Questions/Réponses : Une star des Chicago Bulls aide les réfugiés

Articles d'actualité, 23 mai 2008

© HCR/B.Smith
Luol Deng, Chicago Bulls.

NEW YORK, Etats Unis, 23 mai (UNHCR) Luol Deng, joueur de basket dans l'équipe des Chicago Bulls, est récemment devenu un célèbre supporter de la campagne ninemillion.org, qui réunit des fonds pour assurer l'éducation et des activités sportives à des millions de jeunes réfugiés dans le monde. Cette star élancée a appris l'existence de cette campagne par hasard et a immédiatement recherché l'UNHCR pour participer à son soutien. C'est une cause qui le touche personnellement. Agé maintenant de 23 ans, il a fui son pays natal, le Sud-Soudan, alors qu'il était enfant et il est devenu réfugié en Angleterre. Il est parti aux Etats-Unis pour étudier quand il était adolescent et il a rejoint les Chicago Bulls en 2004, en tant qu'avant. Luol Deng, qui joue aussi en Angleterre, a fait la une des journaux en début de saison quand il a annoncé sa promesse de donner 50 dollars à la campagne ninemillion.org à chaque panier qu'il marquerait. Il s'est récemment entretenu avec le chargé de collecte de fonds pour le secteur public de l'UNHCR Greg Millar.

D'où vient votre désir d'aider les autres ?

J'ai grandi dans une famille qui a toujours donné en retour. Mon père l'a toujours fait et ma mère aussi. C'est quelque chose que je fais aussi.

Racontez-nous un peu l'histoire de votre famille et la vôtre.

Je suis un Dinka du Sud-Soudan. J'ai huit frères et sœurs et je suis né au Soudan. Quand j'avais cinq ans, ma famille a fui à cause de la guerre civile. Quand j'ai eu neuf ans, ma famille a vu sa demande d'asile accordée en Angleterre et nous nous y sommes installés en tant que réfugiés. Ma famille vit toujours en Angleterre, mais je suis venu ici pour aller au collège quand j'avais 14 ans et pour jouer au basket. A 18 ans, je suis allé à l'Université de Duke [en Caroline du Nord] pendant un an et les Chicago Bulls m'ont recruté.

Ces expériences vous ont-elles rapproché de votre famille ?

Je crois que la chose la plus importante pour moi a toujours été ma famille. Quand je dis aux gens que j'étais un réfugié, ils pourraient croire que j'ai vécu de terribles choses. Mais je n'y pense jamais de cette façon, parce que ma famille est très forte.... Etre sur le même bateau avec les membres de ma famille, cela facilite les choses.

En tant qu'ancien réfugié, trouvez-vous que le travail de l'UNHCR est important ?

L'UNHCR a été incroyable. Donner aux réfugiés dans le monde une opportunité d'avoir une vie meilleure et de recevoir une éducation meilleure. Juste d'avoir une chance dans la vie. Ce n'est jamais facile de quitter votre pays natal, vous devez vous adapter à une culture différente mais, avec l'aide de l'UNHCR, la vie est beaucoup plus facile.

Comment voyez-vous le rapatriement des réfugiés vers le Sud-Soudan ?

C'est incroyable.... Nous pouvons aider encore plus. C'est juste incroyable que les gens aient l'opportunité de rentrer dans leur pays natal, c'est difficile de ne pas vivre dans son pays.

Comment vous êtes-vous impliqué dans la campagne ninemillion.org de l'UNHCR ?

J'étais en Angleterre et je suis allé à un match d'Arsenal [une équipe de football]. Une publicité était diffusée dans le stade, et elle parlait de ninemillion. Mon numéro de maillot est le neuf, alors j'aime bien quand je vois ce chiffre. J'étais assis à côté de mon manager et nous avons vu défiler de nombreuses fois cette publicité ninemillion, alors je lui ai demandé. « Qu'est-ce que c'est, ninemillion ? » Il ne savait pas alors nous avons demandé à d'autres gens. Ils ont commencé à nous expliquer.

Nous voulions vraiment nous engager et faire tout notre possible ... pour les aider [les enfants réfugiés dans le monde] avec l'éducation, les sports et une vie meilleure en général. C'est ce que j'ai toujours voulu faire. C'était logique et c'est comme ça que j'ai commencé.

Racontez-nous l'influence du sport sur votre vie.

Quand je suis parti en Egypte depuis le Soudan, j'étais très jeune et je ne faisais pas de sport. Quand j'ai rejoint l'Angleterre depuis le Soudan, je ne parlais pas un mot d'anglais. De nombreux réfugiés faisaient apprendre l'anglais à leurs enfants avant de les envoyer à l'école, mais mes parents étaient contre le fait que je reste à la maison tous les jours dans un nouveau pays. Alors je suis allé à l'école sans comprendre l'anglais.

C'était difficile pour moi de communiquer avec les gens ils avaient une culture différente, une langue différente c'était difficile de se faire des amis. Mais une chose que j'avais notée était que dès que je jouais au football, les gens voulaient m'intégrer dans leur équipe. Alors j'ai remarqué que j'étais plus proche des gens quand je jouais. Ce n'était pas grave que je ne parle pas, ils voulaient gagner et donc ils voulaient que je rejoigne leur équipe. Alors quand nous avons gagné, nous avons tous fait la fête. Voilà ce que le sport m'a apporté ; il m'a aidé à me faire des amis.

Votre histoire montre à quel point le sport est important pour les jeunes.

Oui, vraiment. Les sports peuvent aussi vous libérer l'esprit ... quand vous faites un sport, vous réfléchissez à la façon dont vous pouvez réussir. Quand vous marquez un but ou un panier au basket, vous vous libérez des autres contraintes et c'est vraiment ce qui est bon pour vous.

A quoi vous font penser les images d'enfants réfugiés ?

Quand je vois ce que font l'UNHCR et ninemillion, je suis content que ces enfants reçoivent toute cette aide. Une chose que je voudrais dire à ces enfants est de profiter de la vie, de profiter de ce qu'ils ont, d'être vraiment enthousiastes et de toujours croire en eux.

Ce que vous et l'UNHCR faites pour faciliter la réintégration compte beaucoup.

Oui, vraiment. Il se passe beaucoup de choses au Sud-Soudan en ce moment. Si les gens nous rejoignent pour nous aider dans ce que nous faisons, alors cela pourrait vraiment aider à changer la vie de nombreuses personnes, de tant de familles au Sud-Soudan. J'ai eu vraiment de la chance de fuir mon pays et je suis vraiment content d'être là où je suis maintenant juste de raconter cela aux gens, de faire ce que je fais et de demander aux gens de se joindre à moi.

En aidant ces gens, vous ne savez jamais ce qu'il peut arriver. Plus tard, un autre enfant sera à ma place pour faire la même chose, depuis je ne sais quel pays. C'est juste incroyable, vous ne savez jamais vraiment ce que vous pouvez faire, vous ne savez jamais vraiment à quel point vous pouvez changer la vie de quelqu'un. Faire quelque chose [pour aider], je vous le garantis, c'est ce qu'il y a de mieux.

Le grand public peut-il vous aider dans ce que vous faites ?

Absolument, comme ninemillion, il y a tant de façons d'aider. Je crois qu'un grand nombre de gens croient parfois que vous devez être riche pour aider.... Je crois que la meilleure manière d'aider, c'est d'apprendre à connaître la nature du problème. Cela veut dire que vous prenez vraiment votre temps pour appréhender un problème, parfois vous apprendrez quelque chose que vous ne saviez pas. Je crois que vous apprendrez même qu'un dollar peut nourrir une famille dans certains pays pendant une semaine.

Pensez-vous qu'aux Etats-Unis, les gens y compris les joueurs de basket comprennent vraiment ce que c'est d'être un enfant réfugié ?

Je crois, généralement, que les gens savent qu'un réfugié est quelqu'un qui a fui sa maison et qui ne vit plus dans son pays natal. Je ne sais pas si tout le monde pense cela. Comme je suis passé par là, la première chose au sujet d'un réfugié qui vient à l'esprit, c'est que vous ne pouvez pas rentrer dans votre pays natal.

Vous prévoyez de vous rendre prochainement au Sud-Soudan. Comment ressentez-vous ce voyage ?

Je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre. J'ai quitté ce pays alors que j'étais un petit enfant, tout ce dont je me rappelle, c'est ce que l'on m'a raconté, mais je suis vraiment impatient. Juste de faire un tour dans mon pays natal, j'attends ce voyage avec impatience.... J'ai vécu en Angleterre, j'ai grandi en Angleterre. Je vis ici maintenant et je joue au basket, mais quand vous me regardez vous pouvez vraiment dire que je suis originaire du Sud-Soudan, et que c'est mon pays.

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Ils ont connu des atrocités que nous ne pouvons imaginer, survécuà des traumatismes que la plupart des autres enfants n'auront jamais à connaître. Désorientés, déchirés entre leur fardeau d'adulte et leur innocence perdue, les jeunes réfugiés continuent partout dans le monde d'affronter l'avenir avec espoir et courage.

En 2003, l'UNHCR dédiait la Journée mondiale du réfugié aux jeunes réfugiés, pour attirer l'attention sur leur sort et rendre hommage à leur force et à leur potentiel, pour leur donner envie de s'aider et d'aider leurs communautés.

Dans cette série vous verrez des jeunes courageux, prêts à surmonter tous les revers. De la gaieté, de la tristesse, du sport, des projets et de l'amour et toujours une soif d'apprendre et une volonté farouche de s'en sortir, par l'éducation et la persévérance. En Bosnie comme en Érythrée, en Colombie comme à Kaboul, ces visages parfois désespérés, parfois pleins d'enthousiasme nous font vivre le quotidien des jeunes réfugiés à travers le monde.

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