.

Mais l'UNHCR doit faire face à un défi majeur pour répondre à ces besoins de plus en plus importants. L'agence n'a reçu que la moitié des fonds nécessaires pour ses opérations en Syrie cette année. Sans fonds supplémentaires, le travail aussi difficile que coûteux pour aider la population iraquienne risque fort de demeurer limité.

Parmi les milliers de personnes qui faisaient la queue pour leurs rations alimentaires le premier jour, beaucoup demandaient une assistance financière. La situation financière actuelle fait qu'il est impossible pour l'UNHCR de développer encore son programme d'assistance financière, ce qui aggrave encore le dénuement des plus vulnérables, notamment les veuves, les mères seules, les malades et les survivants de tortures et de traumatismes.

Par Sybella Wilkes à Damas, Syrie

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Un visage parmi un million d'autres : les difficultés des réfugiés syriens au Liban

Ils sont partout au Liban - un million de réfugiés syriens, dans un pays de 4,8 millions d'habitants. Il n'y a pas de camps de réfugiés au Liban. La plupart des réfugiés louent des appartements, tandis que les autres vivent dans des abris de fortune, des garages, des usines et des prisons. Trois ans après le début de la crise en Syrie, le Liban est devenu le pays au monde hébergeant la plus forte densité de réfugiés par habitant. Le Liban tente de faire face. Le montant des loyers a grimpé en flèche, les logements se font rares ; le prix des denrées augmente. Pendant ce temps, une génération pourrait être sacrifiée. La moitié des réfugiés syriens sont des enfants ; la plupart ne vont pas à l'école. Beaucoup travaillent pour aider leurs familles à survivre. Certains se marient jeunes, d'autres mendient pour gagner un peu d'argent. Pourtant, ils ont tous les mêmes rêves d'éducation.

Dans la ville de Tripoli, au nord du Liban, beaucoup de Syriens vivent dans le district d'Al Tanak, surnommé « Tin City » (« ville de tôle »). Longtemps habité par les populations pauvres de la ville, ce quartier est désormais une banlieue surréaliste - des tas d'ordures d'un côté, une grande roue de l'autre. Les habitants cohabitent avec les rats. « Ils sont gros comme des chats », déclare l'un d'eux. « Ils n'ont pas peur de nous, c'est nous qui avons peur d'eux ».

La photo-journaliste plusieurs fois primée, Lynsey Addario, a visité la « ville de tôle » et d'autres régions du Liban avec le HCR pour montrer les visages et faire connaître les souffrances des Syriens dans le monde. A travers ses publications dans le New York Times et National Geographic, Lynsey Addario a mis en lumière les victimes des conflits et les violations des droits dans le monde, en particulier les femmes.

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Quand Achraf avait environ 18 mois, sa tante, son oncle et son cousin ont été assassinés - la gorge tranchée - alors que le garçon dormait à côté dans la maison de sa famille. Terrifiée et craignant d'être les prochains, la famille d'Achraf s'est entassée dans leur voiture, emportant quelques effets précieux, et est partie vers la frontière.

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Forcé de grandir trop vite au Liban : Mahmoud

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Au Liban, le père de Mahmoud ne trouve pas de travail et la famille peut désormais à peine payer le loyer.

Il y a un mois, Mahmoud a commencé à travailler à la commission, il s'occupe de vider des poissons dans une petite boutique non loin de chez lui. Il gagne environ 60 dollars par mois. Avec cet argent, il aide à payer le loyer de la pièce unique souterraine de sa famille, qu'il partage avec ses parents et ses huit frères et soeurs. Mahmoud est fier d'aider sa famille. Toutefois, le magasin de poissons étant situé dans la même structure souterraine que sa maison, il voit à peine le soleil.

Des enfants comme Mahmoud, dont certains âgés de sept ans seulement, travaillent de longues heures pour un maigre salaire, parfois dans des conditions dangereuses. Ces enfants mettent en péril leur avenir en manquant l'école et en perdant les années d'insouciance de l'enfance. Beaucoup sont également traumatisés par ce qu'ils ont vu en Syrie.

Le HCR et ses partenaires, conjointement avec les autorités locales, fournissent des allocations d'aide financière pour aider des familles vulnérables de réfugiés syriens à couvrir des dépenses courantes, comme le loyer et les soins médicaux. Cette aide leur permet de moins retirer les enfants de l'école pour les faire travailler. Les agences des Nations Unies et leurs partenaires ont également mis en place des systèmes de gestion et d'orientation en Jordanie et au Liban pour identifier les enfants à risque et les orienter vers des services appropriés.

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