Réunification d'une famille de réfugiés somaliens au Royaume-Uni

Articles d'actualité, 11 juin 2008

© HCR/T.ter Horst
Rahma prépare sa valise avec l'aide d'une employée de l'UNHCR, avant son départ en avion pour Londres.

KUALA LUMPUR, Malaisie, 11 juin (UNHCR) Depuis près de 20 ans, le conflit a séparé une mère somalienne de ses enfants. Depuis peu, grâce à l'aide des employés de l'UNHCR en Malaisie et du programme de réinstallation de l'agence pour les réfugiés, Rahma a retrouvé sa famille au Royaume-Uni.

Agée de 68 ans, elle a quitté Kuala Lumpur pour Londres au début du mois, quasiment un an après qu'un missile ait violemment frappé sa maison dans la ville somalienne d'Afgooye, non loin de la capitale Mogadiscio, et l'ait persuadée qu'il était temps de partir. Elle avait envoyé ses deux fils vers la sécurité en 1989, sachant qu'elle ne les reverrait peut-être jamais.

« Ils ont disparu pendant plus d'un an sans donner de nouvelles et j'ai prié chaque nuit pour leur sécurité. Je pensais que je ne les reverrais plus jamais. Et puis, un jour, j'ai reçu un appel de Barre et il m'a dit qu'il allait bien », a expliqué Rahma aux employés de l'UNHCR, avant de quitter la Malaisie.

Barre, le fils aîné de Rahma, a réussi à rejoindre le Royaume-Uni et a trouvé un emploi en tant que chauffeur de bus à Londres. Son second fils, Mohamed, vit en Nouvelle-Zélande. Ils ont gardé le contact durant toutes ces années via quelques conversations téléphoniques, en espérant qu'ils pourraient se revoir un jour.

Ce jour est arrivé et, de plus loin encore, puisque Rahma a fui la Somalie l'année dernière, profondément traumatisée par la destruction de sa maison et de son voisinage proche ayant entraîné des pertes en vie humaine.

Quitter la Somalie avec des amis rejoignant les Etats-Unis voulait dire qu'elle aurait désormais l'opportunité de retrouver sa famille.

Les amis l'ont emmenée en Malaisie où elle a vécu chez des étudiants somaliens mais, quand elle est arrivée sur place, elle a réalisé qu'elle ne savait pas comment rentrer en contact avec ses enfants.

« Mon fils ignorait que j'avais quitté la Somalie et que je me trouvais en Malaisie. Je ne savais pas comment je pourrais le contacter car j'avais perdu son numéro à Londres. J'étais certaine que je ne le reverrais plus jamais », s'est rappelée Rahma, en larmes.

Rahma a demandé l'asile en Malaisie puis elle a contacté l'agence des Nations Unies pour les réfugiés à Kuala Lumpur pour demander de l'aide afin de retrouver ses garçons ; Presque immédiatement, les employés ont commencé à rechercher Barre, qui avait lui aussi entamé une recherche désespérée de sa mère après avoir entendu dire qu'elle avait quitté la Somalie.

« Un e-mail de Barre est arrivé à notre bureau, demandant si sa mère nous avait contactés », a expliqué Yukiko Iriyama, chef de la section de la réinstallation à Kuala Lumpur. « Nous étions heureux de lui annoncer que sa mère avait pris contact avec nous quelques mois auparavant, et que nous avions aussi essayé de le retrouver. »

Rahma a pu bénéficier du programme de réinstallation de l'UNHCR et, en quelques semaines, elle a reçu l'autorisation de rejoindre son fils à Londres. « Nous sommes reconnaissants aux autorités du Royaume-Uni d'avoir facilité le départ de Rahma avec tant d'efficacité », a dit Yukiko Iriyama. « Nous voyons de nombreuses tragédies dans notre travail, alors cela fait du bien de participer à un dénouement heureux avec Rahma et sa famille. »

Les employés de l'UNHCR à Kuala Lumpur ont dit que l'impatience de Rahma grandissait de jour en jour à mesure que son départ approchait. « Quand nous l'avions rencontrée il y a quelques semaines, elle se plaignait continuellement de douleurs aux articulations et elle semblait plutôt découragée. Maintenant sa démarche est plus légère », a dit Anne Loh, employée à la réinstallation.

La perspective d'une nouvelle vie dans un pays étranger ne l'intimidait pas. « Je suis impatiente de partir pour Londres, mon fils fera tout pour moi. Je sais que ma vie va changer. L'année dernière, je vivais dans la crainte. Je ne pouvais pas dormir la nuit à cause du bruit des armes. Maintenant j'ai le moral, je suis heureuse », a dit Rahma, ajoutant : « J'ai beaucoup de chance. Mon histoire est différente de celle des autres réfugiés qui n'ont pas la chance de retrouver leur famille. »

Par Yante Ismail, à Kuala Lumpur, Malaysie

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Manuel de réinstallation du HCR

Un document de référence dans l'élaboration des critères régissant la réinstallation et des différentes approches en matière de politique de réinstallation.

Réinstallation

Cette alternative, offerte à ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux, est rendue possible par le HCR et les gouvernements.

Le rythme d'arrivée des réfugiés somaliens au Kenya est alarmant

Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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Inondations dans les camps de réfugiés au Kenya

Des inondations dans le nord-est du Kenya à la mi-novembre ont causé des dégâts dans les trois camps de réfugiés du complexe de Dadaab. Plus de 100 000 réfugiés sur les 160 000 qui y sont accueillis ont été affectés par ces inondations, en particulier au camp d'Ifo. Les réfugiés ont perdu leurs abris et les latrines ont été inondées et détruites. La route d'accès principale reliant Dadaab au reste du Kenya a été coupée par les inondations dues aux fortes pluies, empêchant tout approvisionnement d'aide par voie terrestre.

L'UNHCR a commencé à transférer les réfugiés - souvent avec des charrettes, tirées par des ânes - vers un lieu plus en sécurité, le camp de Hagadera, situé à 20 kilomètres et à une altitude plus élevée. La mise en place d'un pont aérien a permis d'apporter du carburant pour les générateurs, des kits médicaux d'urgence, des bâches en plastique et des pelles pour remplir des sacs de sable afin de consolider les digues anti-inondations. Des biens de premier secours ainsi que de la nourriture ont été distribués aux réfugiés démunis.

L'ampleur de ces inondations rappelle celle des inondations massives ayant suivi les pluies record d'El Nino en 1997, qui avaient submergé toutes les basses terres de l'est du Kenya.

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Un groupe de familles rentre à Zanzibar en Tanzanie après avoir vécu en exil pendant plus de 10 ans à Mogadiscio en Somalie.