La conférence du golfe d'Aden demande une aide accrue pour les réfugiés dans les pays hôtes

Articles d'actualité, 20 mai 2008

© HCR/A.Fazzina
Une fillette devant un abri de fortune sur la côte nord de la Somalie. Avec sa famille, elle tentera la traversée périlleuse du golfe d'Aden.

SANA'A, Yémen, 20 mai (UNHCR) Une conférence régionale sur la protection des réfugiés et la migration dans le golfe d'Aden s'est terminée dans la capitale yéménite, mardi. Les délégués soulignent le besoin d'une aide accrue pour assister les réfugiés dans les pays hôtes.

« Depuis 16 ans, je sens que le monde nous a oubliés, alors j'en appelle à vous tous et spécialement nos frères arabes pour nous aider, nous soutenir et nous rendre visite au Yémen », a expliqué, émue, une femme réfugiée somalienne, qui vit au Yémen depuis 10 ans. « Le Yémen, un pays pauvre, a supporté la majeure partie de la charge en nous accueillant, alors s'il vous plaît aidez-nous. »

Les représentants de l'UNHCR, y compris le Haut Commissaire pour les réfugiés António Guterres lors de l'ouverture lundi, ont aussi appelé à une aide accrue de la part de la communauté internationale pour assister à soulager la charge pesant sur le Yémen, un pays hôte.

« La situation humanitaire des réfugiés et des migrants qui ont traversé le golfe d'Aden se détériore suite à des problèmes sécuritaires dans des pays de la région, notamment la piraterie, la contrebande et la traite d'êtres humains », a indiqué Radhouane Nouicer, directeur du bureau de l'UNHCR pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. « Le Yémen, qui se situe au cœur de cette crise, supporte cette lourde charge, à la fois économique et sociale, presque sans aucune aide internationale. »

Cette conférence de deux jours, qui a rassemblé des représentants gouvernementaux de haut rang ainsi que des membres de la société civile et des organisations internationales, a été convoquée pour établir un mécanisme régional et un plan d'action pour la protection des réfugiés et sur la migration mixte dans la région du golfe d'Aden. Elle est co-organisée par l'UNHCR et le Groupe de travail sur la migration mixte pour la Somalie.

Un comité de conférence a travaillé sur les recommandations finales, qui incluraient, selon les documents vus par l'UNHCR, un renforcement des contrôles aux frontières en procédant à l'identification et à la protection des réfugiés ; des efforts pour améliorer les conditions qui font augmenter les mouvements irréguliers des personnes ; une réduction des abus des droits de l'homme contre les personnes qui effectuent la traversée périlleuse par la mer depuis la Corne de l'Afrique vers la côte yéménite.

Cette réunion, financée par la Commission européenne, avait aussi pour but d'appeler à améliorer le niveau de coopération et de coordination entre les pays d'origine des réfugiés et des migrants ainsi que leurs pays de destination ; et à l'établissement d'une méthode effective de partage de l'information sur les mouvements de population dans la région.

« Aujourd'hui, nous avons fait des progrès vers l'identification des problèmes de protection des réfugiés et de migration mixte. Nous promettons que l'UNHCR va suivre de près, avec application et enthousiasme, nos recommandations et continuera à intervenir pour réduire la souffrance des victimes et de leurs pays hôtes », a indiqué Radhouane Nouicer, de l'UNHCR.

Durant la conférence, qui a rassemblé des représentants de Djibouti, de l'Ethiopie, de la Somalie, du Yémen, des pays de la Coopération du Golfe, de l'Union africaine et de la Commission européenne ainsi que des participants de la société civile et des organisations internationales, les participants ont discuté des défis auxquels sont confrontés les pays de départ, de transit et d'arrivée dans leur offre de développer des réponses appropriées.

Un délégué de la Coopération du Golfe a reconnu la difficulté de répondre à ces problèmes via une perspective régionale, mais a dit que la conférence était une première étape vers la pleine implication des pays du Conseil de la Coopération du Golfe dans cette discussion.

Le flux mixte des personnes qui traversent le golfe d'Aden inclut un nombre significatif de réfugiés. Le Yémen, malgré ses maigres ressources, a toujours pratiqué une politique de portes ouvertes envers les réfugiés. Mais il a appelé à davantage de soutien de la part de la communauté internationale.

Cette année, plus de 18 000 personnes ont déjà traversé le golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs, doublant ainsi le nombre observé l'année dernière à la même époque. Plus de 400 personnes sont mortes en tentant ce voyage cette année.

Par Abeer Etefa à Sana'a, Yémen

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Les trois camps de Dadaab, dont la capacité d'accueil était initialement prévue pour 90 000 personnes, comptent désormais une population d'environ 250 000 civils somaliens, ce qui fait de ce complexe accueillant des réfugiés l'un des plus grands et des plus surpeuplés au monde. Le HCR craint l'arrivée de dizaines de milliers d'autres réfugiés en 2009 dans cette région isolée située au nord-est du Kenya, alors que la situation continue à se détériorer dans leur pays en proie à des troubles.

Les ressources, comme l'eau et la nourriture, se réduisent dangereusement dans les camps surpeuplés, avec parfois 400 familles se partageant l'usage d'un robinet d'eau. Il n'y a plus de place pour monter de nouvelles tentes, et les nouveaux arrivants doivent partager des abris déjà surpeuplés avec d'autres réfugiés.

Début 2009, le Gouvernement kényan a donné son accord pour allouer des terres supplémentaires à Dadaab, ce qui permettra d'héberger quelque 50 000 réfugiés. Les photos ci-après montrent les conditions de vie dans le camp de Dadaab en décembre 2008.

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Traite d'êtres humains dans le Golfe d'Aden

Fin mars, au cours d'une période de six jours, plus de 1 100 Somaliens et Éthiopiens sont arrivés sur le territoire yéménite, après avoir traversé le Golfe d'Aden à bord de bateaux de passeurs depuis Bossasso, en Somalie. Au moins 28 personnes sont mortes lors de ces voyages - d'asphyxie, des coups reçus ou de noyade - et plusieurs ont été gravement blessées par les trafiquants. D'autres souffrent de problèmes dermatologiques en raison d'un contact prolongé avec de l'eau de mer, des excréments, de l'essence ou d'autres produits chimiques.

Au cours d'une récente visite au Yémen, la Haut Commissaire assistante pour la protection, Erika Feller, s'est engagée à mieux faire connaître cette situation, à lancer un appel pour des fonds supplémentaires et pour une action internationale afin de venir en aide au Yémen, et à développer des projets qui amélioreront les conditions de vie et l'autosuffisance des réfugiés au Yémen.

Depuis janvier 2006, le Yémen a reçu près de 30 000 personnes originaires de Somalie, d'Éthiopie et d'autres pays, alors que plus de 500 personnes sont mortes pendant leur traversée. Au moins 300 sont également portées disparues. L'UNHCR aide déjà le Yémen en fournissant de l'assistance, des soins et un logement à plus de 100 000 réfugiés qui se trouvent dans le pays.

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Kenya : largages aériens pour les camps de réfugiés affectés par les inondations

Ce week-end, l'UNHCR a commencé, avec l'aide de l'armée américaine, le largage aérien d'urgence d'environ 200 tonnes de biens de secours destinés aux milliers de réfugiés affectés par de graves inondations dans les camps de réfugiés de Dadaab au nord du Kenya.

Ces largages aériens offrent un spectacle impressionnant. Un avion cargo C-130 a largué, à chaque rotation, 16 tonnes de bâches en plastique, de moustiquaires, de tentes et de couvertures, au-dessus d'un site préalablement évacué de toute présence humaine et animale. Des réfugiés ont ensuite chargé le matériel dans des camions pour l'acheminer vers les camps.

Dadaab, un complexe de trois camps accueillant quelque 160 000 réfugiés, principalement originaires de Somalie, a été coupé du monde par un mois de fortes pluies qui ont emporté la seule route permettant de relier les camps isolés depuis la capitale kenyane, Nairobi. Le transport aérien s'est avéré la seule solution pour faire parvenir les secours vers les camps.

L'UNHCR a transféré 7 000 réfugiés parmi les plus touchés depuis Ifo vers le camp d'Hagadera, à quelque 20 kilomètres plus loin. 7 000 autres réfugiés ont été transférés vers un nouveau site, appelé Ifo 2, situé plus en altitude.

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